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La France accuse le renseignement iranien d'avoir commandité l'attentat déjoué de Villepinte

Les ministres français Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire accusent l'Iran dans un communiqué.
Les ministres français Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire accusent l'Iran dans un communiqué. Ludovic Marin, AFP (archives)

Paris a gelé, mardi 2 octobre, les avoirs de deux ressortissants iraniens et ceux de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, en raison d'un lien présumé avec un attentat déjoué à Villepinte le 30 juin 2018.

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Le ton monte entre la France et la République islamique d'Iran, alors que Paris a gelé mardi 2 octobre les avoirs de deux ressortissants iraniens et de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, attribuant à Téhéran la responsabilité d'un attentat déjoué contre un rassemblement d'opposants à Villepinte, près de la capitale française, le 30 juin. Des accusations rejetées avec fermeté par les Iraniens.

Les autorités françaises ont lancé mardi une offensive contre des intérêts iraniens ou chiites en France, certaines cibles étant soupçonnées par Paris d'être derrière l'attentat déjoué.

"Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse", écrivent les ministres de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Économie, respectivement Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire, dans un communiqué commun.

"La France a pris des mesures préventives ciblées et proportionnées sous la forme de l'adoption des mesures nationales de gels des avoirs de M. Assadollah Assadi et de M. Saeid Hashemi Moghadam, ressortissants iraniens, ainsi que de la Direction de la sécurité intérieure du ministère du Renseignement iranien", ajoutent-ils.

"Une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran"

Ces mesures, valables pour une durée de six mois, se sont traduites par un arrêté publié mardi au Journal officiel. Pour Jean-Yves Le Drian, cité dans le communiqué du gouvernement, "l'attentat déjoué à Villepinte confirme la nécessité d'une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran".

Le ministère iranien du Renseignement a "commandité" le projet d'attentat contre un rassemblement d'opposants à Villepinte, a déclaré mardi, quelques minutes après la publication du communiqué, une source diplomatique française citée par l’AFP, sous couvert d'anonymat.

De son côté, Téhéran a fermement démenti les accusations françaises. "Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l'arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate", déclare le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, dans un communiqué transmis à la presse.

"Nous appelons les autorités françaises à faire preuve de réalisme vis-à-vis de l'Iran et nous mettons une fois encore en garde contre les mains des ennemis qui cherchent à saboter les relations de longue date entre l'Iran et la France et d'autres pays européens importants", ajoute le texte.

En juillet, un "attentat terroriste" contre un rassemblement de l'opposition iranienne à Villepinte a été déjoué grâce à l'arrestation à Bruxelles d'un couple d'origine iranienne en contact avec Assadollah Assadi, diplomate iranien interpellé en Allemagne. Il devrait être remis à la justice belge conformément à la décision rendue lundi par un tribunal allemand.

Téhéran avait alors démenti toute implication et accusé le parti d'opposition présumé visé, les Moudjahidines du peuple, d'avoir monté toute l'affaire.

Tension croissante entre Paris et Téhéran

À la suite de ce projet d'attentat, les relations se sont tendues ces derniers mois entre Paris et Téhéran. Début septembre, les Iraniens ont notamment accusé les autorités françaises d'avoir tardé à réagir après une manifestation de militants kurdes devant l'ambassade d'Iran à Paris, dont des vitres avaient été brisées par des jets de projectiles.

Selon une note révélée fin août par Reuters, la France a par ailleurs recommandé à ses diplomates et représentants de reporter tout voyage en Iran en raison de risques sécuritaires et d’un "durcissement" des autorités iraniennes.

Dans l'attente d'éclaircissements de la part de la République islamique, la nomination d'un ambassadeur de France à Téhéran – pour remplacer François Sénémaud nommé en juin représentant personnel d'Emmanuel Macron pour la Syrie – a quant à elle été mise en suspens.

"Je ne dirais pas qu'il y a un lien direct entre les deux mais Téhéran nous a promis des éléments objectifs qui permettront de poursuivre nos relations diplomatiques, telles qu'elles existent aujourd'hui, dans les prochaines semaines", avait indiqué mi-septembre un conseiller du président français.

La question de l'ambassadeur a été "mentionnée" lors de l'entretien entre Emmanuel Macron et le président Hassan Rohani la semaine dernière en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Les éléments "factuels" promis par les autorités iraniennes n'ont pas "été transmis" au président français lors de cet entretien, avait fait savoir l'Élysée. Le communiqué commun de mardi ne fait aucune mention de ces éléments.

Avec AFP et Reuters

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