Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Elections locales en Côte d'Ivoire : bras de fer entre le PDCI et le RHDP

En savoir plus

LE DÉBAT

Inondations en France : plusieurs morts dans l'Aude

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

Le vélo de retour à Cuba et les entrepreneurs burundais en province qui innovent

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Mo'Kalamity, ambassadrice capverdienne d'un reggae conquérant

En savoir plus

FOCUS

En Californie, une croisade anti-avortement après une décision de la Cour suprème

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Adlène Méddi : "1994, une année de basculement en Algérie"

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

Égypte : nouveau procès pour Ahmed Douma, icône de la révolution

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

L'enjeu sécuritaire des législatives en Afghanistan

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Luis Aguiriano : "Je ne pense pas que Manuel Valls sera maire de Barcelone"

En savoir plus

EUROPE

Le tour de vis anti-migrants du gouvernement italien

© Maud Veith, SOS Méditerranée, AFP | À bord de l'Aquarius, le 24 septembre 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/09/2018

Le gouvernement italien restreint considérablement les possibilités pour les migrants d'obtenir un permis de séjour. Salvini, le ministre de l'Intérieur issu de l'extrême droite, a évoqué, lundi, un "pas en avant pour rendre l'Italie plus sûre".

Les permis de séjour humanitaires seront une exception en Italie, après l'adoption, lundi 24 septembre, par le gouvernement de Rome d'une série de mesures draconiennes sur l'accueil des migrants, dans la ligne de l'extrême droite.

"C'est un pas en avant pour rendre l'Italie plus sûre. Pour combattre avec plus de force les mafieux et les passeurs, pour réduire les coûts d'une immigration exagérée, pour expulser plus rapidement les délinquants et les faux demandeurs d'asile, pour révoquer la citoyenneté aux terroristes, pour donner plus de pouvoirs aux forces de l'ordre", s'est réjoui le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Le gouvernement n'a pas rendu public dans l'immédiat ce texte, qui doit entrer en vigueur dès qu'il aura été signé par le président Sergio Mattarella, puis approuvé dans un délai de 60 jours par le Parlement. Mais Matteo Salvini et le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, en ont présenté les grandes lignes à la presse.

>> À lire : Privé de pavillon, l'Aquarius veut accoster à Marseille pour débarquer 58 migrants

Tout d'abord, les permis de séjour humanitaires doivent devenir exceptionnels, réservés à quelques cas de victimes d'exploitation ou de calamité naturelle, de personnes ayant besoin de soins particuliers ou ayant mené des actes héroïques.

En 2017, les commissions d'asile ont rendu 81 500 décisions : l'asile pour 8 % des cas, la protection subsidiaire pour 8 % et le permis de séjour humanitaire pour 25 %, tandis que les autres demandes ont été rejetées.

"Retirer la possibilité de délivrer un permis humanitaire à un demandeur d'asile qui a suivi un parcours d'intégration, en trouvant du travail et en œuvrant au bien-être général, est une mesure qui va contre le bon sens", a dénoncé Mario Morcone, ancien préfet chargé de l'immigration et président du Centre italien pour les réfugiés, en rappelant que dans la pratique, les possibilités d'expulser les clandestins restaient "très limitées".

>> À voir : L'Europe sans solution face aux migrants ?

Retour aux grands centres d'accueil

Le texte prévoit aussi la suspension de la demande d'asile et l'expulsion si le demandeur se montre "dangereux" ou a fait l'objet d'une condamnation en première instance, a expliqué M. Salvini.

Il réorganise le système d'accueil des demandeurs, qui sont encore 155 000 et seront regroupés dans de grands centres, les efforts de répartition dans des petites structures pour favoriser l'intégration étant réservés aux mineurs isolés et aux réfugiés reconnus.

Mais l'association des maires italiens a fait part de son "incompréhension" face à cette mesure, alors que les grands centres d'accueil hébergeant des centaines de migrants oisifs mais libres de leurs mouvements représentent un cauchemar pour les petites communes où ils sont implantés.

Pour faciliter les expulsions, la durée maximale de la rétention administrative - dans des centres qui restent encore pour la plupart à l'état de projet - passe de 90 à 180 jours, tandis que M. Salvini multiplie les efforts auprès des pays d'origine. Il doit ainsi se rendre jeudi en Tunisie.

Dans le volet sécurité, le texte généralise l'utilisation des pistolets électriques et réorganise la gestion des biens séquestrés à la mafia.

Il supprime aussi une série d'obstacles aux évacuations des bâtiments et terrains occupés illégalement, et si le texte ne mentionne personne en particulier, M. Salvini a bien précisé que son ojectif était de "fermer tous les camps roms".

Le texte prévoit enfin la possibilité de révoquer la naturalisation de tout étranger condamné pour terrorisme. Cette mesure figure parmi les points litigieux et potentiellement anticonstitutionnels de ce texte qui provoque de vives réactions, y compris au sein du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), allié gouvernemental de la Ligue.

Selon la presse italienne, le président Mattarella lui-même, ancien juge à la Cour constitutionnelle, a obtenu des aménagements, en menaçant de ne pas signer le texte, qui devrait lui être officiellement transmis dans les prochains jours. Et Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a prévenu que "certains points" devraient être discutés au Parlement.

Pour le secrétaire général de la conférence des évêques d'Italie, Mgr Nunzio Galantino, c'est le fait même d'associer immigration et sécurité qui pose problème : "Cela signifie que l'immigré est (...) déjà considéré comme un danger public".

Avec AFP

Première publication : 25/09/2018

  • MIGRANTS

    Privé de pavillon, l'Aquarius veut accoster à Marseille pour débarquer 58 migrants

    En savoir plus

  • EUROPE

    Au sommet de Salzbourg, l'UE est toujours divisée sur la politique migratoire

    En savoir plus

  • ÉTATS-UNIS

    Les États-Unis réduisent encore leurs quotas de réfugiés

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)