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Affaire Khashoggi : Erdogan attend les résultats de l'enquête

Des manifestants tiennent des portraits de Jamal Khashoggi pour demander sa remise en liberté, le 5 octobre 2018 devant le consulat saoudien à Istanbul.
Des manifestants tiennent des portraits de Jamal Khashoggi pour demander sa remise en liberté, le 5 octobre 2018 devant le consulat saoudien à Istanbul. AFP (archives)

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, aperçu pour la dernière fois mardi au consulat saoudien à Istanbul, a été tué, affirment des sources turques. Le président turc Recep Tayyip Erdogan dit attendre les conclusions de l'enquête.

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Qu’est-il arrivé à Jamal Khashoggi ? Le journaliste saoudien, très critique envers le régime de Riyad, n'est toujours pas réapparu en public depuis mardi 2 octobre, après s'être rendu au consulat de son pays à Istanbul, où il avait pris rendez-vous pour effectuer des démarches administratives. Ses proches craignent qu'il soit retenu par les autorités saoudiennes. Or, ces dernières nient fermement toute implication.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche 7 octobre attendre les résultats de l'enquête sur sa disparition alors que plusieurs sources ont affirmé qu'il avait été tué au consulat saoudien à Istanbul. "Quel que soit le résultat (de l'enquête), nous le communiquerons au monde", a déclaré Recep Tayyip Erdogan à des journalistes, tout en se gardant de donner du crédit aux informations sur l'assassinat du journaliste, qui collabore avec le Washington Post, entre autres. "Nous espérons avoir des résultats très rapidement."

Affaire Khashoggy : "Son corps aurait été déplacé du consulat saoudien"

15 Saoudiens ont fait l'aller-retour à Istanbul

De son côté, la police turque estime qu’il a été tué "par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée", a déclaré une source gouvernementale à l’AFP. La police turque, citée par l'agence étatique turque Anadolu, affirme qu'un groupe de 15 Saoudiens a fait mardi l'aller-retour à Istanbul et se trouvait au consulat en même temps que Jamal Khashoggi, et que ce dernier n'a jamais quitté la représentation diplomatique.

Le journaliste de 59 ans s'est exilé l'année dernière aux États-Unis, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Riyad au Yémen.

"D'après ce que j'ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr", a réagi pour sa part le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS", dans un entretien à l'agence Bloomberg publié vendredi.

Démenti du consulat saoudien

Le consulat saoudien a démenti sur son compte Twitter les informations "dénuées de fondement" selon lesquelles le journaliste y aurait été tué. Il a affirmé qu'une équipe d'enquêteurs saoudiens se trouvait depuis samedi soir en Turquie pour participer à l'enquête.

>> À voir : Un journaliste saoudien "porté disparu" en Turquie

"Nous sommes prêts à permettre au gouvernement turc de venir fouiller nos locaux", a-t-il dit, ajoutant être "très soucieux de savoir ce qui lui est arrivé". Ces lieux sont sous souveraineté saoudienne, mais "nous les laisserons entrer et chercher et faire ce qu'ils veulent [...] Nous n'avons rien à cacher".

"Je ne crois pas qu'il ait été tué", a réagi sur Twitter la fiancée turque du journaliste, Hatice Cengiz.

Espace vide dans le Washington Post

Les organisations de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont toutes les deux mis en garde Riyad, affirmant que l'éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de "disparition forcée".

En signe de soutien à son éditorialiste, le Washington Post a décidé de laisser vide l'espace qui aurait dû être occupé par Jamal Khashoggi dans son édition de vendredi.

Dans une tribune publiée sur Al-Jazeera en anglais, le journaliste et analyste Bill Law affirme connaître Jamal Khashoggi depuis 16 ans et le décrit comme "un journaliste brillant, doté d'un esprit farouchement indépendant mais d'un pragmatisme suffisant pour savoir jusqu'où il peut s'approcher des lignes rouges". Une voix "que le prince héritier saoudien devrait écouter", ajoute-t-il.

L'Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

Avec AFP

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