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Brésil : Jair Bolsonaro, candidat d'extrême droite, décolle dans les sondages

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro lors du second débat présidentiel à la télévision brésilienne, le 17 août 2018.
Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro lors du second débat présidentiel à la télévision brésilienne, le 17 août 2018. Nelson Almeida, AFP

À trois jours de l'élection présidentielle au Brésil, le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro fait une nette percée dans les sondages. Au point que son élection dès le premier tour n'est désormais plus une hypothèse farfelue.

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Le candidat d’extrême droite brésilienne Jair Bolsonaro ne cesse de creuser l’écart dans les sondages, à quelques jours de l’élection présidentielle qui doit se tenir le 7 octobre  2018.

Mardi 2 octobre, l'institut de sondages Datafolha le créditait de 32 % au premier tour, soit 11 points de plus que le candidat de gauche Fernando Haddad (21 %), contre seulement 6 points d'écart vendredi dernier (28 % contre 22 %).

Si l'on considère uniquement les votes valides (en excluant les blancs et les nuls, comme ce sera le cas lors du scrutin), Datafolha a calculé que Jair Bolsonaro obtiendrait même 38 % des voix, contre 24 % pour Fernando Haddad.

Au deuxième tour, le 28 octobre, il l'emporterait par une courte marge (44 % contre 42 %), alors que le candidat du Parti des travailleurs était donné nettement vainqueur (45 % contre 39 %) il y a encore quelques jours.

>> À lire : Les favelas, grandes oubliées de la campagne présidentielle au Brésil

Le candidat d’extrême droite, poignardé lors d’un bain de foule début septembre, est sorti de l’hôpital samedi. L’hypothèse de sa victoire dès le premier tour de la présidentielle au Brésil n’est désormais plus inimaginable, selon plusieurs analystes.

"La semaine dernière, je ne l'aurais pas dit, mais aujourd'hui, je crois qu'il a des chances réelles d'être élu dès dimanche. Ce n'est pas le scénario le plus probable, mais c'est possible", affirme Sergio Praça, professeur de sciences politiques à la fondation Getulio Vargas.

Haine du Parti des travailleurs de Lula

Selon divers analystes, la poussée inattendue du candidat d’extrême droite s’explique par la haine croissante des Brésiliens contre le Parti des travailleurs (PT, gauche) formation de gauche de l'ex-président Lula Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption et remplacé au pied levé par Fernando Haddad.

"Je vois beaucoup d'électeurs de Bolsonaro qui n'ont jamais lu son programme, mais qui votent juste pour lui par haine du PT", souligne Geraldo Monteiro, directeur du centre de recherches sur la démocratie (CEBRAD) de l'université de l'État de Rio de Janeiro.

Une campagne sous le signe de la violence, le reportage de nos correspondants à Rio

Le débat s’est nettement polarisé. Les manifestations anti-Bolsonaro, qui ont rassemblé samedi 29 septembre des centaines de milliers de Brésiliennes indignées par les dérapages misogynes du candidat ont eu un effet contre-productif. Le sondage Datafolha publié mardi 2 octobre montre une nette progression du candidat d'extrême droite dans l'électorat féminin, passant de 18 à 24 %.

>> À lire : Les Brésiliennes dans la rue contre le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro

"Ces manifestations ont eu pour effet d'exacerber la polarisation et de nombreux électeurs indécis ont choisi leur camp", assure Geraldo Monteiro.

De son côté, le candidat de gauche a attribué la poussée dans les sondages de son principal adversaire à une campagne de fausses informations sur le réseau de messagerie WhatsApp. Le Parti des travailleurs a indiqué sur son site de campagne que durant les deux premières heures de fonctionnement, le numéro mis en place pour dénoncer ces fausses informations avait reçu plus de 5 000 signalements.

Parmi les "nouvelles absurdes" diffusées, le parti cite comme exemple un projet de persécutions des églises évangéliques, de confiscation de l'épargne des citoyens ou l'idée que les enfants à partir de cinq ans deviendraient propriété de l'État. "La  quantité [des ces messages] nous fait peur" a déclaré Fernando Haddad, pour qui les sondages "se situent dans ce qui était attendu".

Avec AFP

 

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