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Moyen-Orient

Le Premier ministre irakien veut recruter ses ministres sur Internet

© Stringer / Iraqi parliament / AFP | Adel Abdel Mahdi a pris de court la classe politique irakienne.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 10/10/2018

Adel Abdel Mahdi, tout juste désigné Premier ministre en Irak, dispose d'un mois pour former un gouvernement. Alors que la classe politique est minée par ses divisions, il entend recruter ses ministres sur Internet parmi les citoyens de son pays.

Les citoyens irakiens, hommes et femmes âgés de plus de 30 ans, ont jusqu’au jeudi 11 octobre pour postuler, via le site web iraqcabinet2018.com, à un poste de ministre dans le gouvernement du Premier ministre désigné Adel Abdel Mahdi. L’information, qui peut paraître insolite à première vue, est véridique.

Les services d’Adel Abdel Mahdi ont bel et bien lancé un site Internet, mardi, pour que des membres de la société civile puissent mettre "leurs compétences, leurs spécialités et leurs expériences" au service de l’État. Et ce, alors que le chef du gouvernement, nommé le 2 octobre, doit présenter d'ici le 1er novembre une liste de ministres. Si l’économiste de formation âgé de 76 ans échoue, ou s’il n’obtient pas la confiance du Parlement, un autre candidat sera désigné.

Des candidats priés de dévoiler leurs opinions politiques

En lançant une telle initiative, qui n’a pas manqué d’enflammer les réseaux sociaux en Irak, Adel Abdel Mahdi a laissé entendre qu’il composerait un gouvernement technocratique dans un pays miné par les divisions autour du partage du pouvoir.

Selon le formulaire d'inscription en ligne, les candidats, obligatoirement détenteurs d’un diplôme universitaire, doivent dévoiler leurs opinions politiques en indiquant s’ils sont indépendants ou membres d’un parti, et préciser son nom le cas échéant. Une précision qui n’est pas anodine tant le Premier ministre désigné, adoubé à la fois par Téhéran et Washington, tient à son étiquette d’indépendant.

Ensuite, les candidats, "qui se considèrent comme remplissant toutes les conditions énoncées dans la Constitution et les lois en vigueur", doivent préciser le ministère qu'ils souhaiteraient diriger parmi les 22 portefeuilles proposés, dont celui des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Défense. Après avoir exposé leurs motivations par écrit, il leur est également demandé d’expliquer quels sont les principaux défis auxquels fait face le ministère choisi et de présenter leurs idées pour les relever. D’après certains médias arabes, le site a été pris d’assaut par des milliers d’Irakiens qui ont pris au mot Adel Abdel Mahdi.

Une initiative vouée à l’échec

Vieux briscard de l’arène politique et rare personnalité consensuelle dans le pays, toutes communautés confondues, Adel Abdel Mahdi a pris de court la classe politique irakienne au moment où plusieurs coalitions continuent à revendiquer une prééminence au sein du Parlement. En Irak jusqu'à présent, il revenait à la plus grande coalition parlementaire de désigner un candidat chiite pour le poste de Premier ministre avant que ce dernier ne soit chargé par le président de former le gouvernement. Cette fois-ci, le nouveau président irakien Barham Saleh a nommé directement l'ancien vice-président Adel Abdel Mahdi.

De là à imaginer les partis politiques valider un gouvernement de technocrates recrutés sur Internet, sans qu’ils n’aient leur mot à dire, par un Premier ministre qu’ils n’ont pas choisi, il y a encore plus qu’un pas. Ce qui laisse craindre que l’initiative d’Adel Abdel Mahdi soit vouée à l’échec.

"Les partis contrôlent le Parlement, le pouvoir est entre les mains des politiques,explique à France 24 Nadim al-Jabri, un homme politique irakien indépendant. "Et si le Premier ministre les mécontente, il suffira qu’un groupe de 25 députés se forme pour remettre en question son gouvernement, voire à le défier en ne lui accordant pas la confiance".

Première publication : 10/10/2018

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