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À l’ONU, le plaidoyer de Macron pour le multilatéralisme

Le président français Emmanuel Macron à la tribune de l'ONU.
Le président français Emmanuel Macron à la tribune de l'ONU. AFP

Dans un discours sonnant comme une réponse à Donald Trump, le président français a prôné mardi le dialogue et le multilatéralisme pour régler les crises profondes. Il a aussi plaidé en faveur d'un "nouvel humanisme".

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"La loi du plus fort." L’expression est revenue à plusieurs reprises dans le discours tenu, mardi 25 septembre, par Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale de l’ONU. Une réponse à peine voilée à Donald Trump qui, une heure avant lui à cette même tribune, avait prôné l’unilatéralisme, le protectionnisme et la défense des intérêts américains avant toute autre approche.

"La loi du plus fort, la tentation pour chacun de suivre sa propre loi : cette voie, celle de l'unilatéralisme, nous conduit directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun", a-t-il souligné devant une centaine de chefs d'État et de gouvernements.

Il ne faut pas "exacerber les tensions régionales", a affirmé le président français en référence à la crise iranienne que son homologue américain entend résoudre en "isolant" Téhéran de la scène internationale. L'unilatéralisme "conduit directement au repli et aux conflits", a estimé Emmanuel Macron.

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"Qu'est ce qui permettra de régler véritablement la situation en Iran ? La loi du plus fort, la pression d'un seul ? Non", a-t-il réagi. Nous savons que l'Iran était sur la voie du nucléaire militaire mais qu'est-ce qui l'a stoppé ? L'accord de Vienne de 2015".

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De fait, sur plusieurs dossiers, le locataire de l’Élysée a plaidé en faveur du dialogue et du multilatéralisme dans la résolution des crises profondes qui secouent "l’ordre mondial contemporain". "Qu’est-ce qui pourra résoudre le conflit israélo-palestinien ?", a-t-il interrogé. "Pas les initiatives unilatérales ni le piétinement des droits légitimes du peuple palestinien. Il n’y a pas d’autres solutions que la solution à deux États."

De la même manière, "qu'est-ce qui règlera le problème des déséquilibres commerciaux ? Des règles communes permettant d'assurer des conditions de concurrence loyales, égales, et en aucun cas un traitement bilatéral de tous nos différends commerciaux ou un nouveau protectionnisme", a-t-il ajouté.

"Nous devons changer de méthode, revoir nos règles"

Face à la "loi du plus fort", Emmanuel Macron a dit vouloir opposer un "nouvel humanisme contemporain". Sur ce chapitre, le président a prôné la lutte contre les inégalités, dans les domaines de la santé, de l’éducation, du climat et du genre. "La lutte contre les inégalités" sera la priorité du G7 durant la présidence française en 2019, a-t-il annoncé, avant d’affirmer qu’il voulait "revoir en profondeur le format" du G7, en l'ouvrant à d'autres pays, sans citer de noms.

Emmanuel Macron a ainsi appelé à la mise en place d'un "mécanisme collectif pour travailler ensemble à ce que nous faisons dans chacun de nos pays pour réduire les inégalités, d'évaluer et de mieux mettre en cohérence nos actions". "Je propose que les institutions internationales, les Nations unies, l'OCDE, nous appuient dans la mise en place de ce mécanisme sur lequel le G7 devra être moteur", a-t-il dit. "Pour gagner contre les inégalités, nous devons changer de méthode, revoir nos règles, en matière commerciale comme en matière
sociale".

>> À lire : À New York, Trump et Macron s'engagent à se "coordonner sur les grands dossiers"

Le chef de l’État français a également appelé à faire de l’égalité homme-femme une grande cause mondiale. "Il est temps que notre monde cesse de faire des femmes des victimes et leur offre une place qui est aussi la leur, celle de leader".

Une conclusion enflammée

Macron enflammade

Dans un final enflammé, Emmanuel Macron a appelé ses pairs à prendre leurs "nouvelles responsabilités" pour sauver la paix. "Défendre la coopération et le multilatéralisme peut ne plus être à la mode, s'est-il exclamé. Alors ne soyons pas à la mode, nous le devons à ceux qui nous ont permis d'être assis là, n'oubliez jamais que les génocides étaient nourris par les discours auxquels nous nous habituons, parce qu'ils ont été nourris par les succès d'estrade que nous applaudissons". Et d'ajouter : "Nous sommes en train de voir aujourd'hui se déliter le droit international, toutes les formes de coopération comme si de rien n'était, par peur, par complicité. Moi je ne m'y résous pas".

Le coup d'envoi de l’Assemblée générale de l’ONU et de ses six jours de discours avait été donné quelques instants plus tôt par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a dressé, le visage grave, le tableau d'un monde où "les valeurs universelles s'érodent [...], les principes démocratiques sont attaqués". "Parmi les pays, la coopération est moins certaine et plus difficile. Les divisions au sein du Conseil de sécurité sont graves", a-t-il résumé.

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