Accéder au contenu principal

Trump évoque pour la première fois une solution à deux États entre Israéliens et Palestiniens

Donald Trump a tenu une conférence de presse à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le 26 septembre 2018
Donald Trump a tenu une conférence de presse à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le 26 septembre 2018 John Moore, Getty Images North America, AFP

C'est un tournant dans le positionnement de Donald Trump sur le conflit israélo-palestinien : le chef d'État américain a émis, mercredi, une préférence pour une solution à deux États, et promis un accord "équilibré" d'ici quatre mois.

Publicité

"J'aime bien la solution à deux États", a déclaré pour la première fois le président américain, au sujet du conflit israélo-palestinien. Donald Trump ne s'était jusque-là jamais prononcé en faveur de cette voie, privilégiée par ses prédécesseurs et la communauté internationale. En marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, mercredi 26 septembre, le chef d'État américain a promis de présenter son plan de paix "équilibré" d'ici quatre mois.

"Je pense vraiment que quelque chose va se passer. C'est mon rêve d'y parvenir avant la fin de mon premier mandat", en janvier 2021, a-t-il lancé lors d'une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Donald Trump s'est dit convaincu "à 100 %" que les Palestiniens, qui ont gelé tout contact avec l'administration américaine depuis qu'elle a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël fin 2017, reviendront à la table des négociations.

"Je pense que les deux États vont voir le jour", a-t-il ajouté un peu plus tard devant la presse. Même si c'est "un peu plus difficile", "cela marche mieux parce que chacun gouverne de son côté", a-t-il expliqué. Il n'a pas précisé si c'est ce que proposera le plan de paix concocté dans le plus grand secret par son gendre et conseiller Jared Kushner.

"Si les Israéliens et les Palestiniens veulent un État, c'est OK pour moi. S'ils veulent deux Etats, c'est OK pour moi", a-t-il assuré. "Je suis un facilitateur". Mais le plan sera, a-t-il promis, "équilibré", car Jared Kushner, s'il "adore Israël", sait que "tout le monde doit être satisfait".

Pour la première fois également, l'occupant de la Maison Blanche a d'ailleurs donné un calendrier pour la présentation de cette proposition, maintes fois reportée. "Dans les deux, trois ou quatre mois", a assuré Donald Trump, qui rêve d'aboutir à "l'accord ultime" entre Israéliens et Palestiniens là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

>> Voir l'entretien avec Ahed Tamimi : "Tout Palestinien résiste à l'occupation dès sa naissance"

Obstinément confiant

La ligne officielle de l'administration Trump consistait jusqu'ici à soutenir une solution qui aurait la faveur des deux camps, israélien et palestinien, sans pousser ni rejeter les deux États.

"La solution des deux États a complètement disparu du paysage politique israélien et n'existe que dans les rappels que nous en faisons, nous Européens. Les États-Unis se refusent depuis l'élection de Trump à y faire référence", déplorait encore récemment un diplomate européen.

Il s'agit donc d'un tournant. Mais malgré ce pas en direction des revendications des Palestiniens, ces derniers estiment que cela ne suffit pas pour renouer le dialogue rompu.

Ces propos "vont à l'encontre de leurs actes, et leurs actes détruisent clairement toute possibilité d'une solution à deux États", a déclaré à l'AFP Hossam Zomlot, chef de la mission diplomatique palestinienne à Washington, fermée il y a peu par l'administration américaine.

>> Voir le débat sur l'ambassade américaine à Jérusalem : "Reste-t-il un espoir de paix ?"

Processus de paix moribond

La fermeture de cette représentation était la dernière d'une avalanche de mesures spectaculaires prises par Donald Trump contre les Palestiniens depuis que ces derniers lui ont dénié, après sa décision sur Jérusalem, tout rôle de médiateur dans le processus de paix moribond.

Washington a notamment coupé quasiment toute son aide bilatérale et a mis fin à son financement de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA, dont les États-Unis étaient le premier contributeur.

>> Voir le reportage en Cisjordanie occupée : les habitants du village de Khan al Ahmar menacés d'expulsion, l'opposition s'organise

Faisant fi de ce contexte plus tendu que jamais, le président américain s'est montré obstinément confiant. "Je crois que nous allons aboutir à un accord", a-t-il dit.

Mahmoud Abbas et Benjamin Nétanyahou auront l'occasion de s'exprimer sur le sujet, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi 29 septembre. "Le premier réclamera une approche multilatérale au conflit, hors de la médiation compromise des US. Le second parlera d'abord de l'Iran, sans doute, comme les années précédentes", estime Piotr Smolar, correspondant du Monde à Jérusalem, sur Twitter.

"Nous ne renoncerons pas au contrôle sécuritaire à l'ouest du Jourdain", y compris en Cisjordanie, a affirmé Benjamin Netanyahu devant des journalistes, sans toutefois se prononcer directement sur la création d'un vrai État palestinien.

Pour l'organisation juive américaine J Street, Donald Trump et son gouvernement "doivent être jugés sur leurs actes, pas sur leurs mots". "Or leurs actes sont clairs: ils n'ont aucune intention de promouvoir une véritable paix entre Israéliens et Palestiniens", ajoute-t-elle, estimant que l'idée de formuler "un plan de paix crédible" dans le contexte actuel est tout simplement "absurde".

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.