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Cap Amériques

Lehman Brothers, 10 ans après : une nouvelle crise est-elle possible ?

Ben Stansall, AFP

Il y a dix ans, le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers se déclarait en faillite. Une chute vertigineuse déclenchée par la crise des subprimes et dont les conséquences ont été mondiales. Où en sommes- nous aujourd'hui ? Le monde risque-t-il à nouveau, comme certains le prédisent, une nouvelle période noire ? Nous tentons de répondre à ces questions dans ce numéro spécial.

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Le souvernir est encore dans toutes les têtes. Le 15 septembre 2008, les employés de la banque Lehman Brothers font leurs cartons, dépités, parfois même en pleurs. La faillite de la banque a été prononcée quelques heures plus tôt. "Cette faillite trouve ses racines dans une succession d'évènements et notammment la crise des subprimes - ces crédits à risques et à taux variables vendus en masse pendant des années à des ménages qui n'avaient pas les moyens de les rembourser. "Le système était très complexe", rappelle Christophe Dansette, spécialiste économie sur France 24.

"Ces crédits vendus à des particuliers étaient ensuite titrisés, c'est-à-dire redécoupés à des investisseurs attirés par les bonnes notes que leur donnaient les agences de notation ainsi qu'à leurs rendements élevés", a-t-il ajouté.

La chute de Lehman Brothers : les leçons ont-elles été tirées ?

La machine se grippe en 2006, lorsque le marché de l'immobilier commence à s'effondrer, notamment à cause de l'augmentation des taux : les ménages n'arrivent plus à rembourser. "Sans compter que les crédits étaient tellement dispersés que personne ne savait qui était réellement exposé", ajoute Christophe Dansette. Plusieurs établissements se retrouvent alors en grande difficulté". C'est le cas de la banque Bernstein sauvée in extremis de la faillite par les autorités américaines. Idem pour les deux géants américains de crédit Fannie Mae et Freddie Mac .

Lehman Brothers était la prochaine sur la liste. Mais le week-end du 12 septembre, les autorités ont décidé de la laisser tomber. Le 15 septembre, la banque d'investissement laisse une ardoise de 691 milliards de dollars et 25 000 employés sur le carreau. C'est la plus grande faillite de l'histoire.

Mais cette grave crise financière se propage dans le monde sous la crainte d'une implosion du système. Plusieurs autres établissements, comme la banque belge Dexia, Royal Bank of Scotland ou encore de l'Allemande Instone Real Estate se retrouvent en difficulté. Les États déclenchent des plans de sauvetage gigantesques. Aux États-Unis, 700 milliards de dollars sont injectés et l'Union européenne débourse environ 1 700 milliards d'euros. "Si le système ne s'effondre pas complètement, la confiance est brisée", relève Cristophe Dansette. Les banques durcissent leurs conditions d'accès aux crédits". Résultat : les ménages peinent à emprunter et la croissance chute de 4,2 % en 2007 à 1,8 % en 2008 et -1,7 % en 2009. Le monde entre alors en récession.   

Les leçons de cette crise ont-elles été tirées ? Après de nombreuses discussions lors des réunions du G7, du G20 pour essayer de changer le sysème, certaines règles ont été instaurées. En Europe par exemple, les banques ont été contraintes d'augmenter leurs fonds propres, un fonds européens et des garanties de dépôts bancaires ont été crées. Les contrôles sont désormais plus drastiques (test de stabilité). "Mais les risques d'une nouvelle crise demeure, estime Christophe Dansette, notamment parce que pour relancer l'économie, les banques ont baissé leur taux pour que les entreprises et particuliers empruntent plus. Les chiffres sont impressionnants : la dette mondiale s'élève aujourd'hui 170 000 milliars de dollars, ce qui correspond à 225 % du PIB mondial". L'économie va certes mieux, mais il va falloir inverser la vapeur pour retrouver des taux plus élevés et éviter une nouvelle crise. 

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