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Iran : Washington réplique au projet européen anti-sanctions

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, à New York, le 25 septembre.
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, à New York, le 25 septembre. Mandel Ngan, AFP

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a riposté, mardi, au projet européen d'instaurer un troc avec l'Iran pour contourner les sanctions américaines, menaçant ceux qui se prêteront au jeu.

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Les États-Unis ont vivement répliqué, mardi 25 septembre, au projet européen d'instaurer un troc avec l'Iran pour contourner les sanctions américaines. "Nous n'allons pas permettre que nos sanctions soient contournées par l'Europe ou qui que ce soit d'autre", a prévenu, menaçant, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, se disant "dérangé et profondément déçu". Ce dernier a notamment mis en garde le système SWIFT, qui supervise les transactions bancaires internationales, contre toute coopération avec ce qu'il a qualifié de "banque centrale du terrorisme".

La veille, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, avait annoncé la création d'un "véhicule spécial" (Special purpose vehicle - SPV), qui fonctionnera comme une bourse d'échanges, pour permettre à l'Iran de continuer à vendre du pétrole. "Cela ressemblera à une chambre de compensation. Lorsque nous importerons du pétrole d'Iran, l'argent sera versé au SPV. Si ensuite une machine est vendue par une société européenne en Iran, le paiement interviendra via le SPV", a expliqué un diplomate européen à l'AFP.

Mike Pompeo a promis de suivre l'affaire de près, tout en ironisant sur le fait que "pour l'heure cette entité n'existe pas et qu'aucune échéance n'est même annoncée pour sa création". "L'Union européenne est forte en rhétorique mais faible en travaux de suivi", a-t-il lancé. Donald Trump a de son côté appelé, mardi, à la tribune de l’ONU, “toutes les nations” à suivre son exemple et à isoler le régime iranien.

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Camouflet

Pour les États-Unis, il s’agit là d’un camouflet. Ces derniers ont claqué la porte de l’accord sur le nucléaire iranien en mai dernier et rétabli dans le même temps une série de sanctions envers Téhéran. Des sanctions non seulement lourdes de conséquences pour l'économie iranienne mais également pour les entreprises étrangères commerçant avec l'Iran si elles opèrent en dollars ou ont aussi des intérêts aux États-Unis. Et la situation devrait empirer : le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de brut iranien et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

Le président français, Emmanuel Macron, a concédé que ces nouveaux circuits de paiement ne combleraient pas l'impact des sanctions américaines sur l'économie iranienne. "Ils ne permettront pas de corriger ou faire changer les décisions de certains grands groupes européens ou internationaux qui sont très exposés aux États-Unis", a-t-il admis. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler...) très engagés aux États-Unis ont en effet cessé toute activité avec l'Iran par craintes de représailles américaines.

Convaincre Téhéran de rester dans l'accord

Mais, en préservant un minimum de bénéfices, les Européens espèrent convaincre Téhéran de rester dans l'accord nucléaire et de ne pas reprendre son programme, susceptible de déclencher une course à l'arme atomique dans la région.

Ils s'inquiètent aussi d'un affaiblissement du président iranien, Hassan Rohani, ardent défenseur de l'accord nucléaire mais qui, pour l'heure, n'en a pas engrangé les bénéfices escomptés, au profit des éléments les plus radicaux du régime.

"Si les fronts se durcissent, rien n'ira mieux, rien ne sera plus simple, tout deviendra plus difficile et plus dangereux. Ce chemin conduirait à une impasse et mènerait au danger d'une escalade régionale", a averti le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

Cet accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, est censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique tout en sortant le pays de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l'étranglaient. Lundi, Hassan Rohani a affirmé à la chaîne de télévision NBC que son pays avait choisi de rester pour l'instant dans l'accord.

Avec AFP

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