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Ingérence dans la présidentielle américaine 2016 : ce que dit la filière israélienne

La société Psy-group aurait proposé d'influencer l'opinion en ligne américaine en faveur de Donald Trump durant la campagne électorale de 2016
La société Psy-group aurait proposé d'influencer l'opinion en ligne américaine en faveur de Donald Trump durant la campagne électorale de 2016 Studio Graphique France Médias Monde

Le directeur adjoint de la campagne de Donald Trump avait cherché à recruter une petite agence israélienne, Psy-group, spécialisé dans la propagande en ligne, révèle le New York Times.

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Tous les chemins de la manipulation de l’opinion en ligne à des fins politiques ne mènent pas nécessairement à Moscou. Lors de la course à la Maison Blanche en 2016, Rick Gates, alors directeur adjoint de la campagne du candidat Donald Trump, s’était tourné vers Israël dans ce but, a révélé le New York Times lundi 8 octobre.

En avril 2016, ce conseiller a cherché à faire profiter son champion de l’expertise de Psy-group, une petite société de Tel Aviv aujourd'hui disparue, spécialisée dans le marketing en ligne et composée essentiellement d’anciens membres du renseignement israélien. Selon des documents rendus publics par le New York Times, l'entreprise avait alors soumis trois plans d’attaque pour faire triompher Donald Trump, d'abord face à ses adversaires à la primaire républicaine, puis face à la candidate démocrate Hillary Clinton. Les moyens proposés par Psy-group pour y parvenir ressemblent à s’y méprendre à ceux utilisés par les agents russes pour favoriser en ligne la candidature de Donald Trump.

Trump, le "Lion", vs. Clinton, la "forêt"

Ces Israéliens ont notamment suggéré de mobiliser une petite armée de faux comptes sur les réseaux sociaux pour incarner "des Américains moyens", chargés de prêcher la bonne parole "trumpienne" et de dénigrer les adversaires du candidat. Le plan anti-Clinton – baptisé "Opération Rome" – s’échelonnait sur plusieurs mois pour identifier les électeurs les plus indécis et préparer des messages sur mesure pour vanter les avantages de "Lion" (nom de code donné à Donald Trump) sur "Forêt" (celui d’Hillary Clinton).

Rien n’indique que Rick Gates ait accepté, au final, de dépenser les 3 millions de dollars reclamé par Psy-group pour "l'Opération Rome". Mais les révélations du New York Times sur ces contacts ajoutent de l’eau au moulin du procureur spécial Robert Mueller, chargé d’enquêter sur les tentatives d’ingérence étrangère dans l’élection de 2016. Psy-group fait, en effet, partie des rares structures non-russes dans son collimateur. Le procureur spécial s’est même rendu en Israël en février 2018 pour interroger des employés de cette société et a demandé à consulter leurs comptes bancaires.

Robert Mueller s'intéresse notamment aux dessous d’une rencontre, en août 2016, entre Donald Trump Jr., l’homme d’affaires américano-libanais George Nader, le fondateur du défunt géant de la sécurité privée Blackwater Erik Prince, et Joel Zamel, le PDG de Psy-group. Selon plusieurs médias américains, ce dernier aurait profité de la réunion pour essayer de vendre ses services au fils du futur président et mettre en place une campagne de "manipulation des médias en ligne" au profit de Donald Trump. Une version contestée par l’avocat de Joel Zamel. Il n’empêche qu’un chèque de 2 millions de dollars remis par George Nader au patron de Psy-group, peu après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle, a fragilisé la thèse d’une rencontre sans suite.

Wikistrat et WhiteKnight

Peu après que Robert Mueller a commencé à se pencher sur la piste israélienne, Psy-group a cessé d’exister. Mais l’intérêt du procureur spécial pour Joel Zamel n’a pas disparu pour autant. En effet, les activités de ce fils d’un magnat australien du secteur minier ne s’arrête pas à Psy Group. Depuis qu’il a immigré en Israël pour suivre des études en sécurité nationale et contre-terrorisme, il a fondé plusieurs entreprises spécialisées dans l’influence en ligne. Joel Zamel est ainsi aussi le PDG de Wikistrat, une société de conseil stratégique exploitant les données provenant des réseaux sociaux, créée en 2010. Robert Mueller s’est aussi intéressé aux activités de cette structure, dont les principaux clients sont issus du monde politique. Elle s’est, notamment, illustré en tissant des liens étroits avec le pouvoir émirati. Mais là encore, l’avocat de Joel Zamel assure que le lien entre Wikistrat et l’enquête américaine sur l’élection de 2016 n’est que très ténu.

Enfin, il y a WhiteKnight, la dernière aventure entrepreneuriale de l’homme d’affaires israélien. D’après Bloomberg, elle aurait été mise en place pour succéder à Psy-group, dont la raison d’être était peu compatible avec l’exposition médiatique suscitée par l’enquête de Robert Mueller. Pour l’instant, cette nouvelle société qui se présente comme un cabinet d’expertise spécialisée dans "les études pour des clients prestigieux", ne semble pas avoir attiré l’attention du procureur spécial. Pour l’instant.

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