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Billets, salaires: quand le football se convertit à la blockchain

© AFP/Archives | Le mot "blockchain" s'affichent en lettres capitales dans un blockhain centre à Vilnius, en Lituanie, le 7 février 2018

MADRID (AFP) - 

Billets infalsifiables, consultation des supporters et peut-être à l'avenir paiement des joueurs. La technologie de la blockchain, qui est derrière les cryptomonnaies comme le bitcoin, fait ses premiers pas dans le football.

Considérée par certains comme une révolution aussi importante qu'internet, la blockchain, ou "chaîne de blocs", qui s'appuie sur une cryptomonnaie ou un "token" (jeton), permet de créer des sortes de grands registres virtuels, où des communautés enregistrent de manière infalsifiable leurs transactions.

Et le ballon rond dans tout ça? Il commence, comme nombre de secteurs, à bénéficier des premiers pas opérationnels de cette technologie.

"La blockchain peut devenir l'infrastructure sur laquelle le sport fonctionne. Comme les mobiles et les applications sont aujourd'hui une expression de l'internet", indique à l'AFP Michael Broughton de la société d'investissement spécialisée dans le sport, Sports Investment Partners.

Après le Paris Saint-Germain il y a deux semaines, la Juventus de Turin, où est arrivée la star planétaire Cristiano Ronaldo cet été, a annoncé lundi avoir rejoint elle aussi "Socios.com", une plateforme basée à Malte utilisant la technologie blockchain.

Les supporters pourront y acheter des "tokens" leur donnant un droit de vote lors de sondages en ligne ou accès à certains contenus ou récompenses.

- Messi et Owen en ambassadeurs -

Arsenal avait lui annoncé en janvier son premier accord avec une société du monde de la blockchain, CashBet, qui a développé une cryptomonnaie utilisable pour parier sur des matches.

Autre application concrète, la vente de billets. L'UEFA s'est servie d'une application basée sur cette technologie, empêchant toute falsification, pour vendre 100% des billets pour la dernière Supercoupe d'Europe en août à Tallinn (Estonie).

Cette technologie pourrait aussi "être très intéressante pour de nombreux clubs afin d'accéder à des plateformes (...) leur permettant de vendre mondialement" leurs produits dérivés, a souligné Olivier Jarosz, de l'Association des Clubs Européens lundi lors du congrès World Football Summit à Madrid.

Signe de l'attrait du milieu du foot pour la blockchain, Lionel Messi est devenu ambassadeur de la start-up israélienne Sirin Labs, qui développe un smartphone intégrant cette technologie.

L'ancienne star anglaise Michael Owen a lui investi dans la plateforme hong-kongaise Global Crypto Offering Exchange (GCOX), qui permet à des célébrités de créer et de coter leur propre "token" pour que leurs fans puissent acheter des produits dérivés ou des contenus exclusifs.

Les promoteurs de la blockchain pensent même que les salaires et les transferts pourront un jour être payés en bitcoins.

Cela reste pour l'instant marginal mais Gibraltar United, club de Gibraltar appartenant au fonds Heritage Sports Holding, permet depuis peu à ses joueurs d'être payés en cryptomonnaie, tandis qu'Harunustaspor, un petit club turc, a fait parler de lui en début d'année en affirmant avoir réalisé le premier transfert pour quelques centaines d'euros payé en bitcoins.

- Trouver les futures pépites -

"Cela peut amener de la transparence dans le monde du football", plaide Pablo Dana, responsable d'Heritage Sports Holding qui a racheté par ailleurs cet été 25% de Rimini, club de troisième division italienne, en cryptomonnaie.

Ce dont pourrait aussi profiter le marché des transferts, souvent critiqué pour son opacité. "Avoir des joueurs identifiés et enregistrés sur la blockchain pourrait amener plus de transparence dans les transferts et la propriété" des joueurs, selon Michael Broughton.

Pour Olivier Jarosz, les données statistiques sur les joueurs échangées dans le cadre de la blockchain et de la technologie du big data qui y est associée pourraient aussi servir à dénicher les futures stars de demain. "On pourrait trouver sur la base de données les meilleurs potentiels sans avoir à envoyer 200 +scouts+", estime-t-il.

Mais au-delà de ces innovations possibles, Sam Jones de la société d'investissement London Football Exchange met en garde contre les risques.

"Il y a de nombreux joueurs, anciens joueurs, équipes ou championnats qui ont actuellement une offre dans ce domaine et je pense que 90% ne seront plus là dans deux ans. La blockchain est une technologie indéniable mais on ne peut pas assurer le risque de certaines monnaies reposant sur cette technologie (...) Elles ne reposent que sur l'espoir et l'espoir est l'ingrédient clé d'une bulle".

© 2018 AFP