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"Non, pas lui !" : les Brésiliennes mobilisées contre le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro

Des dizaines de milliers de Brésiliennes manifestent samedi 29 septembre à Rio derrière la banderole "Les femmes en marche contre le fascisme".
Des dizaines de milliers de Brésiliennes manifestent samedi 29 septembre à Rio derrière la banderole "Les femmes en marche contre le fascisme". Anaël Dang pour France 24

À moins d'une semaine de la présidentielle au Brésil, le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro est le favori des sondages. Mais il peine à séduire l’électorat féminin, dont une partie se mobilise pour tenter de lui faire barrage. Reportage.

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Au cri de "Ele Não", ("Non, pas lui !"), des dizaines de milliers de Brésiliennes se sont rassemblées, samedi 29 septembre, à Rio de Janeiro et São Paulo, pour dénoncer la candidature de Jair Bolsonaro, ce député d'extrême droite réputé pour ses nombreux dérapages machistes. L'ancien officier, qui a révélé son admiration pour la dictature militaire au pouvoir entre 1964 et 1985, a notamment minimisé la gravité du viol ou justifié l'écart des salaires entre hommes et femmes.

"J’ai eu 4 fils, et puis j’ai eu une faiblesse, j’ai fait une fille", a également affirmé le politicien de 63 ans. Plus récemment, lors de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2018, alors qu'il avait été interrogé sur une éventuelle hausse du quota de femmes dans son gouvernement s’il était élu, il a répondu : "Concernant les femmes, vous voulez le retour de Dilma [Rousseff], c’est ça ? Ce n’est pas une question de genre. On doit être compétant, c’est tout. Si je mets des femmes, je vais devoir aussi mettre des noirs ?"

Au cri de "Ele Não" ("Non, pas lui!"), des dizaines de milliers de Brésiliennes ont manifesté samedi 29 septembre contre le candidat d'extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro. Anaël Dang pour France 24.

"Les femmes contre Bolsonaro" réunit 4 millions de personnes

Alors que Jair Bolsonaro caracole en tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle du 7 octobre, les Brésiliennes ont lancé une offensive en septembre en se rassemblant sur Facebook. À l’initiative de Maria Tuca Santiago, le groupe "Les femmes contre Bolsonaro" a fédéré plus de 4 millions de personnes dans tout le pays.

Derrière cette détermination à "barrer la route à l'extrême droite", de nombreuses électrices restent indécises quant au nom qu'elles mettront dans l’urne dimanche, à l'image de Morgannah Braga qui manifestait samedi derrière la banderole "Sans les femmes, il n’y a pas de révolution". "La seule personne capable de représenter une femme, c’est une femme, commente la jeune de 18 ans, qui votera pour la première fois dimanche. Dans le monde politique, les hommes sont entre eux, donc les femmes ne sont pas bien représentées", ajoute-t-elle, tout en déplorant que seules deux femmes soient en lice à l'élection présidentielle.

À quelques jours du scrutin, elle hésite encore entre Fernando Haddad du Parti des travailleurs (PT), qui "a des promesses et des point-de-vue féministes", Guilherme Boulos du Parti socialiste (PSOL), crédité de seulement quelques points, qui "parle beaucoup de la cause féministe". "Le féminisme prend de plus en plus de place dans les discours et les promesses politiques", constate-t-elle. "Et c’est en partie grâce à la pression qu’on leur met ici, dans la rue”.

Les pro Bolsonaro contre-attaquent

Pour contrer cette mobilisation anti-Bolsonaro – environ 50 % d'entre elles assurant qu'elles ne voteraient jamais pour lui –, des mouvements féministes apparaissent sur les réseaux sociaux et dans les rues depuis quelques jours pour redorer l’image de leur candidat. Pour elles, c'est "le seul candidat à défendre et protéger les femmes chez elles et dans les rues", surfant ainsi sur la problématique sécuritaire.

Alors que les Brésiliennes représent 53 % de l'élecorat, le vote des femmes constitue un véritable enjeu à chaque présidentielle, "comme une ritournelle", estime Ivar Hartmann, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas, à Rio de Janeiro. "Tous les candidats souhaiteraient avoir le vote des femmes de leur côté, explique l'analyste. Le problème est qu’ils ont tous une partie de leur programme qui ne correspond pas aux valeurs féministes".

"Notre culture est profondément machiste et conservatrice. On aime croire que nous sommes beaucoup plus modernes que nos voisins latinos, mais c’est faux", assure Ivar Hartmann. Le pays a beau avoir été dirigé par une femme, Dilma Rousseff, pendant six ans, jamais une élection n’aura été aussi monopolisée par les hommes.

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