Accéder au contenu principal

De la Méditerranée à l'Extrême-Orient, la parade militaire intercontinentale de Moscou

Parade militaire à Saint Petersbourg, le 9 mai 2018.
Parade militaire à Saint Petersbourg, le 9 mai 2018. Olga Maltseva, AFP

La Russie a engagé mardi une impressionnante démonstration de force militaire avec près de 300 000 hommes déployés, en Sibérie orientale et dans l'Extrême-Orient russe. L'Otan redoute une répétition d'un "conflit de grande ampleur".

PUBLICITÉ

Moscou montre les muscles. La Russie a lancé mardi 11 septembre les plus vastes manœuvres militaires de son histoire, dénoncées par l'Otan comme la répétition d'un "conflit de grande ampleur" : près de 300 000 hommes, toutes les composantes de l'armée impliquées et des soldats chinois en soutien ont été déployés.

Cette démonstration massive à laquelle participent les armées chinoise et mongole, baptisé "Vostok-2018" (Est-2018), continuera jusqu'au 17 septembre en Sibérie orientale et dans l'Extrême-Orient russe.

L'analyse de notre correspondante Natacha Vesnitch

En marge du Forum économique de Vladivostok (Extrême-Orient), Vladimir Poutine devrait assister à Vostok-2018 qui intervient dans un contexte de tensions persistantes avec les Occidentaux, entre crise ukrainienne, conflit en Syrie et innombrables accusations d'ingérence dans la politique occidentale.

Comme un air de Zapad-81

Aux yeux de l'armée russe, cette démonstration de force est similaire à "Zapad-81" (Ouest-81) qui, il y a près de 40 ans, avait mobilisé entre 100 000 et 150 000 soldats du pacte de Varsovie en Europe orientale, les plus grandes manœuvres jamais organisées à l'ère soviétique.

"Il y aura comme un air de Zapad-81, mais en plus imposant d'une certaine manière", se félicitait d'ailleurs fin août le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, détaillant le contingent attendu: 300 000 soldats, 36 000 véhicules, 1 000 avions et 80 navires.

"Imaginez 36 000 engins militaires se déplaçant en même temps : des chars, des blindés de transport de troupes, des véhicules de combat d'infanterie. Et tout cela, bien sûr, dans des conditions aussi proches d'une situation de combat que possible", s'était-il enthousiasmé.

Inquiétudes de l’Otan

Tout le répertoire moderne de l'armée russe sera de la partie : des missiles Iskander, capables de transporter des ogives nucléaires, des tanks T-80 et T-90 ou les récents avions de combats Su-34 et Su-35. En mer, la flotte russe déploiera plusieurs frégates équipées de missiles Kalibr, qui ont fait leurs preuves en Syrie.

Si les précédents exercices militaires russes dans la région, Vostok-2014, avaient déjà rassemblé 155 000 soldats, les manœuvres Zapad-2017 (Ouest-2017) organisées l'an passé aux portes de l'Union européenne n'avaient en comparaison impliqué que 12 700 hommes selon Moscou, l'Ukraine et les pays baltes évoquant un contingent bien plus important.

Sans surprise, l'Otan a dénoncé ces manœuvres. "Cela s'inscrit dans une tendance que nous voyons depuis un moment : une Russie plus sûre d'elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire", a indiqué un porte-parole de l'Alliance, Dylan White.

Renforcement militaire

Depuis 2014 et la grave dégradation des relations entre Moscou et l'Occident, la Russie a multiplié les exercices militaires d'ampleur, du Caucase à la Baltique et jusqu'en Arctique, tout en dénonçant l'expansion à ses frontières de l'Otan, menace fondamentale pour sa sécurité selon la nouvelle doctrine militaire russe adoptée la même année.

Les manœuvres russes en Extrême Orient ont été précédées par des exercices en Méditerranée auxquels ont pris part plus de 25 navires et une trentaine d'avions, dans un contexte de renforcement de la présence russe au large de la Syrie où elle intervient militairement depuis 2015.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.