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Le programme de Jair Bolsonaro pour le Brésil

Jair Bolsonaro, le 7 octobre 2018, à Rio.
Jair Bolsonaro, le 7 octobre 2018, à Rio. Mauro Pimentel, AFP

Arrivé largement en tête du premier tour de la présidentielle brésilienne, le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro n'entend pas recentrer son discours d'ici au second tour et compte s'appuyer sur les lobbys conservateurs en cas de victoire.

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Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite brésilienne qui a frôlé la victoire dès le premier tour de l'élection présidentielle au Brésil, a annoncé, lundi 8 octobre, qu'il ne modifierait pas sa ligne politique dans l'optique du second tour, qui aura lieu  le 28 octobre.

Le candidat du Parti social-libéral (PSL), nostalgique déclaré de la dictature militaire de 1964-1985, est arrivé très largement en tête du premier tour de scrutin avec 46 % des voix, a annoncé dimanche soir le tribunal électoral brésilien. Il affrontera au second tour, le 28 octobre prochain, le candidat du Parti des travailleurs (PT), Fernando Haddad, crédité de 29 % des voix.

>> À lire sur France 24 : "Qui sont les électeurs de Jair Bolsonaro ?"

S'exprimant lundi sur l'antenne de la radio Jovem Pan, Jair Bolsonaro s'est déjà projeté sur son arrivée à la présidence, annonçant qu'il était en discussions avec d'autres partis pour former une alliance de gouvernement au Parlement.

Il a également indiqué qu'il n'était pas question de se muer dans l'entre-deux-tours en un candidat de la "paix et de l'amour" pour élargir sa base électorale. "Je dois rester la même personne", a-t-il déclaré.

Dès dimanche soir, il s'était engagé à réduire la taille de son gouvernement, qui serait composé de 15 ministères, mais aussi à réduire les impôts sur les salaires et à privatiser ou à fermer nombre d'entreprises publiques.

Ancien officier âgé de 63 ans, victime d'une agression à l'arme blanche début septembre, Bolsonaro a convaincu de nombreux Brésiliens de voter pour lui par ses positions très dures contre l'insécurité, et parce que sa carrière est exempte de toute accusation de corruption, tandis que le PT est, lui, impliqué dans l'un des plus vastes scandales de corruption mis au jour dans l'histoire du pays.

Jair Bolsonaro s'est ainsi envolé dans les sondages pendant l'été en surfant sur la colère des Brésiliens contre la corruption de la classe politique et l'insécurité, un thème qui résonne particulièrement dans un pays où 63 880 morts violentes ont été recensées en 2017, soit plus de 6 par heure.

Il a notamment promis d'assouplir la législation sur le contrôle des armes à feu, afin que les Brésiliens puissent s'armer contre les criminels.

Soutenu par les lobbys conservateurs du bœuf, de la balle et de la Bible

Pour gouverner, Jair Bolsonaro compte s’appuyer au Parlement sur les lobbys conservateurs, dans lesquels on retrouve les élus issus de divers partis qui défendent respectivement les intérêts de l'agro-business (bœuf), de la libéralisation du port d'arme à la ligne dure en matière de sécurité publique (balle) et des églises évangéliques (Bible).

"Bolsonaro va gouverner avec les lobbys parlementaires. C'est ça la vérité. Ça dépasse les partis", a d’ailleurs résumé le très influent pasteur Silas Malafaia, dans une vidéo transmise en direct sur Facebook aux côtés de Jair Bolsonaro.

Le soutien des groupes conservateurs, dans un premier temps discret, est devenu explicite lors de la dernière semaine de la campagne, quand Jair Bolsonaro a commencé à grimper en flèche dans les sondages.

Pour Sylvio Costa, le fondateur du site spécialisé sur les sujets parlementaires Congresso em Foco, les lobbys conservateurs ont décidé de faire front derrière le candidat d'extrême droite "par peur de voir la gauche revenir au pouvoir".

>> À lire sur France 24 : "Le Brésil divisé entre l'extrême droite de Bolsonaro et l'héritage de Lula"

Le PT, qui a gouverné le Brésil de 2003 à 2016, est considéré par les groupes conservateurs comme le responsable de tous les maux du pays, de la crise économique qui a fait près de 13 millions de chômeurs aux graves problèmes d'insécurité et à la corruption.

"Nous allons unir nos forces pour éviter que les candidats liés à la corruption et à l'aggravation de la crise économique reviennent au pouvoir", avait dit la semaine dernière le Front parlementaire agricole (FPA), groupe qui représente le lobby agro-alimentaire.

Leader du bloc évangélique au Parlement, le pasteur Hidekazu Takayama a affirmé pour sa part que le soutien à Bolsonaro serait une "tendance naturelle", dans la mesure où ce dernier "défend les valeurs chrétiennes de la famille".

Le lobby de la "balle" a aussitôt emboîté le pas, son leader, Arminio Fraga, affirmant sur les réseaux sociaux qu'il "était ami de Bolsonaro depuis trente-six ans" et qu'il voulait "gouverner avec lui".

Avec AFP et Reuters

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