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FRANCE

Une enquête a été ouverte en France après la disparition du président d'Interpol

© Roslan Rahman, AFP | Le président d'Interpol, le Chinois Meng Hongwei, lors d'une conférence à Singapour, le 4 juillet 2017.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/10/2018

La France a ouvert une enquête après la disparition du président chinois d'Interpol. Meng Hongwei vivait à Lyon avec sa famille. Il n'a plus donné signe de vie depuis son départ de France pour la Chine, le 29 septembre.

Une enquête pour disparition a été ouverte en France concernant le président de l'organisation internationale de coopération policière Interpol, a-t-on appris vendredi 5 octobre. La famille de Meng Hongwei, de nationalité chinoise, n'a plus de nouvelles depuis son départ depuis la France pour la Chine le 29 septembre.

Le ministère français de l’Intérieur "s'interroge" et se dit "préoccupé par les menaces" reçues via les réseaux sociaux et par téléphone contre sa femme. C'est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises en faisant part de son inquiétude, selon une source proche du dossier, confirmant une information de la radio Europe 1. "Il n'a pas disparu en France", a précisé cette source.

Selon le quotidien de Hong Kong en langue anglaise South China Morning Post, qui cite une source anonyme, cet homme de 64 ans fait l'objet d'une enquête en Chine. Il a été "emmené" par les autorités "dès son atterrissage" la semaine dernière, pour des motifs encore flous, affirme le journal.

L'enquête a été ouverte à Lyon, siège mondial d’Interpol, qui rassemble 192 pays. Meng Hongwei et sa famille vivaient à Lyon, où l’enquête a été confiée à la police judiciaire.

Un poids lourd du Parti communiste chinois

"Cette affaire concerne les autorités compétentes en France et en Chine", s'est borné à commenter Interpol dans un communiqué, en soulignant que c'est l'Allemand Jürgen Stock, son secrétaire général, et non Meng Hongwei, qui est chargé de la conduite de l'organisation au quotidien.

Meng Hongwei, 64 ans, avait été élu le 10 novembre 2016 à la tête d'Interpol lors de sa 85e assemblée générale annuelle à Bali, en remplacement de la Française Mireille Ballestrazzi, devançant largement un unique concurrent namibien. Son mandat court jusqu'en 2020.

Avant sa nomination, il exerçait en Chine comme vice-ministre de la Sécurité publique et y dirigeait le bureau national d'Interpol. Il était également un poids lourd du Parti communiste chinois. Durant sa carrière de policier, il a travaillé dans des unités de lutte contre le trafic de drogue, l'antiterrorisme et a dirigé les gardes-côtes chinois, selon sa biographie sur le site d'Interpol.

Disparitions fréquentes de hauts dignitaires chinois

Cette première nomination d'un Chinois à ce poste avait été critiquée par des organisations de défense des droits de l'Homme. La Chine a longtemps utilisé Interpol "pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger", s'était inquiété notamment Amnesty International.

L'organisation policière s'en était défendue en rappelant que le président d'Interpol n'intervient pas dans son quotidien opérationnel et en soulignant que l'article 3 de ses statuts lui interdit toute ingérence en matière politique.

Reste que la disparition soudaine de hauts dignitaires chinois est devenue chose courante sous la présidence de Xi Jinping, qui mène depuis plusieurs années une campagne anticorruption soupçonnée de servir de purge politique, en Chine comme à l'étranger.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 05/10/2018

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