Accéder au contenu principal

Élections présidentielles en Bosnie : un scrutin marqué par les rivalités nationalistes

Une affiche pour Sefik Dzaferovic, l'un des candidats à la présidence bosniaque de la Bosnie-Hérzégovine, le 6 octobre 2018 à Sarajevo.
Une affiche pour Sefik Dzaferovic, l'un des candidats à la présidence bosniaque de la Bosnie-Hérzégovine, le 6 octobre 2018 à Sarajevo. Andrej Isakovic, AFP

Les Bosniens étaient appelés aux urnes dimanche pour des élections qui pourraient raviver les tensions ethniques, après une campagne marquée par des frictions entre les représentants des trois communautés du pays : Serbes, Croates et Bosniaques.

PUBLICITÉ

Usés par la pauvreté et la corruption, et lassés des politiques, les Bosniens ont voté sans illusion, dimanche 7 octobre, pour renouveler la présidence tripartite du pays, partagée entre un Croate, un Serbe et un Bosniaque. Un système hérité de la guerre civile de 1992-1995, mais accusé aujourd’hui de raviver les tensions entre communauté.

Les bureaux de vote ont fermé à 19h00 locales (17h00 GMT), pour des premiers résultats attendus tard dans la soirée. À la mi-journée, la participation était de 11,41 %, en baisse de près trois points par rapport à 2014. "Le système politique complexe de ce pays favorise une forme de corruption. Cela combiné à un taux de chomâge élevé et des conditions économiques peu favorables expliquent que la mobilisation ne soit pas au rendez-vous", indique Karim Yahiaoui, l'envoyé spécial de France 24 à Sarajevo.

Vingt-cinq ans après le conflit qui a endeuillé la région, les principaux candidats, notamment le Serbe Milorad Dodik et le Croate Dragan Covic, mais aussi les prétendants bosniaques, ont joué sur la corde nationaliste.

Les électeurs, au nombre de 3,35 millions, votent aussi pour les membres de la chambre basse du Parlement et les représentants des deux régions autonomes du pays, la République serbe et la Fédération de Bosnie et Herzégovine qui regroupe les communautés bosniaque (musulmane) et croate.

>> À voir : Dans les Balkans, la "Yougonostalgie" contre le nationalisme

Des risques réels de décomposition de la Bosnie

Les accords de Dayton, sur lesquels est fondée la Constitution du pays, a mis en place une vaste administration et un partage du pouvoir entre les trois communautés qui compliquent la composition du gouvernement et la mise en place d'une ligne politique claire.

En cas d'élection du président sortant de la République serbe, Milorad Dodik, et celui de la Fédération croate, Dragan Covic, la Bosnie ressortirait davantage affaiblie du scrutin, estiment des experts.

Milorad Dodik, pro-russe, a plaidé pour que la République serbe soit rattachée à la Serbie, tandis que Dragan Covic a appelé à la création d'une nouvelle région dirigée uniquement par les Croates.

"Si les partis au pouvoir restent en place, alors la boîte de Pandore sera ouverte, avec des divisions territoriales qui pourraient mener à la désintégration de la Bosnie", a déclaré Zarko Papic, directeur d'une ONG de défense des droits de l'Homme.

Avec AFP et Reuters

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.