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Mort de la cinéaste Marceline Loridan-Ivens, camarade de déportation de Simone Veil

Marceline Loridan-Ivens le 15 juillet 2015 à Paris.
Marceline Loridan-Ivens le 15 juillet 2015 à Paris. Dominique Faget, AFP

La cinéaste française Marceline Loridan-Ivens, ancienne du camp d'Auschwitz-Birkenau, où elle fut la camarade de Simone Veil, est décédée mardi à l'âge de 90 ans. Le monde de la politique et de la culture lui rend hommage.

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La cinéaste Marceline Loridan-Ivens, camarade de déportation de Simone Veil pendant la Seconde Guerre mondiale dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, est morte mardi 18 septembre à Paris à l'âge de 90 ans, a annoncé à l'AFP l'avocat Jean Veil, fils de l'ancienne ministre.

"C'était une camarade de déportation de maman, cet épisode de leur vie si difficile avait fait d'elles des amies indéfectibles", a indiqué Me Veil, dont la mère, décédée en 2017, est récemment entrée au Panthéon.

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"Marceline était quelqu'un qui avait une vitalité exceptionnelle. On avait gardé, les uns et les autres, des relations quasiment filiales. Mon frère et moi étions très proches d'elle, sa présence était importante pour nous", a poursuivi, ému, l'avocat, confirmant une information de France Inter et du Monde.

"Peut-être une des dernières survivantes des camps"

"Cette femme avait connu l'horreur, c'était peut-être une des dernières survivantes des camps, qui avait vécu et pouvait transmettre l'innommable de cette période", a souligné la ministre de la Culture Françoise Nyssen, jointe par l'AFP. "Je me souviens avoir été très impressionnée pour l'entrée au Panthéon de son amie Simone Veil, elle était droite, magnifique. C'était une grande dame, une voix cinématographique, une écrivaine et une amie", a-t-elle ajouté.

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"Marceline Loridan-Ivens, une leçon de vie, à méditer et perpétuer", a réagi sur Twitter le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Marceline Loridan, cinéaste, mais aussi productrice et écrivaine, a passé sa vie à dénoncer l'injustice et la violence, meurtrie à jamais par sa déportation, à l'âge de 15 ans, à Auschwitz-Birkenau.

Engagée dans la Résistance, sa famille fuit d'abord vers Vichy puis achète une maison à Bollène dans le Vaucluse. C'est là qu'elle sera arrêtée avec son père par la Gestapo en février 1944. Ils seront transférés à Drancy et déportés à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944. Elle va y faire la connaissance de Simone Veil.

Documentaires

Marceline fait partie des déportés qui seront évacués par les Nazis, à l'approche de l'Armée Rouge, vers le camp de Bergen-Belsen puis à Theresienstadt, près de Prague. C'est là, le 10 mai 1945, deux jours après la capitulation allemande, qu'elle verra le premier soldat russe, approchant du camp à moto, avec un drapeau rouge…

Après la guerre, elle fréquente la Cinémathèque, tape des manuscrits pour Roland Barthes, fait connaissance avec Edgar Morin, qui l'entraîne dans le tournage d'un film en 1961 avec Jean Rouch, "Chronique d'un été".

C'est par ce film qu'elle entre dans le monde du cinéma où elle se fera connaître notamment par des documentaires sur le Vietnam ou la Chine de Mao avec son second mari, le cinéaste néerlandais Joris Ivens.

"Une grande dame vient de nous quitter", a écrit sur Twitter la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Pour la maire de Paris, Anne Hidalgo, Marceline Loridan-Ivens était "une femme inspirante" : "son œuvre, sa force de caractère et son humour ont toujours suscité mon admiration", a-t-elle tweeté.

Le réalisateur Serge Moati a fait part de son "respect" et de son "affection".

AFP

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