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États-Unis : l'accusatrice du juge Kavanaugh pressée de s'engager à témoigner devant le Sénat

Chuck Grassley et Brett Kavanaugh, le 5 septembre 2018, au Sénat américain.
Chuck Grassley et Brett Kavanaugh, le 5 septembre 2018, au Sénat américain. Saul Loeb, AFP

Les sénateurs républicains ont donné vendredi un délai supplémentaire à Christine Blasey Ford, qui accuse d'agression sexuelle le juge Brett Kavanaugh, afin qu'elle décide si elle souhaite témoigner devant une commission sénatoriale.

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Le bras de fer politique autour de la confirmation du juge Brett Kavanaugh, nommé par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême, ne cesse de s'intensifier alors que les détails de l'audition devant le Sénat d'une femme qui l'accuse d'agression sexuelle restent flous.

Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, affirme que le juge Kavanaugh, 53 ans, l'a agressée lors d'une soirée arrosée entre adolescents au début des années 1980 dans la banlieue de Washington, ce que le magistrat nie vigoureusement.

Devant l'onde de choc provoquée par ces accusations, elle a accepté, sous certaines conditions, de témoigner devant le Sénat pour faire la lumière sur cette affaire. Mais la date précise de son audition reste cependant encore à déterminer et est l'objet de nombreuses tractations.

>> À lire : "Scandale sexuel : avant l'affaire Kavanaugh, le précédent Anita Hill"

Selon CNN, citant deux sources au fait des tractations, les sénateurs républicains devraient proposer de décaler à mercredi les auditions de Kavanaugh et de Ford.

"Juge Kavanaugh, j'ai accordé un nouveau délai au professeur Ford afin qu'elle décide si elle veut témoigner devant le Sénat comme elle l'a déclaré la semaine dernière", a écrit sur Twitter le président républicain de la commission, Chuck Grassley, en toute fin de soirée vendredi. "Elle doit décider afin que nous puissions avancer. Je veux l'entendre. J'espère que vous le comprenez. Ce n'est pas dans mes habitudes d'être indécis", a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, Chuck Grassley avait déclaré que le vote de confirmation de la nomination de Kavanaugh aurait lieu lundi 24 septembre si aucun accord n'était trouvé avant vendredi 22 h locales (samedi  2 h GMT) avec les avocats de Ford pour la date et les modalités de son témoignage. Les avocats de Christine Blasey Ford ont finalement jusqu’à samedi, 14 h 30 locales, selon le New York Times, pour trouver un accord.

L'enjeu pour les républicains est de confirmer le magistrat avant les élections parlementaires de début novembre. "Dans un futur très proche, le juge Kavanaugh siègera à la Cour suprême", avait assuré vendredi leur numéro un au Sénat, Mitch McConnell.

Attaque personnelle de Trump contre Christine Blasey Ford

Signe de l'intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s'étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

"Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d'elle ou de ses parents aimants", a tweeté le président Trump, affichant pour la première fois aussi clairement ses doutes sur la crédibilité de la chercheuse en psychologie.

Ce message a immédiatement suscité une levée de boucliers. Donald Trump manifeste sa profonde "incompréhension" du "traumatisme" des victimes, a ainsi taclé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

>> À voir : Donald Trump se fait l'avocat de Brett Kavanaugh

Selon le ministère de la Justice, près de 325 000 personnes ont été victimes de viol ou d'agression sexuelle en 2016, mais seuls 22,9 % des cas ont été rapportés à la police.

Sur Twitter, de nombreuses internautes ont expliqué sous le hashtag #WhyIDidntReport ("Pourquoi je n'ai pas porté plainte") s'être tues après des agressions par "peur", parce qu'elles pensaient que c'était de leur faute ou qu'on ne les croirait pas.

Le président Trump, pourtant prompt à rembarrer ceux qui se dressent sur son chemin, n'avait jusqu'ici pas critiqué nommément Christine Blasey Ford. La Maison Blanche avait concentré ses flèches sur les démocrates, les accusant d'instrumentaliser cette affaire pour retarder la nomination du magistrat conservateur.

Avec AFP et Reuters

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