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Malaisie : l'ancien Premier ministre Najib Razak arrêté pour corruption

L'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak, ici en août 2018 à Kuala Lumpur.
L'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak, ici en août 2018 à Kuala Lumpur. Mohd Rafsan, AFP (archives)

Arrêté mercredi, l'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak est soupçonné de s'être approprié 628 millions de dollars issus du fonds d'investissement public 1MDB.

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L'ancien Premier ministre malaisien, en poste près de 10 ans jusqu'en mai 2018, est désormais derrière les barreaux. Najib Razak a été arrêté mercredi 19 septembre et va être mis en examen dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'appropriation illicite de plus de 600 millions de dollars du fonds d'investissement public 1MDB, lié à un vaste scandale qui secoue le pays depuis trois ans.

La commission anticorruption malaisienne a indiqué avoir obtenu le placement en détention de Najib Razak dans son enquête sur des détournements de fonds présumés de 1MDB et "l'arrivée de 2,6 milliards de ringgits (628 millions de dollars, NDLR) sur son compte personnel", selon un communiqué.

Pour Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à France 24, cette tournure judiciaire fait tomber un tabou : "L’argument qui voulait que jusqu’à présent, la justice malaisienne ne touche pas à ceux qui défendent l’ethnie malaise, s’effrite quelque peu", estime-t-il en effet. "Alors que la justice malaisienne a classé sans suite plusieurs affaires dans le passé, elle se permet cette fois d’afficher sa volonté d’aller jusqu’au bout", précise-t-il encore.

"Le fléau de la corruption plombe le budget malaisien"

Ce scandale et les soupçons de détournement de vastes sommes de ce fonds d'investissement par l'ex-Premier ministre et ses alliés ont joué un rôle clé dans la défaite aux élections de mai de la coalition qu'il dirigeait face à l'alliance réformiste de Mahathir Mohamad.

L'actuel Premier ministre, âgé de 93 ans, a fait son retour au pouvoir en se présentant contre son ex-protégé Najib Razak et a rouvert les enquêtes liées au fonds 1MDB qui avaient été étouffées par le précédent gouvernement. Le nouvel exécutif a annoncé qu'il souhaitait récupérer les fonds détournés de la société publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB), créée initialement pour moderniser le pays.

Œuvres d'art, sacs à main de luxe et propriétés aux États-Unis

Depuis qu'il a perdu le pouvoir, Najib Razak a déjà été placé en détention brièvement et mis en examen pour plusieurs chefs d'accusation liés au détournement présumé de quelque 10 millions de dollars d'une ancienne entité du fonds 1MDB. Mais son arrestation mercredi est directement liée à l'une des accusations les plus graves à son encontre dans ce vaste scandale, à savoir le transfert d'importantes sommes vers son compte en banque avant les élections de 2013.

Après une première enquête sur ces faits, il avait été blanchi en 2015, le procureur ayant alors affirmé que les fonds étaient un don personnel de la famille royale saoudienne. Alors que les accusations se multipliaient à son égard, Najib Razak avait pris un tournant plus autoritaire, évinçant les critiques du gouvernement et faisant voter des lois destinées, selon les analystes, à réduire au silence toute opposition.

L'ex-Premier ministre et ses proches sont accusés d'avoir utilisé les fonds détournés pour acheter une grande quantité de biens, comme des œuvres d'art, des sacs à main de luxe, des montres ou des propriétés aux États-Unis. Le département d'État américain à la Justice, qui cherche à récupérer des biens acquis illégalement, estime que 4,5 milliards de dollars au total ont été détournés de ce fonds.

Avec AFP

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