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Asie - pacifique

En Iran, l'absurdité de la censure moquée sur les réseaux sociaux

© Atta Kenare, AFP (Archive) | Un cinéma iranien à Téhéran, le 1er mai 2018.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 11/09/2018

Concombre, lobes d’oreilles et sourires à pleines dents, interdits à l'écran… Des artistes iraniens témoignent sur les réseaux sociaux des cas les plus absurdes de censure auxquels ils font face au quotidien.

Iran : ces cas de censure absurdes

L’absurdité de la censure en Iran a été raillée sur les réseaux sociaux après la diffusion de plusieurs tweets d’artistes iraniens ces dernières semaines. L’actrice Mitra Hajjar explique dans une vidéo, démonstration à l’appui, comment elle doit scotcher son voile à ses oreilles pour ne pas laisser dépasser ses lobes durant les tournages.

Une autre comédienne, Bahareh Rahnama, raconte qu’on lui a demandé de ne pas dévoiler ses dents lorsqu’elle sourit à l’écran pour éviter la censure de son émission de télévision. En effet, l’un des épisodes de ce programme, dans lequel elle apparaît en présence de son mari, a été retiré de la diffusion à cause de ses "rires dévastateurs", explique-t-elle.

Tous ces témoignages, rassemblés sous le hashtag persan# من_و_سانسورچی (#lacensureetmoi), décrivent les contraintes quotidiennes avec lesquelles les artistes iraniens doivent composer pour avoir le droit de diffuser leurs œuvres avec l’accord du ministère de la Culture et de la Guidance islamique.

Amir Mahdi Zhoole, un comique iranien qui joue dans une série satirique diffusée sur la télévision publique iranienne, est le premier à avoir ressenti le besoin de raconter ses anecdotes sur Instagram. Il est à l’origine du fameux hashtag. Dans ses messages, il explique comment plusieurs scènes de la série 'Barareh Nights' ont dû être coupées parce qu’on y voyait une actrice croquer un concombre ou qu'un cou féminin apparaissait à l'écran.

La censure iranienne ne se limite pas aux seuls Iraniens. Le footballeur espagnol, Carles Puyol, ex-star du FC Barcelone en a aussi fait les frais en juin. Invité à Téhéran pour commenter le match du Mondial Iran-Espagne sur la chaîne publique IRTV 3, il s’est finalement vu refuser l’entrée des studios parce que ses cheveux longs ont été jugés trop négligés.

Une pièce dansée de Shakespeare dans le collimateur

Autre exemple récent de censure iranienne absurde : deux figures de la scène théâtrale de Téhéran ont été brièvement arrêtées dimanche 9 septembre, sept jours après le lancement de la pièce "Songe d'une nuit d'été", de Shakespeare, dans une version dansée.

Aux origines de cette arrestation, la bande-annonce de l'œuvre, largement partagée sur les réseaux, montrant des hommes et des femmes dansant ensemble, ce qui est interdit par la République islamique d'Iran.

C’est "le type de musique jouée" dans la bande-annonce, ainsi que les "mouvements" qui ont posé problème, a expliqué Shahram Karami, chef du département des arts du spectacle au ministère de la Culture et de la Guidance islamique, qui délivre les autorisations aux artistes.

Interpelés dimanche sur ordre de l'Autorité judiciaire, la metteur en scène de la comédie Maryam Kazemi, et Saïd Assadi, directeur du Théâtre de la Ville de Téhéran, où la pièce était jouée, ont été libérés dès le lendemain, après l’intervention du ministre de la Culture, Abbas Salehi. Celui-ci a intercédé en leur faveur. "Le problème était la bande-annonce, pas la pièce elle-même", a précisé Shahram Karami.

Avec AFP

Première publication : 11/09/2018

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