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L’Agence mondiale antidopage accusée de compromission avec Moscou

Le président de l'Agence mondiale antidopage Craig Reedie à Lausanne le 21 mars 2018.
Le président de l'Agence mondiale antidopage Craig Reedie à Lausanne le 21 mars 2018. Fabrice Coffrini, AFP

Alors que l'Agence mondiale antidopage envisage de lever les sanctions contre la Russie pour son système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015, de nombreuses voix du monde sportif s'élèvent pour l'en empêcher.

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L'Agence mondiale antidopage (AMA) s'est attirée de nombreuses critiques ces derniers temps. Elle est accusée de pactiser avec Moscou pour lever les sanctions contre la Russie et son système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015. Comités des sportifs, agences nationales antidopage, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer une telle issue, lors du comité exécutif de l'AMA qui aura lieu jeudi 20 septembre.

Avec un argument principal : la Russie ne remplit pas les deux dernières conditions posées par l'AMA, en l'occurrence la reconnaissance des conclusions de l'enquête McLaren établissant l'existence d'un système institutionnel de dopage entre 2011 et 2015 et un accès au laboratoire antidopage de Moscou.

>> À lire aussi sur France 24 : "Le Comité international olympique lève la suspension de la Russie"

"Je voterai contre la réintégration de la Russie", a ainsi assuré la vice-présidente de l'AMA, la ministre norvégienne Linda Helleland, qui sera candidate en 2019 à la présidence de l’agence. "Je voterai et je soutiendrai la feuille de route d'origine. Parce que je pense qu'il ne faut jamais faire de compromis qui minent votre crédibilité", a-t-elle assuré.

"Des exigences à deux vitesses"

"Cela nous surprend", a aussi fait valoir la présidente de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Dominique Laurent, en marge d'une rencontre avec la presse. "L'AMA envisage aujourd'hui de réintégrer Rusada. Mais on se demande en quoi [les] deux exigences ont été satisfaites. Nous n'en avons pas la preuve", a-t-elle insisté. "On ne peut pas avoir des exigences à deux vitesses, des exigences si fortes pour [des pays comme] la France et des exigences plus légères pour d'autres grands pays", a-t-elle ajouté.

Mardi soir, la présidente de l'Agence britannique antidopage Nicole Sapstead s'est jointe au concert de critiques en estimant qu'il "faut consulter ses partenaires et en premier lieu les athlètes [avant de prendre] une décision si importante".

Pour témoigner de sa bonne foi, l'AMA a publié ses derniers échanges de courriers avec la Russie. Dans une lettre du 22 juin, l'agence suggère à Moscou de reconnaître "qu'un certain nombre de personnes au ministère des Sports et dans les entités qui en dépendent ont été impliquées" dans le système de dopage. De son côté, la Russie a ouvert la porte, dans son dernier courrier, à la remise de la banque de données électroniques du laboratoire de Moscou.

"La main dans le sac"

"La réalité, c'est que gouverner exige de la flexibilité", s'est justifiée l'AMA dans un communiqué samedi. Une volonté de transparence qui n'a pas apaisé les critiques. "Si l'on se fie à ces échanges de lettres entre la Russie et l'AMA, toute personne raisonnable peut conclure que la Russie n'a pas encore rempli ses obligations vis-à-vis de la communauté sportive mondiale", a écrit dans un communiqué l'Inado, l'organisation des agences nationales antidopage, qui revendique 67 pays membres.

"L'AMA a voulu faire un tour de passe-passe et s'est fait prendre la main dans le sac", a aussi accusé lundi, dans un entretien à l'AFP, le patron de l'agence américaine antidopage Usada, Travis Tygart. À ses yeux, "l'AMA joue sa dernière carte". "Les sportifs sont frustrés, ils ont le sentiment que les instances internationales veulent réintégrer la Russie à tout prix, même si ce prix à payer coûte sa crédibilité au système de lutte contre le dopage et affaiblit l'AMA aux yeux du monde entier", a-t-il développé.

Avec AFP

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