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Élection présidentielle au Cameroun : une campagne qui fait déjà polémique

La campagne pour la présidentielle au Cameroun, où se présente Paul Biya, s'est ouverte le 22 septembre.
La campagne pour la présidentielle au Cameroun, où se présente Paul Biya, s'est ouverte le 22 septembre. Roman Pilipey, AFP

La campagne pour l’élection présidentielle camerounaise a été lancée samedi 22 septembre. Huit candidats affrontent Paul Biya, le président sortant au pouvoir depuis 36 ans. À deux semaines du scrutin, la campagne comporte déjà son lot de polémiques.

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La campagne pour l’élection présidentielle camerounaise du 7 octobre a officiellement été lancée samedi 22 septembre. Une première journée de campagne marquée par la tenue des meetings des trois principaux candidats de l’opposition : Akere Muna (FPD), Joshua Osih (SDF) et Maurice Kamto (MRC). Ce dernier a néanmoins dû braver une interdiction des autorités locales pour s’adresser à ses soutiens dans le quartier de Bonabéri, à Douala.

Selon une journaliste de Voxafrica, l’équipe du candidat du parti Univers, Cabral Libii, a elle aussi rencontré des difficultés à obtenir une autorisation pour son meeting du 23 septembre. La manifestation avait d’abord été refusée par les autorités locales, mais le candidat a finalement pu présenter son programme à une foule importante venue l’écouter dans la capitale économique camerounaise.

À Bamenda, en zone anglophone, le ministre de l'Administration territoriale, Atanga Nji, avait également organisé un meeting en présence du Premier ministre, Philemon Yang, désigné chef de campagne du candidat Biya dans le Nord-Ouest.

"Traitement médiatique déséquilibré"

Alors que la campagne bat désormais son plein et que les huit candidats de l’opposition multiplient les déplacements et les prises de parole, Paul Biya, président sortant et candidat du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), au pouvoir depuis trente-six ans, n’a encore réalisé aucun déplacement.

Depuis quelques jours, le candidat du RDPC est pourtant visible sur tout le territoire, sur ses affiches de campagne. Paul Biya, 85 ans, y apparaît sur un fond bleu avec son slogan de campagne "La force de l’expérience", également inscrit en anglais.

Pour la première fois, un compte twitter a également été créé à son nom "Paul Biya 2018". C’est sur ce réseau social que les dix points de son programme ont été présentés lundi.

Par ailleurs, cinq de ses opposants (Maurice Kamto, Cabral Libii, Akere Muna, Joshua Osih et Serge Espoir Matomba) ont publié un communiqué dans lequel ils s’indignent du "traitement biaisé et volontairement déséquilibré" des médias publics camerounais et évoquent "une véritable campagne de propagande pro-candidat du RDPC".

Peu d’observateurs internationaux

À l’approche de l’élection, les candidats de l’opposition s’inquiètent également du manque d’observateurs internationaux pour encadrer le scrutin. L’Union européenne a annoncé lundi qu’elle n’enverrait pas d’observateurs au Cameroun, faute d’avoir reçu une invitation des autorités. Paul Mahel, porte-parole du candidat Akere Muna, pense ainsi que le pouvoir, en faisant le choix de ne pas inviter l'Union européenne, "n'a pas l'intention de tenir une élection libre et transparente", rapporte RFI.

Une équipe d’observateurs a tout de même été envoyée par l’Union africaine. Quatre analystes et huit observateurs à long terme sont arrivés dans le pays début septembre.

Contexte sécuritaire tendu en zones anglophones

La question de la transparence des élections se pose d’autant plus que le scrutin est contesté dans certaines régions. Les séparatistes qui réclament la sécession des régions du nord-ouest et du sud-ouest ont affirmé que l'élection ne se tiendrait pas en zone anglophone et sommé la population de boycotter le scrutin.

Les affrontements entre l’armée camerounaise et les séparatistes anglophones sont déjà quasi-quotidiens dans ces deux régions. Selon des témoins contactés par l’AFP, deux civils ont été abattus lundi à Buea, capitale de la région du sud-ouest, par des militaires.

Craignant un regain de violences, de nombreux habitants des régions anglophones ont déjà quitté leurs domiciles. Selon les organisations internationales, la crise aurait déjà poussé sur les routes entre 180 000 et 200 000 personnes. Des "centaines de familles sont en train de fuir le sud-ouest pour des régions 'plus sûres', il y a une atmosphère de peur", a indiqué à l'AFP samedi un travailleur humanitaire à Buea.

De son côté, le directeur général d’Elections Cameroon (Elecam), l’instance chargée d’organiser le scrutin, assure que l’élection aura bien lieu.

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