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L'opposition ironise sur la démission de Gérard Collomb

Gérard Collomb a démissionné, mardi 2 octobre 2018, de son poste de ministre de l'Intérieur.
Gérard Collomb a démissionné, mardi 2 octobre 2018, de son poste de ministre de l'Intérieur. Ludovic Marin, AFP

Les réactions de l'opposition se multiplient depuis la démission du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dont la passation de pouvoir a eu lieu mercredi matin. Elles pointent notamment le déclin de l'autorité du président de la République.

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"Crise majeure", "cirque", "grand-guignol", "mauvais vaudeville". Alors que la passation de pouvoir a eu lieu, mercredi 3 octobre, vers 9 h 30, entre Gérard Collomb et le Premier ministre Édouard Philippe, qui va assurer l'intérim place Beauvau, l'opposition ironise sur la démission du ministre de l'Intérieur, refusée puis acceptée par le chef de l’État.

"Depuis début septembre, on voit bien que ce gouvernement, ce pouvoir autour d’Emmanuel Macron, parce que tout repose sur Emmanuel Macron, est en panique. Le gouvernement est paralysé. Trois ministres d’État ont quitté ce gouvernement : François Bayrou, Nicolas Hulot et Gérard Collomb. Et Nicolas Hulot et Gérard Collomb ont imposé leur calendrier à un président de la République dont on a l’impression qu’il ne maîtrise plus rien. Donc il y a une crise politique inédite et majeure", a estimé, mercredi 3 octobre, le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti (LR) sur RTL.

"C’est une crise grave. Il y a un vrai problème de management, de gestion des équipes de la part du président, un problème d’autorité à la fois du président et d’un Premier ministre qui ne voit plus les ballons passer", a renchéri mercredi matin le député de Seine-et-Marne Christian Jacob (LR) sur France Inter.

"Si le fidèle des fidèles [Gérard Collomb] est déçu à ce point, ça pose un vrai problème pour la suite du quinquennat", a estimé sur BFMTV-RMC le député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan (DLF). "Je serais Emmanuel Macron, je m'interrogerais sur [mon] comportement, sur [ma] politique je m'interrogerais vraiment, gravement", a-t-il ajouté, après avoir fustigé mardi un "bras d'honneur" de Gérard Collomb à l'encontre du président.

"Jupiter est tombé de l'Olympe"

Ces réactions s’ajoutent à celles, déjà nombreuses, de la veille. "Gérard Collomb dépose à nouveau sa démission. Ça va durer longtemps ce sketch ? Au moment où l'insécurité gangrène notre pays et où nos forces de l'ordre ont plus que jamais besoin d'une direction ! #CirquePinder", a ainsi écrit mardi sur Twitter la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen (RN, ex-FN).

"Nous assistons en même temps à un numéro inédit de grand-guignol et à une débandade. Après le numéro 2 du gouvernement, voilà le ministre de l'Intérieur qui claque la porte du gouvernement. Jupiter est tombé de l'Olympe", a déclaré sur le même réseau social le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

"Le feuilleton de la démission de Collomb n'a que trop duré. La sécurité du pays mérite mieux que ce spectacle de déconfiture gouvernementale", a tweeté le sénateur Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a tenté de répondre à ces critiques. "Il n'y a pas de crise politique. Je ne crois pas qu'il faille voir des crises politiques là où il n'y en a pas", a-t-il déclaré, invité de l'émission "Les Quatre vérités" sur France 2. "Les crises politiques, c'est quand une majorité qui a été élue pour faire une réforme par exemple renverse un gouvernement, ça c'est arrivé en 1962", a poursuivi le ministre, niant toute "vacance de pouvoir" en matière de sécurité, rappelant que "le pouvoir à Beauvau [était] assuré par le Premier ministre".

Une passation de pouvoir glaciale

La passation de pouvoir entre Gérard Collomb et Édouard Philippe a eu lieu mercredi matin, dans une ambiance glaciale. Les deux hommes ont prononcé quelques mots, quasiment sans échanger un regard, devant les membres du ministère réunis dans la cour du ministère de l'Intérieur.

Après s'être félicité de son action place Beauvau, Gérard Collomb a aussi déclaré qu'il avait "un message à faire passer" à son successeur à qui il a dressé un tableau sombre de certains quartiers, particulièrement à la périphérie de Marseille et Toulouse ainsi qu'en banlieue parisienne.

"La situation est très dégradée et le terme de reconquête républicaine prend dans ces quartiers tout son sens", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, c'est plutôt la loi du plus fort qui s'impose, des narcotrafiquants, des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République."

Avec AFP et Reuters

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