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Le juge Kavanaugh, candidat à la Cour suprême américaine, accusé d'agression sexuelle

Le juge Brett Kavanaugh lors de son audition au Sénat, le 5 septembre 2018.
Le juge Brett Kavanaugh lors de son audition au Sénat, le 5 septembre 2018. Saul Loeb, AFP

Brett Kavanaugh, le juge que Donald Trump a choisi pour siéger à la Cour suprême, est accusé d'agression sexuelle par une femme qui affirme que les faits remontent au début des années 1980. Sa confirmation au Sénat pourrait être perturbée.

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Le mouvement #MeToo s'invite à la Cour suprême américaine. Brett Kavanaugh, le candidat conservateur de Donald Trump à la plus haute juridiction du pays, était dimanche 16 septembre sous le coup du témoignage public d'une femme l'accusant d'agression sexuelle dans les années 1980, lorsqu'il était lycéen. Un retournement qui promet de perturber sa confirmation par le Sénat américain.

Magistrat conservateur, ancien conseiller du président George W. Bush, Brett Kavanaugh, 53 ans, conteste catégoriquement ces accusations. Les démocrates ont immédiatement réagi, exigeant le report du vote au Sénat sur sa confirmation.

Les républicains disposent d'une très courte majorité (51-49) au Sénat, qui a le dernier mot sur les candidats désignés par le président américain. Déjà sous la loupe, la réaction de deux sénatrices républicaines défendant le droit à l'avortement va donc être scrutée de près dans les prochains jours.

Vers un retard du vote ?

Un vote en commission sénatoriale est prévu jeudi 20 septembre sur la confirmation de Brett Kavanaugh, avant le vote final en séance plénière qui pourrait intervenir dès fin septembre. Le témoignage de Christine Blasey Ford, publié dimanche par le Washington Post, pourrait enrayer un processus qui s'annonçait rapide.

Professeure universitaire de psychologie âgée de 51 ans, elle affirme qu'au début des années 1980, lorsque Brett Kavanaugh était scolarisé dans la proche banlieue de Washington, ce dernier et un ami "complètement ivres" l'auraient coincée dans une chambre lors d'une soirée. Brett Kavanaugh l'aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements par-dessus ses vêtements, qu'il aurait tenté de lui retirer. Quand elle aurait tenté de crier, il lui aurait couvert la bouche avec la main. "J'ai pensé qu'il risquait de me tuer sans le vouloir", a-t-elle confié au journal. Elle avait finalement pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.

Christine Blasey Ford dit n'avoir parlé à personne des ces faits, qui l'ont pendant longtemps affectée, jusqu'à une séance de thérapie de couple avec son époux en 2012. Elle a fourni au journal des notes prises par son psychothérapeute à l'époque, quand elle évoquait "une tentative de viol" pendant son adolescence.

>> À lire aussi : Roe vs Wade : l'arrêt historique sur le droit à l'avortement menacé aux États-Unis

Ces informations étaient parvenues dès cet été dans une lettre confidentielle à une influente sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, qui n'en avait pas touché mot aux autres sénateurs. Cette dernière avait finalement révélé jeudi avoir donné sa lettre à des inspecteurs.

Christine Blasey Ford explique au Washington Post que face aux rumeurs folles qui couraient depuis sur son idendité, elle a décidé de sortir de l'ombre. "J'estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles", explique cette professeure de l'université de Palo Alto. Électrice démocrate, elle a fait des petits dons à des organisations politiques, précise le Washington Post.

Démenti catégorique

Maintenant que l'accusatrice a parlé publiquement, "il revient au FBI de mener une enquête. Cela devrait se produire avant que le Sénat n'avance sur cette nomination", a déclaré dimanche Dianne Feinstein, dans un communiqué. "Insister pour voter maintenant serait une insulte pour les femmes américaines et l'intégrité de la Cour suprême", a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Dénonçant depuis le 13 septembre une "opération de la dernière chance", la Maison Blanche a renvoyé le Washington Post vers le démenti "catégorique et sans équivoque" de Brett Kavanaugh publié en fin de semaine. "Je n'ai pas fait cela, que ce soit au lycée ou à n'importe quel autre moment", écrivait le juge, catholique pratiquant, marié et père de deux filles. Plus de 60 femmes disant le connaître à l'époque l'ont défendu dans une lettre.

Après la publication de l'interview, le sénateur républicain Lindsey Graham s'est toutefois dit prêt à entendre Christine Blasey Ford en commission si elle le désire. Avant d'ajouter que cela devrait "être fait immédiatement, afin que le processus puisse se poursuivre comme prévu".

Avec AFP

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