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EUROPE

Le système de santé français, une gloire en déclin en Europe

© Sébastien Bozon, AFP | À l'hôpital de Lure, le 8 juin 2018

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/09/2018

Face à un hôpital au bord de l'implosion et à l'étendue des déserts médicaux, le gouvernement français initie un remaniement du système de soins. Le Royaume-Uni ou l'Allemagne sont-ils mieux lotis ? Voici quelques points de comparaison.

Les déserts médicaux en France concernent environ un dixième de la population française vivant dans une commune privée de généralistes - et les inégalités territoriales se creusent encore plus en fonction des spécialités. À titre de comparaison européenne, en 2014, le nombre de médecins en activité pour 100 000 habitants avait atteint une moyenne de 370 dans les pays de l'UE. Pays par pays, cette densité varie du simple au triple : s'il y a 630 médecins pour 100 000 personnes en Grèce, l’Allemagne compte en 410 médecins, tout comme la Suède et la Suisse, contre 310 médecins pour 100 000 habitants en France, qui se situe à un niveau très proche de la Finlande et de la Belgique et en-dessous de la moyenne européenne.

À l'heure où le gouvernement français annonce une vaste réforme du système de santé, France 24 établit quelques points de comparaison avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, et cherche à comprendre les possibilités qu'offre l'Union européenne pour la circulation des médecins. La crise de l'hôpital, les déserts médicaux, les effets pervers du numerus clausus, ne sont pas des spécificités françaises.

Les déserts médicaux, malgré le fédéralisme allemand

Le système de santé allemand est confronté à des difficultés similaires à celles en France. Il n'y est pas tant question de numerus clausus, puisque les aspirants médecins sont sélectionnés en fonction de leurs résultats à l'Abitur, cet examen qui sanctionne la fin des études secondaires. Et la sélection s’exerce au niveau régional, celui des "Länder", dès l'entrée des études.

Tout comme en France, si le nombre de médecins est suffisant dans sa globalité, les praticiens se concentrent dans les agglomérations et rechignent à s'établir dans les campagnes. Selon les chiffres de 2015, la médecine générale est en mesure de couvrir 109 % des besoins de la population, affirme le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Mais derrière ces chiffres existent deux réalités : une surabondance de l’offre médicale dans les grandes agglomérations (Berlin, Hambourg, Munich), au détriment de certains Länder d'Allemagne de l'Est. Et comme en France, une part importante des médecins généralistes établis dans les zones rurales, approchent de la retraite et peinent à trouver des remplaçants. La jeune génération est attirée par des spécialités plus lucratives avec des emplois du temps moins contraignants, conclut la FAZ.

Pour combler les manques de médecins en zones rurales, l'Allemagne dépend de plus en plus de praticiens étrangers, venus majoritairement de Grèce, de Roumanie et de Pologne. D'après un constat établi par l'Ordre allemand des médecins en 2014, leur nombre avait presque triplé en cinq ans. Les médias allemands se font régulièrement l'écho de litiges dus à des incompréhensions entre les médecins et les patients.

Le service public britannique en ruines

Au Royaume-Uni, il n'est pas question de désert médical, puisque les médecins n'ont pas le choix de leur affectation et sont salariés de l'État. Le National health service (NHS), institution publique créée à la sortie de la Seconde Guerre mondiale et employeuse de 1,7 million de personnes, assure une entière gratuité des soins.

La grande structure du NHS s'est fissurée avec les décennies, de sorte que les conditions de soins sont aujourd'hui décriées. Le système public est étouffé par les contraintes budgétaires, affectant les conditions d’exercice du personnel médical. Une série de reportages de la BBC a mis en lumière l'insalubrité des hôpitaux, les heures d'attente pour obtenir des soins, le manque criant de lits et de moyens. La Grande-Bretagne compte en moyenne 3,9 lits d’hôpitaux pour 1 000 habitants, contre 6,7 en France et 6,3 en Allemagne.

En janvier 2017, la crise sanitaire était telle que la Croix-Rouge britannique avait dû intervenir en urgence pour répondre à "une crise humanitaire dans les hôpitaux et les services ambulanciers, en déployant une équipe d’urgentistes volontaires et même en mobilisant un partenariat avec Land Rover pour affréter des véhicules et transporter les patients", avait alors rapporté le quotidien The Guardian.

Conséquence : au moins 11 % de la population du Royaume-Uni contournent le NHS et souscrivent à une assurance médicale privée, souvent par le biais de leur employeur. Ils évitent ainsi les longs délais d'attente pour obtenir un rendez-vous.

Autre conséquence : le métier n'attire pas assez de jeunes Britanniques. Et même si le NHS recrute une part importante de médecins étrangers, il restait, en février 2016, quelque 6 207 postes de médecins vacants, notamment en anesthésie-réanimation, en soins intensifs et aux urgences. L'actuelle cheffe du gouvernement, Theresa May, a promis d’injecter 20 milliards de livres sterling dans les caisses de la NHS d’ici 2023.

L'Europe fait voler en éclat le numerus clausus

Le numerus clausus, spécificité française et belge, est fortement critiquée depuis 2014 par le Conseil de l'Europe, pour qui ce principe "continue d'entraver l'accès aux services et pourrait être réexaminé sans mettre en péril la qualité et la sécurité" des soins, rapporte la revue médicale Egora.

Or la plupart des pays de l’OCDE limitent l’accès des formations médicales, afin de sélectionner les étudiants les plus compétents, limiter le nombre de médecins diplômés, mais également pour contrôler les coûts de la formation. La France est en revanche le seul pays de l’Union européenne, avec la Belgique, à le faire à l’issue de la première année et non dès son début. Des pays comme l’Australie, le Canada, le Japon ou certains États américains favorisent l’accès aux études médicales pour les étudiants qui s’engagent à travailler dans les zones à faible densité.

L'Union européenne agit de facto sur le numerus clausus en France et le rend caduc, en raison de la circulation des étudiants en médecine et de l'installation de professionnels de santé à diplôme étranger. Certains étudiants français ont choisi de contourner le système : ils décrochent leur diplôme en Belgique ou en Roumanie et rejoignent le troisième cycle des études de médecine en France. Ils échappent ainsi à la régulation du numerus clausus, au risque de créer un surplus de médecins en France.

Première publication : 18/09/2018

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