Accéder au contenu principal

Guerre commerciale Pékin - Washington : Jack Ma contre Donald Trump

Le fondateur d'Alibaba, Jack Ma, avait été le premier entrepreneur chinois à assurer qu'il allait créer des emplois aux États-Unis après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.
Le fondateur d'Alibaba, Jack Ma, avait été le premier entrepreneur chinois à assurer qu'il allait créer des emplois aux États-Unis après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. Kirill Kudryavtsev, AFPUDRYAVTSEV

Jack Ma, le patron du géant chinois de l’Internet Alibaba, est revenu jeudi sur sa promesse de créer un million d’emplois aux États-Unis en raison de la guerre commerciale entre les deux pays.

PUBLICITÉ

Le milliardaire chinois Jack Ma est revenu sur sa promesse, faite il y a un an, de créer un million d’emplois aux États-Unis. L’emblématique patron du géant chinois de l’Internet Alibaba a expliqué avoir renoncé à cause de la guerre commerciale sino-américaine, dans un entretien accordé à l’agence de presse chinoise Xinhua, jeudi 20 septembre.

La décision de l’homme le plus riche de Chine est un coup dur pour le président américain Donald Trump. Le milliardaire chinois s’était en effet engagé à créer ce million d’emplois sur le sol américain en janvier 2017, juste après avoir rencontré le nouveau locataire de la Maison Blanche. Pour ce dernier, cette promesse était la preuve qu’il pouvait réussir à faire plier la Chine au profit de son “made in America”.

Mais la “coopération amicale entre les deux pays” et la “croissance harmonieuse des échanges commerciaux” nécessaires à la réalisation de cette promesse ne sont plus d’actualité, a regretté jeudi Jack Ma pour justifier sa décision. Il réagissait aux nouveaux droits de douanes décidés par Washington puis Pékin en début de semaine.

Déclarations à relativiser

Le revirement du patron d’Alibaba est une manière de suggérer que les travailleurs américains sont les premiers touchés par la politique agressive de droits de douane de l’administration Trump.

Mais les déclarations de Jack Ma sont à relativiser. Déjà en janvier 2017, sa promesse de créations d’emplois avait été accueillie avec circonspection par les observateurs. L’homme d’affaires chinois était resté très flou sur les moyens d’y parvenir, donnant l’impression que ses déclarations visaient surtout à s’attirer les bonnes grâces du président américain fraîchement élu.

Le changement de ton de Jack Ma peut également être perçu comme une opération de communication au profit de Pékin. “Il est l’une des personnalités chinoises les plus connues aux États-Unis, et ses prises de parole y résonnent davantage que les déclarations d’un cadre du parti communiste”, analyse la chaîne américaine CNBC.

La guerre commerciale de 20 ans

Une impression renforcée par l’activisme médiatique de Jack Ma depuis le début du conflit commercial. Il a déclaré, mercredi 19 septembre, que les tensions entre les deux pays allaient créer un “gâchis économique” dont les effets se feront encore sentir "dans une vingtaine d’années”.

En août, il avait mis en garde contre les répercussions sur l’emploi - surtout aux États-Unis - de la politique américaine, et en avril, il s’était même fendu d’une tribune sur le site institutionnel d’Alibaba arguant que les droits de douane allaient détruire “l’espoir” de “millions d’entrepreneurs et fermiers américains” de pouvoir s’enrichir grâce à la vente  de produits aux consommateurs chinois.

Dans chacune de ses interventions, il répète que le commerce international doit être “un moteur pour la paix internationale et non pas une arme utilisée par les gouvernements”. Un argument intéressé pour le géant chinois de l’Internet, qui cherche à se développer hors de ses frontières, mais aussi une reprise presque mot pour mot du discours officiel de Pékin pour dénoncer la politique américaine.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.