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Cour suprême : accusé d'agression sexuelle, Brett Kavanaugh jure de son innocence

Le magistrat candidat à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, entendu par le Sénat à Washington, le 27 septembre 2018.
Le magistrat candidat à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, entendu par le Sénat à Washington, le 27 septembre 2018. Michael Reynolds, Pool, AFP

Le juge Kavanaugh, candidat à la Cour suprême accusé d'agression sexuelle, a vigoureusement clamé son innocence jeudi devant le Sénat américain, dénonçant un "coup monté" politique. Donald Trump lui a renouvelé son soutien.

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Le juge Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, s'est vigoureusement défendu jeudi 27 septembre au Sénat, lors d'une audience publique historique, après le témoignage d'une universitaire l'accusant d'une agression sexuelle en 1982.

Visiblement très en colère et nerveux, parfois submergé par l'émotion, le magistrat conservateur de 53 ans a estimé que son processus de confirmation était devenu "une honte nationale". "Ma famille et ma réputation ont été détruites à jamais", a-t-il affirmé. "Tout ceci est un cirque", a déclaré le candidat à la Cour Suprême, clamant son innocence avec véhémence. "Personne ne me fera me retirer.”

Brett Kavanaugh a opposé sa carrière et son image de père de famille apparemment irréprochable à ce qu'il a appelé un "coup monté" politique.

Un témoignage "puissant, honnête et captivant", selon Trump

Les seules erreurs de jeunesse que le candidat à la Cour suprême a bien voulu concéder sont quelques bières de trop, alors qu'il était lycéen dans la banlieue cossue de Washington. Lui qui présente un pedigree impeccable pour la droite américaine a rejeté des témoignages le dépeignant comme un adepte de beuveries et de comportements déplacés à l'égard de ses camarades féminines de l'époque. Il s'est surtout défendu bec et ongles contre une accusation d'agression sexuelle sur une adolescente de 15 ans, quand lui-même en avait 17 au début des années 1980.

Dans un tweet, Donald Trump réitère son soutien à Brett Kavanaugh

Sitôt après la fin de l'audition, Donald Trump, dont la réaction était attendue, a renouvelé, dans un tweet, son soutien à Brett Kavanaugh. "Le juge Kavanaugh a montré à l'Amérique exactement ce pour quoi je l'ai nommé. Son témoignage était puissant, honnête et captivant", a déclaré le président américain. "La stratégie destructrice des démocrates est une honte et ce processus a été une imposture totale (...). Le Sénat doit voter !"

“Terrifiée”

L’accusatrice du juge Kavanaugh, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, avait auparavant témoigné pendant trois heures et demie. "Terrifiée" mais se disant habitée par le sens du "devoir", elle est revenue avec une émotion difficilement contenue sur cette soirée d'été entre lycéens, qui a "radicalement" changé sa vie.

Réactions de sénateurs

Selon elle, Brett Kavanaugh et son ami Mark Judge, "totalement ivres", l'ont isolée dans une chambre alors qu'elle se rendait aux toilettes. Après l'avoir poussée sur un lit, le futur juge se serait jeté sur elle, tentant de la déshabiller tout en la touchant partout sur le corps. "Je croyais qu'il allait me violer", a-t-elle assuré.

Questionnée sur la possibilité qu'elle puisse se tromper d'agresseur, la professeure de l'université de Palo Alto en Californie, s'est dite "absolument" sûre qu'il s'agissait bien de Brett Kavanaugh. "A 100 %."

"Cette affaire passionne car l'enjeu est colossal"

Le juge joue gros dans un contexte marqué par une prise de conscience des dommages infligés aux femmes par les violences sexuelles. Outre Christine Blasey Ford, deux autres femmes sont sorties de l'ombre.

Une ancienne camarade de Brett Kavanaugh, Deborah Ramirez, 53 ans, l'a accusé le 23 septembre d'avoir exhibé son sexe près de son visage lors d'une soirée arrosée à l'université de Yale. Un témoignage suivi trois jours plus tard de celui de Julie Swetnick, une fonctionnaire fédérale, qui a accusé l’intéressé d'avoir, lors de soirées arrosées, "tenté de soûler et de désorienter les filles à un point qu'elles pouvaient être violées en réunion". Elle s'est dite elle-même victime d'un viol collectif, alors que les deux amis – Brett Kavanaugh et Mark Judge – "étaient présents". Brett Kavanaugh nie toutes ces accusations.

Avec AFP

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