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Présidence Macron : démissions en série depuis quinze mois

Le premier gouvernement Macron à l'Élysée, le 18 mai 2017.
Le premier gouvernement Macron à l'Élysée, le 18 mai 2017. Philippe Wojazer, AFP

La démission de Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, confirmée hier, est la septième à toucher le gouvernement, en quinze mois d'exercice du pouvoir. Retour sur une série de déconvenues qui ont fragilisé le président de la République.

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C'est un nouveau coup dur pour Emmanuel Macron. Après la démission retentissante du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, le 28 août 2018, sur les ondes de France Inter, Gérard Collomb quitte pour de bon le gouvernement Macron, après plusieurs jours de confusion au sommet de l’État. Le ministre de l’Intérieur – et principal soutien du futur président dans sa marche vers le pouvoir – sera remplacé en intérim par le Premier ministre, Édouard Philippe, en attendant qu’un successeur lui soit trouvé.

Cette démission est la suite d’une longue série de démissions depuis la formation du gouvernement il y a quinze mois. La première vague a eu lieu en juin 2017.

L'impact des affaires

La première de ces démissions est celle de Richard Ferrand, un proche du Président, qui a été poussé à jeter l’éponge à sa demande. Le ministre de la Cohésion des territoires est alors empêtré dans une affaire immobilière suite à des révélations du Canard Enchaîné. L’hebdomadaire satirique avait révélé qu’en 2011,les Mutuelles de Bretagne, organisme privé dont Ferrand était le directeur général, avaient conclu un bail avec la SCI de la compagne de celui-ci, Sandrine Doucen, alors que celle-ci n’avait pas encore acquis le local.

Mis en cause dans des affaires, plusieurs ministres issus du MoDem ont dû rendre leur tablier. François Bayrou, alors ministre d'État, ministre de la Justice, faisant face à des accusations d’emplois fictifs au sein de son parti quitte rapidement le gouvernement. "Cette situation exposait le président de la République et le gouvernement. […] Je choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens", déclare-t-il alors dans une conférence de presse.

Puis c’est au tour de Marielle de Sarnez (MoDem), ministre des Affaires européennes, également visée par une enquête préliminaire sur les assistants parlementaires des eurodéputés du MoDem, de lâcher son portefeuille de ministre en juin 2017. Également impliquée dans la même affaire, Sylvie Goulard, ministre des Armées, renonce à son tour à son poste.

La seconde vague de départ se poursuit depuis la fin de l’été 2018, mettant Emmanuel Macron dans une situation compliquée, alors qu'il est en chute libre dans les sondages. Le 28 août, Nicolas Hulot, ministre d'État, prend le président par surprise en annonçant en direct à France Inter sa démission, en désaccord avec sa politique sur l’écologie, avec la présence de lobbies de la chasse à  des réunions élyséennes et en délicatesse avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, vainqueur de nombreux arbitrages. "Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur", explique-t-il alors. François de Rugy le remplace à ce poste le 4 septembre.

Quelques jours plus tard, Laura Flessel, la ministre des Sports fait de même. Le 5 septembre, en amont du remaniement qui se prépare, l'ancienne championne d'escrime annonce son départ du gouvernement pour des "raisons personnelles". Le Canard Enchaîné et Mediapart évoquent eux plutôt des démêlés avec le fisc. L'ancienne nageuse Roxana Maracineanu la remplace alors. La question pour le président est désormais de savoir s’il envisagera un remaniement plus global du gouvernement.

Avec le départ de Gérard Collomb, c'est donc le troisième ministre d'État qui pose (ou impose) sa démission au chef de l'État depuis son élection.

Avec AFP

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