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Gérard Collomb, de hérault à pourfendeur de la macronie

Gérard Collomb lors d'un discours à Lyon, le 29 septembre 2018.
Gérard Collomb lors d'un discours à Lyon, le 29 septembre 2018. Jeff Pachoud, AFP

Emmanuel Macron avait catapulté place Beauvau celui qui fut longtemps considéré comme son plus fidèle soutien. Mais le compagnonnage avec Gérard Collomb, inoxydable baron lyonnais, a fini par tourner brutalement à la rupture.

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Gérard Collomb et Emmanuel Macron, c'est l'histoire d'un étonnant mariage entre le vieux briscard aux quarante années de vie politique – incarnation du "Vieux Monde" tant vilipendé – et le jeune loup qui s'est propulsé en quelques mois à la tête de l'État.

Là où Emmanuel Macron a grillé toutes les étapes avant d'atteindre l'Élysée, Gérard Collomb a gravi marche après marche les étapes d'une carrière politique où rien ne lui fut acquis. Entré au conseil municipal de Lyon en 1977, année de naissance du président de la République, cet ex-professeur de lettres classiques a cumulé toutes les charges électives. Après trois échecs, il fait basculer Lyon en 2001, bastion réputé inexpugnable du centre et de la droite. Il y mènera une politique urbanistique ambitieuse et tournée vers le développement économique.

Longtemps en marge avant d'être en Marche, Gérard Collomb – éternel outsider du Parti socialiste (PS) – a attendu que sa famille politique le récompense d'un poste au gouvernement, en vain. "Il y a quelques années, j'avais l'ambition d'être ministre mais cela m'avait passé", confiait-il au printemps à l'AFP. Son "coup de foudre" avec Emmanuel Macron, en qui il a vu l'incarnation nationale de son social-réformisme local, a tout changé.

"Relation quasiment fusionnelle" avec Macron

Avec l'ex-ministre de l'Économie, l'aventure commence dès l'été 2015 à Léognan (Gironde), où l'aile droite du PS avait convié celui que le reste du parti boudait à La Rochelle.

Puis en juin 2016, alors que le futur président était encore à Bercy mais avait déjà lancé son mouvement, le maire de Lyon lui déroule le tapis rouge à l'Hôtel de Ville pour une rencontre avec les forces vives de la métropole. Une réception qui, depuis fin juin 2018, est au cœur d'une enquête préliminaire confiée à la police judiciaire pour détournements de fonds publics, après une plainte d'élus de droite.

>> À lire : Enquête sur un possible financement irrégulier de la campagne d'Emmanuel Macron

Longtemps, Gérard Collomb confessera une "relation quasiment fusionnelle, filiale" avec Emmanuel Macron. Lors de l'investiture du président, il ne peut retenir ses larmes.

Ministre de l'Intérieur, il prend plusieurs initiatives : vote d'une loi antiterroriste – critiquée par les défenseurs des libertés publiques –, lancement d'une police de sécurité du quotidien – qui ne convainc guère en interne – ou encore une réforme, décriée, de l'asile et de l'immigration. Place Beauvau, il n'a que quelques mètres à parcourir pour rejoindre l'Élysée, où chaque semaine, il rencontre Emmanuel Macron.

Critiques, affaire Benalla et démission forcée

Mais la greffe peine à prendre. Gérard Collomb est moqué pour son verbe parfois brouillon, ses gaffes ou ses nombreux voyages lyonnais. Un syndicaliste policier cingle : "Qu'il soit là ou pas, c'est la même chose". En interne, l'annonce de son départ est régulièrement pronostiquée.

Celle-ci finit par tomber à la rentrée 2018. Au détour d'une interview, le ministre annonce mi-septembre sa candidature à Lyon pour les municipales de 2020 et son futur départ du gouvernement. Si le principe d'un retour entre Rhône et Saône n'étonne personne, le timing de l'annonce sidère jusqu'à son proche entourage.

N'est-elle dictée "que par des considérations locales", comme l'affirme un ex-proche qui se dit "consterné" ? Collomb n'a jamais su couper le cordon avec sa ville de cœur mais difficile de ne pas y voir les effets de l'affaire Benalla, qui a écorné sa relation avec le président.

Le ministre finit par présenter sa démission lundi 1er octobre. Premier refus du chef de l'État. Gérard Collomb repart à la charge le lendemain dans un entretien au Figaro. Et Emmanuel Macron attend maintenant "les propositions du Premier ministre" pour le remplacer.

Avec AFP

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