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Affaire Kavanaugh : trois élus républicains dénoncent les moqueries de Trump

Le président américain lors d'un meeting dans le Mississippi, mardi 2 octobre.
Le président américain lors d'un meeting dans le Mississippi, mardi 2 octobre. Mandel Ngan, AFP

En se moquant ouvertement de la femme qui accuse d'agression sexuelle le juge Brett Kavanaugh, Donald Trump s'est mis à dos mercredi des sénateurs républicains dont les voix seront décisives pour confirmer son candidat à la Cour suprême.

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"Odieux", "inacceptable". Aux États-Unis, des sénateurs républicains se sont élevés, mercredi 3 octobre, contre les propos moqueurs de Donald Trump envers Christine Blasey Ford, la femme qui accuse d'agression sexuelle le juge Brett Kavanaugh.

"Comment êtes-vous rentrée chez vous ? Je ne m'en souviens pas. Comment vous êtes-vous rendue sur place ? Je ne m'en souviens pas (...) Il y a combien d'années ? Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas", a lancé Donald Trump lors d'un meeting dans le Mississippi mardi, feignant d'imiter l’universitaire de 51 ans et faisant rire l’assistance.

"Évoquer un sujet aussi sensible dans un meeting n'est pas juste" et même "odieux", a commenté le sénateur Jeff Flake. Le président "a eu complètement tort de faire ces commentaires", a renchéri sa consœur Susan Collins. C'était "tout à fait inapproprié et même inacceptable", selon Lisa Murkowski.

Les voix de ces trois sénateurs républicains seront décisives pour confirmer la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême. Aux États-Unis, il revient au Sénat de donner son feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l'avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel...).

Les républicains y détiennent actuellement une courte majorité, avec 51 sièges sur 100. La plupart soutiennent sans ciller Brett Kavanaugh, mais les trois sénateurs en question avaient déjà émis des réserves et pourraient faire basculer le vote.

"Arrêter les attaques personnelles"

À l'heure du mouvement #MeToo et de la prise de conscience des dégâts causés par les violences sexuelles, la gêne était palpable dans le reste du groupe républicain. "Je demande à tout le monde d'arrêter les attaques personnelles contre le Dr Ford et sa famille, et contre le juge Kavanaugh et sa famille", a tweeté le chef de la commission judiciaire du Sénat Chuck Grassley.

Lors d'une audition au Sénat, jeudi, Christine Blasey Ford s'est dite sûre à "100 %" d'avoir été attaquée par le futur juge, mais a reconnu avoir oublié certains détails de son agression censée avoir eu lieu quand elle n'avait que 15 ans. Le magistrat conservateur de 53 ans s'est dit tout aussi certain de n'avoir jamais agressé quiconque.

Prompt à contre-attaquer, le président Trump a retourné les critiques contre l'opposition. Les électeurs républicains sont "très en colère" à cause du traitement "méchant et méprisable" réservé par les démocrates au juge Kavanaugh, a-t-il tweeté en lettres capitales.

Sa conseillère Kellyanne Conway a, elle, estimé que Christine Blasey Ford avait jusqu'ici été "traitée comme un œuf de Fabergé". Selon elle, le président a "juste pointé des incohérences factuelles".

Rapport complémentaire du FBI, optimisme de la Maison Blanche

Les états d'âme de Jeff Flake et ses consœurs avaient déjà contraint la majorité sénatoriale à demander un complément d'enquête du FBI sur la jeunesse du juge Kavanaugh. Ce rapport potentiellement explosif est arrivé sur le bureau des sénateurs, tandis que la Maison Blanche compte sur un processus rapide de confirmation à la Cour suprême, dès cette semaine.

"Avec ces informations supplémentaires, la Maison Blanche est parfaitement confiante dans le fait que le Sénat votera en faveur de la confirmation du juge Kavanaugh", a déclaré le porte-parole de l'exécutif, Raj Shah. "Quel enthousiasme et quelle énergie pour le juge Brett Kavanaugh", a pour sa part tweeté le président américain, dans la nuit de mercredi à jeudi. "C'est un homme bien, d'un grand intellect. Le pays est derrière lui, jusqu'au bout !", a ajouté M. Trump, en dépit de la très vive division dans la société américaine suscitée par ce processus.

Le président républicain de la commission judiciaire du Sénat, dont les équipes ont épluché le document transmis par le FBI, estime qu'il "n'y a rien [dans ce rapport] que nous ne sachions déjà". "Le FBI n'a pas trouvé de tiers qui puisse confirmer les allégations, il n'y a pas non plus de preuves. Cette enquête n'a trouvé aucune trace de comportement inapproprié" de la part du candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans le New York Times, plus de 650 professeurs de droit ont signé un éditorial appelant le Sénat à ne pas confirmer la nomination du magistrat.

Avec AFP

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