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Le Kurde Barham Saleh élu président de l'Irak

Barham Saleh lors d'une interview à Sulaimaniyah, en Irak, le 8 mai 2018.
Barham Saleh lors d'une interview à Sulaimaniyah, en Irak, le 8 mai 2018. Ako Rasheed, Reuters

Le Kurde Barham Saleh, candidat le plus consensuel pour le pouvoir central à Bagdad, a été élu, mardi, président de l'Irak par le Parlement. Un revers cuisant pour Massoud Barzani, l'ancien président du Kurdistan autonome, qui soutenait son rival.

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Barham Saleh, 58 ans, a été élu, mardi 2 octobre, président de l'Irak par le Parlement. Avec 219 voix, contre 22 pour son concurrent, l'ancien vice-Premier ministre irakien devance largement Fouad Hussein, ce qui représente un nouveau coup dur pour Massoud Barzani, l'ancien président du Kurdistan autonome dont le référendum d'indépendance avait tourné au fiasco en 2017. Fouad Hussein a été durant plus d'une décennie son directeur de cabinet.

L'élection par le Parlement du président – un poste honorifique dans un pays où le pouvoir est en réalité entre les mains du chef de gouvernement – relève habituellement de la formalité en Irak. Ce poste était jusqu'alors réservé à l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) du défunt président irakien Jalal Talabani, en vertu d'un accord tacite avec son rival, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani.

Le processus électoral conduisant Barham Saleh à la victoire a été marqué par de multiples rebondissements. Repoussée plusieurs fois, l'élection a été perturbée par des coups de théâtre : à l'issue du premier tour, au cours duquel aucun des deux candidats n'est parvenu à rassembler les deux tiers des voix nécessaires, les députés du PDK ont annoncé le retrait de Fouad Hussein. Retrait rejeté par le Parlement, qui a ordonné un second tour à la majorité simple.

Un poste honorifique généralement réservé aux Kurdes

Barham Saleh, ingénieur en informatique diplômé en Grande-Bretagne, peut se targuer d'une longue carrière politique, tant au Kurdistan, autonome depuis 1991, qu'au sein des autorités fédérales à Bagdad où il a notamment été ministre de la Planification après les premières élections multipartites en 2005.

Depuis cette date, dans la foulée de l'invasion emmenée par les États-Unis qui a renversé Saddam Hussein, la coutume est de réserver le poste honorifique de président à un Kurde. L'UPK a toujours obtenu ce poste, tandis que le PDK tenait la présidence du Kurdistan.

>> À lire : Au Kurdistan, des élections législatives sous le signe de la résignation

Les deux partis attendent désormais les résultats des législatives au Kurdistan. Ils doivent être connus d'ici mercredi 3 octobre et révèleront les nouveaux rapports de force dans la région, un an après les représailles de Bagdad au référendum d'indépendance controversé.

Premier ministre, le prochain poste à pourvoir

Fouad Hussein, un chiite comme la plupart des politiciens irakiens influents et contrairement à l'immense majorité des Kurdes, avait brièvement siégé à Bagdad au sein des autorités intérimaires installées par le commandement militaire américain après l'invasion de 2003.

Officiellement, Fouad Hussein n'est pas membre du PDK. Mais pour ses détracteurs, il est l'homme de Massoud Barzani. En face de lui, Barham Saleh, un sunnite, est suffisamment consensuel pour convaincre à Bagdad.

Après l'élection en septembre du président du Parlement, un sunnite, Mohammed al-Halboussi, et celle du président de la République, il ne restera plus qu'un poste-clé à pourvoir : celui de Premier ministre, réservé à un chiite.

Barham Saleh a désormais 15 jours pour charger le candidat désigné par la plus large coalition au Parlement de former un gouvernement.

Avec AFP

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