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Asie - pacifique

Birmanie : il critique Aung San Suu Kyi sur Facebook et écope de sept ans de prison

© Ye Aung Thu, AFP | Aung San Suu Kyi, le 28 août dernier, lors d'une rencontre avec des étudiants de l'université de Rangoon.

Vidéo par Cyril PAYEN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/09/2018

Un ancien commentateur politique a été condamné mardi à sept ans de prison pour avoir critiqué sur Facebook la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, déjà isolée sur la scène internationale depuis la crise du génocide rohingya.

Sept ans de prison. C'est la peine dont a écopé mardi 18 septembre Ngar Min Swe, un ancien commentateur politique proche de la junte birmane, reconnu coupable de "sédition" pour avoir posté sur Facebook des commentaires critiques visant la dirigeante Aung San Suu Kyi.

Htay Aung, un porte-parole du tribunal, a ainsi indiqué que Ngar Min Swe avait été reconnu coupable pour "avoir écrit des posts abusifs sur Facebook contre la conseillère d'État Aung San Suu Kyi, donnant aux gens des idées fausses sur elle".

Ngar Min Swe, qui écrivait dans le journal officiel Global New Light of Myanmar à l'époque de la junte militaire, est connu depuis des années pour ses prises de position contre l'ancienne dissidente Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis début 2016. Sur Facebook, il s'est notamment emporté contre le fait que, durant sa visite en 2014, le président américain d'alors Barack Obama avait embrassé Aung San Suu Kyi, dénonçant son accolade comme un outrage à la culture birmane, très pudique. L'histoire avait fait couler beaucoup d'encre dans ce pays d'Asie du Sud-Est, très conservateur.

"Obama est venu deux fois. Donald Trump pas encore. Attendez-vous à un baiser... Venez avant 2020", écrit-il notamment. En 2020, des élections législatives risquent de remettre en jeu la domination du parti d'Aung San Suu Kyi au Parlement. Selon les commentateurs politiques, le parti des anciens dirigeants de la junte pourrait bien créer la surprise.

Cette affaire survient alors qu'Aung San Suu Kyi est empêtrée dans la gestion de la crise des Rohingya. En 2017, plus de 700 000 Rohingya ont fui vers le Bangladesh face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes, une répression qualifiée de "nettoyage ethnique" par l'ONU qui a même parlé de "génocide".

L'indépendance de la justice en question

Aung San Suu Kyi a justifié la semaine dernière à Hanoï l'emprisonnement de deux journalistes de Reuters après leur enquête sur un massacre de Rohingya. Elle avait évoqué "l'État de droit" en Birmanie, mais l'indépendance de la justice est largement sujette à caution.

Même en Birmanie, où Aung San Suu Kyi garde un statut d'idole, les voix dissonantes commencent à se faire entendre : plusieurs dizaines de personnes ont manifesté récemment à Rangoun pour protester contre l'emprisonnement des deux journalistes et dénoncer les restrictions croissantes apportées à la liberté d'expression en Birmanie, malgré l'avènement d'un gouvernement civil.

Le jugement a suscité l'indignation dans le monde et provoqué une onde de choc dans la communauté des journalistes en Birmanie, car il a rappelé l'époque de la junte militaire, lorsque la presse était durement censurée et les reporters jetés en prison.

Il a également porté un coup dur à l'image de la dirigeante de facto Aung San Suu Kyi pour n'être pas intervenue en faveur des deux hommes. Juste avant leur condamnation, l'ex-Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, l'avait accusée, fin août, d'être devenue "la porte-parole des militaires birmans".

Avec AFP

Première publication : 19/09/2018

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