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Bytedance, la start-up chinoise prête à conquérir le monde

La start-up chinoise Bytedance pourrait valoir 75 milliards de dollars.
La start-up chinoise Bytedance pourrait valoir 75 milliards de dollars. iStock

Inconnue du grand public, la start-up chinoise Bytedance est sur le point de devenir financièrement plus importante qu’Uber. Ambitieuse, elle compte bien faire de l’ombre à des pointures telles que Alibaba, Tencent ou encore Facebook.

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Toutiao, TikTok, Xigua, Pipixia et d’autres. Des noms d’applications qui n’évoquent rien ou presque aux internautes américains ou européens. Elles font pourtant partie de l’empire Bytedance, une entreprise chinoise appelée à devenir LA start-up qui pèse financièrement le plus lourd au monde, même devant Uber, rapportent le Wall Street Journal et Bloomberg, dimanche 30 septembre.

Bytedance est sur le point de boucler une levée de fonds au terme de laquelle elle serait valorisée 75 milliards de dollars, soit 5 milliards de dollars de plus que le célèbre service américain de VTC. Des investisseurs parmi les plus puissants au monde, tels que l’Américain KKR ou le Japonais SoftBank Group, se pressent pour prêter de l’argent à Yiming Zhang, le fondateur de Bytedance, que l'on compare de plus en plus à Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.

De l’agrégateur d’actus aux vidéos très courtes

Fondé il y a seulement six ans, Bytedance n’a pourtant rien d’un réseau social. À l’origine du succès de cette start-up, il y a Toutiao, un agrégateur d’informations, du type de Google actu, mais plus dopé encore à l’intelligence artificielle (IA). Un algorithme analyse les habitudes de navigation sur Internet et le type d’articles lus pour proposer aux utilisateurs une sélection d’actualités susceptibles de les intéresser. Une formule qui a séduit près de 600 millions d’entre eux et a propulsé Toutiao en tête des applications d’actualité en Chine.

Un succès qui a pris les trois géants chinois de l’Internet – Baidu, Tencent et Alibaba – par surprise. Miser sur l’accès à l’information comme moteur de croissance, dans un pays où la censure est omniprésente, semblait être un pari des plus risqués. Bytedance a même eu maille à partir avec les autorités, qui ont fermé temporairement l'agrégateur d'informations, mais face à l’absence de réelle alternative, Jinri Toutiao n’a pas eu de mal à trouver son public.

Par ailleurs, Yiming Zhang, un ingénieur informatique qui avait tout juste 29 ans lorsqu’il a fondé Bytedance, a rapidement compris que la vidéo était le média favori de la jeune génération. Il a ajouté, tour à tour, Xigua Video, Hypstar ou encore TikTok à son catalogue, permettant à la jeune pousse d’attirer 300 millions d’aficionados. Autant de services qui ont mis l’accent sur les vidéos courtes dès le début des années 2010, soit avant Instagram ou Snapchat.

En 2017, quatre des cinq appli les plus populaires en Chine étaient détenues par Bytedance. Un succès que les géants chinois du secteur ne voient pas d’un très bon œil. Yiming Zhang est l’un des rares entrepreneurs à ne pas avoir sollicité d’argent de Tencent ou Alibaba. Son but est, d’ailleurs, de faire de l’ombre à ces grands groupes qu’il considère comme la “vieille garde” chinoise de l’Internet.

Des salaires de 3 millions de dollars par an ?

Mais l’homme d’affaires ne compte pas uniquement sur la Chine pour croître. “C’est un entrepreneur en série très ambitieux qui fera tout pour conquérir le monde”, assure le site Technode, spécialiste du secteur chinois des nouvelles technologies. La stratégie à l’internationale de Bytedance passe essentiellement par des acquisitions. En novembre 2017, il a dépensé un milliard de dollars pour acheter le réseau social musical pour adolescent Musical.ly et 86 millions d’euros pour mettre la main sur News republic, un agrégateur d’actualité d’origine française.

La start-up essaie aussi d’attirer les “meilleurs talents” mondiaux de l’IA pour concurrencer les Google, Amazon ou Facebook. Pour ce faire, Yiming Zhang a promis des salaires pouvant aller jusqu’à 3 millions de dollars par an pour les as de l’IA.

Cette stratégie d’expansion agressive menace non seulement Tencent, Alibaba & Co., mais aussi Facebook et Google, assure Michael Spencer, journaliste spécialiste de l’écosystème tech chinois. “Mark Zuckerberg devrait s’y intéresser de plus près : je pense que Bytedance va éclipser Facebook dans le futur”, écrit-il.

Mais cet avenir n’est pas à portée de clic. La start-up chinoise n’est, pour l’heure, pas encore rentable, et Bytedance assure que sa priorité du moment demeure la croissance à tout prix. Le véritable test pour jauger de l’importance de cette société chinoise sera son introduction en Bourse. Bloomberg estime qu’elle devrait intervenir dans le courant de l’année 2019. Une fois cotée, Bytedance devra rapidement prouver qu’elle peut également dégager des profits pour les actionnaires.

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