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Un troisième sommet intercoréen pour faire avancer la dénucléarisation

Kim Jong-un accueillant Moon Jae-in, mardi 18 septembre 2018, à l'aéroport de Pyongyang.
Kim Jong-un accueillant Moon Jae-in, mardi 18 septembre 2018, à l'aéroport de Pyongyang. Pyeongyang Press Corps, AFP

Les dirigeants des deux Corées, Kim Jong-un et Moon Jae-in, se retrouvent du 18 au 20 septembre à Pyongyang pour un troisième sommet intercoréen cette année, le premier dans la capitale nordiste.

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Le président sud-coréen Moon Jae-in est arrivé, mardi 18 septembre, à Pyongyang pour son troisième sommet depuis avril avec le Nord-Coréen Kim Jong-un, avec pour objectif d'aider Corée du Nord et États-Unis à sortir de l'impasse diplomatique.

Avec ce voyage de trois jours, Moon Jae-in, qui sera accompagné de plusieurs patrons sud-coréens, marchera dans les pas de ses prédécesseurs, Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, lesquels avaient, en 2000 et en 2007, participé aux deux premiers sommets intercoréens de l'histoire.

Sommet intercoréen : "Beaucoup de symboles mais pas d'annonces"

Le programme de cette nouvelle rencontre n'a pas été annoncé, mais il est probable que la Corée du Nord mette les petits plats dans les grands pour faire la meilleure impression, avec potentiellement des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour acclamer le président sud-coréen.

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Cette visite interviendra moins de dix jours après l'organisation par la Corée du Nord de ses premiers "Jeux de masse" en cinq ans, tels que sont désignés ces spectacles gigantesques soigneusement chorégraphiés impliquant des dizaines de milliers de figurants.

Ce spectacle avait notamment évoqué le sommet intercoréen du 27 avril dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui coupe la péninsule en deux, et l'on avait pu assister à cette scène rarissime où l'image du président sud-coréen était applaudie par des milliers de Nord-Coréens dans le Stade du Premier-Mai de Pyongyang.

Ce sommet d'avril dans la partie sud du village frontalier de Panmunjom, première rencontre des plus hauts dirigeants coréens en onze ans, avait été fort en symboles. Le président sud-coréen avait même brièvement franchi la ligne de démarcation à l'invitation de Kim Jong-un.

Corée du Sud et États-Unis, deux méthodes différentes

Au-delà des symboles, y aura-t-il cette fois-ci des progrès concrets ? Moon Jae-in avait joué un rôle clé pour permettre la tenue du sommet historique du 12 juin à Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen.

Ce dernier s'était alors engagé en faveur de la "dénucléarisation de la péninsule". Mais les deux parties s'écharpent depuis sur la signification exacte de cet engagement. Washington et Séoul ont en outre deux approches différentes vis-à-vis de Pyongyang.

La Corée du Nord prône en effet le dialogue avec son voisin, quand les États-Unis sont davantage prompts à user de ses moyens de pression. Pyongyang a d’ailleurs dénoncé les méthodes de "gangster" des Américains, accusés de vouloir obtenir leur désarmement unilatéral sans faire de concession à chaque étape et sans alléger la pression ni les sanctions. Washington exige "une dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée" tandis que Pyongyang veut une déclaration officielle des États-Unis pour marquer la fin de la Guerre de Corée.

Le dialogue n’est toutefois pas rompu. Kim Jong-un a récemment envoyé à Donald Trump une lettre pour lui demander un nouveau sommet. Il a organisé un défilé militaire pour le 70e anniversaire de la Corée du Nord dans lequel les missiles balistiques intercontinentaux ont brillé par leur absence, ce qui lui a valu des tweets chaleureux de la part du locataire de la Maison Blanche.

Le dossier de la dénucléarisation patine

Reste à savoir ce que Pyongyang est prêt à offrir de concret lors du sommet qui s’ouvre mardi. Moon Jae-in pourrait tenter de convaincre le dirigeant nord-coréen de s'engager verbalement à fournir une liste des armes nucléaires nord-coréennes, avance Shin Beom-cheol, de l'Institut Asan d’études politiques. L'étape suivante pourrait être un sommet en octobre entre Kim Jong-un et Donald Trump.

Si la question de la dénucléarisation patine, les deux Corées sont néanmoins parvenues à faire avancer des projets conjoints. Nord et Sud ont ainsi ouvert le 14 septembre un bureau de liaison conjoint dans la localité nord-coréenne de Kaesong.

>> À lire : La cyberarmée nord-coréenne, le petit poucet du piratage devenu grand

Mais les multiples sanctions internationales qui pèsent sur Pyongyang en raison de ses programmes nucléaire et balistique compliquent les efforts pour relancer les coopérations transfrontalières.

Moon Jae-in a pourtant invité les dirigeants des plus grands conglomérats du Sud, au premier rang desquels l'héritier de l'empire Samsung Lee Jae-yong et les patrons de SK et LG, à l'accompagner à Pyongyang, montrant ainsi son empressement à développer la coopération économique entre les deux pays.

Avec AFP

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