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Un an après le référendum en Catalogne, le camp indépendantiste reste divisé

Le parlement de la Catalogne, à Barcelone, après la manifestation du 1er octobre.
Le parlement de la Catalogne, à Barcelone, après la manifestation du 1er octobre. Pau Barrena, AFP

Des échauffourées ont opposé militants indépendantistes radicaux et forces de l'ordre lundi soir à Barcelone à la fin de la manifestation marquant le premier anniversaire du référendum d'autodétermination interdit par Madrid.

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Marquée par les actions coup de poing des militants les plus radicaux et des échauffourées avec la police, la commémoration du premier anniversaire du référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par Madrid a souligné lundi 1er octobre les divisions au sein du camp indépendantiste.

À l'issue de la manifestation ayant rassemblé quelque 180 000 personnes dans les rues de Barcelone pour réclamer l'instauration d'une république indépendante en Catalogne, des échauffourées ont éclaté entre les indépendantistes radicaux et les forces de l'ordre régionales, contrôlées par l'exécutif catalan du séparatiste Quim Torra.

Des centaines de manifestants ont renversé peu après 21h00 locales les barrières protégeant l'entrée du parlement régional. Certains militants radicaux, le visage masqué, ont tenté de faire des barricades avec des poubelles renversées et lancé des pierres sur les Mossos d'Esquadra qui ont répliqué en chargeant. Ces tensions et les actions coup de poing menées tout au long de la journée ont souligné les divisions entre la base du camp séparatiste et le gouvernement régional.

Quim Torra a assisté à la manifestation mais a été copieusement sifflé par la foule qui lui reproche de ne pas braver l'autorité de l'État espagnol. "Le peuple commande. Gouvernement, désobéis !", lui ont lancé les manifestants.

Routes et voies de TGV coupées

Plus tôt dans la journée, les Comités de défense de la République (CDR), groupes séparatistes radicaux, ont coupé un temps certains axes névralgiques de la ville.

À Gérone, à 100 kilomètres au nord-est de Barcelone, des centaines de membres des CDR, le visage masqué, avaient bloqué les voies de chemin de fer, interrompant temporairement la circulation du train à grande vitesse reliant Figueras à Barcelone.

Les autoroutes A7, en direction de Valence, et A2, en direction de Madrid, ont elles aussi été bloquées. Les militants des CDR ont également enlevé le drapeau espagnol du siège du gouvernement catalan à Gérone. Samedi, des militants radicaux avaient déjà affronté la police régionale à Barcelone dans des heurts qui ont fait une trentaine de blessés.

Malgré les critiques à son encontre, Quim Torra a salué lundi l'action des CDR "qui font bien de mettre la pression". "Tout a commencé le 1er octobre et tout nous ramène au 1er octobre. C'est le moment où nous avons décidé collectivement et démocratiquement notre autodétermination, ce qui est la plus grande chose qu'un peuple puisse faire quand il est libre", a poursuivi Torra.

Le 1er octobre 2017, les indépendantistes catalans étaient parvenus à organiser un référendum, strictement interdit par Madrid et marqué par des violences de la police nationale venue empêcher le vote, dont les images avaient fait le tour du monde.

Selon les organisateurs de ce vote déclaré illégal, 2,3 millions d'électeurs, sur un total de 5,5 millions, y avaient participé et 90 % avaient dit "oui" à une république catalane indépendante.

"Rien à célébrer" pour le gouvernement

Ce référendum fut "un acte illégal, comme l'a dit la justice et qui n'eut aucune conséquence juridique. Le 1er octobre est un jour de triste mémoire, il n'y a rien à célébrer", a réagi la porte-parole du gouvernement socialiste espagnol, Isabel Celaa. Elle a toutefois jugé que les violences policières lors du référendum avaient "porté gravement atteinte à la réputation de l'Espagne".

Le référendum du 1er octobre 2017 avait été suivi le 27 d'une proclamation d'indépendance unilatérale de la Catalogne par les députés séparatistes au parlement régional.

Le gouvernement espagnol, alors dirigé par le conservateur Mariano Rajoy, avait immédiatement mis la région sous tutelle, dissous le parlement, destitué le gouvernement régional et convoqué de nouvelles élections à l'issue desquelles les indépendantistes ont conservé leur majorité.

Comme l'ancien président de la région Carles Puigdemont, exilé en Belgique, une partie des membres du gouvernement régional se sont enfuis à l'étranger tandis que d'autres ont été incarcérés. Le procès des dirigeants séparatistes inculpés pour rébellion et qui risquent jusqu'à 25 ans de prison doit s'ouvrir en janvier prochain.

Avec AFP

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