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Les "free parties", terrain d’expression d’une génération en quête de liberté

© Jérôme Clément-Wilz | Une soirée clandestine du collectif Pas-Sage, en Ile-de-France.

Texte par Louise WESSBECHER

Dernière modification : 01/10/2018

Présenté en avant-première au Red Bull Music Festival, le documentaire "Quand tout le monde dort" de Jérôme Clément-Wilz suit le rythme de vie effréné des jeunes du collectif Pas-Sage, organisateur de "free parties" dans toute l’Île-de-France.

On pourrait évidemment se dire que ces soirées clandestines ont tout intérêt à rester cachées. Et pourtant, lorsque Jérôme Clément-Wilz a approché le collectif francilien Pas-Sage pour le tournage de son documentaire, il n’y a pas eu l’ombre d’une hésitation. "Ils avaient un vrai besoin de voir leur histoire se raconter et d’emmener leur souterrain sur terre", explique le réalisateur de 28 ans à France 24.

VOIR AUSSI : L'anonymisation des lieux abandonnés : ce grand principe qui divise le monde de l'Urbex

Pendant quatre mois, Jérôme Clément-Wilz a suivi cette quinzaine de jeunes vingtenaires qui travaillent le jour comme serveur ou gardien de musée, et cherchent la nuit les meilleurs endroits abandonnés pour réunir des centaines de fêtards, d’un entrepôt en bordure du château de Versailles à un ancien fort militaire de Villejuif. "C’était un tournage sportif, il a fallu courir, ramper, escalader et s’accrocher à leur rythme de vie effréné", raconte-t-il. Mais au-delà d’un simple documentaire sur l’organisation – ô combien élaborée – de ces free parties, "Quand tout le monde dort" est surtout le panorama de toute une génération en quête de liberté.

"Le jour est de plus en plus surveillé et cette génération ressent de manière de plus en plus violente notre société actuelle, entre précarité du travail et sécurisation de l’espace public", avance Jérôme Clément-Wilz. Alors pour le Pas-Sage et leurs aficionados, la nuit est un espace affranchi de toute oppression, "une zone d’autonomie temporaire" où ils inventent leurs propres codes. Non sans sériosité. Le choix des lieux est soumis au vote à main levée, les terrains sont nettoyés de tout ce qui pourrait présenter un danger pour les teufeurs, et Zano, le président du collectif, incite les membres à remplir des notes de frais en bonne et dûe forme pour qu’ils soient remboursés. "Une autonomie ça se construit, ça s’organise, ça se discute. En fait, c’est aussi un film sur la démocratie, sur le corps collectif", insiste celui à qui l’on doit déjà les documentaires "Être cheval" ou "Un baptême du feu".

"Garder une trace" d'un moment éphémère

Outre les jolies images de nuit où les visages sont éclairés à la lumière des lampes de téléphones portables, on retiendra aussi de chouettes moments d’amitié de cette bande de potes avide de liberté, qui accueille le coming out d’un des leurs avec bienveillance et simplicité. À l’issue de la projection du Red Bull Music Festival où ils découvraient pour la première fois ces images d’eux, l’émotion des membres du Pas-Sage était palpable, ravis de voir qu’on leur laissait enfin la place et la parole. "En fait j’ai parfois l’impression d’être un photographe de mariage, je fais des films pour que les petits enfants de mes personnages comprennent", conclut en souriant Jérôme Clément-Wilz. "Car même si ce moment sera révolu demain, il mérite qu’on en garde une trace"

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Première publication : 27/09/2018

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