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Élections en RD Congo : privée de Katumbi et Bemba, l'opposition plus divisée que jamais

Rencontre entre Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba à Bruxelles, le 12 septembre 2018.
Rencontre entre Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba à Bruxelles, le 12 septembre 2018. John Thys, AFP

La liste des 21 candidats autorisés à se présenter à l'élection présidentielle en RD Congo a été publiée mercredi. Deux des principaux opposants à Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, en sont exclus.

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La liste définitive des 21 candidats à la succession du président Kabila a été publiée mercredi 20 septembre en République démocratique du Congo. Elle officialise l'exclusion de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba de la course électorale.

Trois noms émergent pour les élections prévues le 23 décembre, le "dauphin" choisi par le président Kabila, son ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, et ses deux principaux adversaires, le président de l'UDPS Félix Tshisekedi et l'ex-président de l'Assemblée Vital Kamerhe.

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale, prévue à partir du 22 novembre. L'enjeu est une première transition pacifique dans le plus grand pays d'Afrique subsaharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections "crédibles, transparentes, apaisées" inquiètent nombre d'observateurs.

Un climat politique déjà très tendu avant la campagne électorale

"La phase préparatoire des élections, qui perdure depuis trois ans pratiquement, n'est pas sereine. On a l'impression qu'elle est en train de planter les germes des crises post-électorales", s'inquiète le professeur de sociologie politique Célestin Kabuya-Lumuna, ancien porte-parole de Mobutu Sese Seko (président de 1967 à 1997).

Les tensions suscitées par la mise à l'écart de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba ne devraient pas arranger les choses.

Allié du président Kabila passé à l'opposition fin 2015 et qui vit en exil à l'étranger depuis 2016, Moïse Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC, où il est poursuivi par la justice, début août quand il s'est présenté à un poste-frontière avec la Zambie. Tandis que la candidature de Jean-Pierre Bemba, ex-rebelle et vice-président, a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l'avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l'humanité.

Jean-Pierre Bemba veut peser de tout son poids dans l’élection

Privée de deux de ses leaders, l'opposition cherche un candidat commun pour défier le "dauphin" du président Kabila, sans exclure un boycott des élections en raison de l'utilisation prévue de "machines à voter" controversées. Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que "si l'opposition s'unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu'un et je le ferai gagner".

Un boycott des élections "ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l'opposition. Nous n'en sommes pas là", a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'un des principaux partis d'opposition. L'opposition en dira plus sur sa stratégie avant une réunion publique qu'elle annonce pour le 29 septembre à Kinshasa.

Avec AFP

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