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Projet d'attentat en France : Paris ne gèle pas ses relations avec l'Iran

Le président iranien, Hassan Rohani, lors d'une interview sur la télévision iranienne, le 6 août 2018.
Le président iranien, Hassan Rohani, lors d'une interview sur la télévision iranienne, le 6 août 2018. Présidence iranienne, AFP

Alors que les tensions sont vives entre Paris et Téhéran depuis que les autorités françaises ont mis en cause l'Iran dans un projet d’attentat près de Paris, la France a annoncé, mercredi, que la priorité est de sauver l’accord sur le nucléaire.

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"Il n’y a pas, de quelque manière que ce soit, de gel des relations avec l’Iran" a indiqué, mercredi 3 octobre, une source diplomatique au sein du Quai d’Orsay à France 24. Cette déclaration intervient au lendemain de la mise en cause par les autorités françaises du gouvernement iranien dans un attentat contre le groupe d’opposition iranienne des Moudjahidine du peuple, déjoué à Villepinte, en banlieue parisienne, le 30 juin dernier.

Pour Paris, la Direction de la Sécurité intérieure du ministère du Renseignement iranien est derrière cette tentative d'attentat. En représailles, la France a annoncé mardi avoir gelé pour six mois les avoirs du ministère iranien soupçonné et de deux Iraniens dont Assadollah Asadi, un diplomate interpellé en Allemagne. "Il s’agit de faire passer un message : la France ne tolère pas d’activités terroristes sur son territoire" a expliqué la même source diplomatique, ajoutant que pour autant, le Quai d'Orsay ne change pas de position dans sa relation avec Téhéran, notamment pour la sauvegarde de l’accord nucléaire iranien.

La diplomatie française avait joué un rôle central dans la signature de cet accord, qui a ouvert la voie en 2015 au rétablissement des relations diplomatiques et commerciales avec la France et les pays de l’Union européenne.

>> À lire : Opération antiterroriste dans une association chiite du nord de la France

L’Iran a besoin de l’appui de Paris sur le dossier nucléaire

Dès fin juin, à la suite du projet d'attentat déjoué, les relations se sont tendues entre la France et l’Iran. Paris a gelé la nomination de son nouvel ambassadeur à Téhéran et recommandé à ses diplomates et représentants de reporter d’éventuels déplacements en Iran en raison de risques sécuritaires et d’un "durcissement" des autorités iraniennes.

La République islamique s’était contentée de "démentir avec véhémence" les accusations portées et d'appeler la France au "dialogue" afin de lever le "malentendu" autour de cette affaire. "Nous sommes dans un contexte de reprise des relations diplomatiques avec l’Iran, qu’on le veuille ou non, depuis la signature de l’accord sur le nucléaire iranien. Les réactions de Paris et de Téhéran n’auraient pas du tout été les mêmes si l’affaire de Villepinte avait eu lieu avant 2015", analyse le chercheur Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

>> À lire : Attentat déjoué en France, Téhéran appelle au dialogue avec Paris pour lever un "malentendu"

"L’Iran compte sur la France" explique le spécialiste. Téhéran a tout intérêt à rester en bons termes avec Paris car depuis le retrait américain de l’accord et le rétablissement des sanctions sous l’impulsion de Donald Trump, Paris continue d’œuvrer en coulisse pour le maintien de l’entente arrachée à Vienne en juillet 2015. "L’enjeu est international, il s’agit de la stabilité du Moyen-Orient" analyse le chercheur.

Une Europe à l’unisson sur la sauvegarde de l’accord sur le nucléaire

La France n’est pas la seule à tenir la ligne diplomatique du rapprochement. L’ensemble des membres de l’Union européenne s’entendent sur un maintien de l’accord avec les Iraniens. Ils ont d’ailleurs annoncé le 24 septembre la création d'un outil censé permettre aux entreprises européennes de contourner les sanctions américaines.

L'idée européenne est de créer une sorte de système de troc, le "véhicule à usage spécial" (SPV), comparable à celui utilisé par l'Union soviétique durant la guerre froide. Il devrait permettre d’échanger du pétrole iranien contre des produits européens sans transactions financières et d’éviter ainsi les sanctions sur les transactions commerciales en dollars.

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