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Réduction des émissions de CO2 : l'ambition modeste des gouvernements de l'UE

Un embouteillage sur l'A7 près de Vienne, dans l'Isère en France, le 4 août 2018.
Un embouteillage sur l'A7 près de Vienne, dans l'Isère en France, le 4 août 2018. Philippe Desmazes, AFP

Les ministres de l'Environnement de l'UE se sont mis d'accord sur un objectif de moins de 35 % d'émission de CO2 des voitures neuves d'ici à 2030, un objectif bien moins ambitieux que celui fixé par le Parlement européen et la COP21.

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Coup de frein sur les bonnes résolutions. Les membres de l'Union européenne sont tombés d’accord, mardi 9 septembre, pour réduire de 35 % des émissions de CO2 des voitures neuves en 2030. Si l'objectif est plus ambitieux que celui proposé par la Commission européenne fin 2017 (-30 % d'émissions moyennes en 2030), il est en-deçà de la baisse de 40 % votée début octobre par le Parlement européen. Et il est bien en-dessous de ce qui est avait été décidé lors de l’accord de Paris à la COP21 et de ce que préconisent les experts de l'ONU sur le réchauffement climatique.

"Après 13 heures de négociations, nous sommes soulagés", s'est tout de même félicitée, peu avant minuit, devant la presse la ministre autrichienne de l'Environnement, Elisabeth Köstinger, à l'issue d'une longue journée de tractations avec ses homologues européens à Luxembourg. "C'est un grand pas en avant dans la réalisation de nos engagements dans le cadre des accords de Paris", s'est également réjoui le commissaire européen en charge de l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete.

"Des objectifs décevants"

Le groupement d'ONG Transport et Environnement a au contraire déploré des objectifs "décevants", au lendemain de la publication du rapport des experts de l'ONU appelant à des transformations "sans précédent" pour contenir l'emballement climatique. "La Commission et certains États membres ont reculé par rapport à leur rôle de chef de file en matière de lutte contre le changement climatique, plaçant les intérêts des constructeurs automobiles au premier plan", a ainsi fustigé Greg Archer, un responsable de cette fédération. "Mais ce n'est pas fini, les négociations avec le Parlement européen peuvent encore aboutir à un accord ambitieux", a-t-il espéré.

Les négociations entre pays européens ont été d'autant plus difficiles que l'Allemagne faisait partie d'un groupe, avec les pays de l'Est, qui ne voulait pas aller au-delà d'une baisse de 30 %. "L'industrie automobile allemande conduit la politique environnementale allemande dans le mur, nous voulons y mettre un terme aujourd'hui", avait lancé dans la matinée le secrétaire d'État luxembourgeois au développement durable, Claude Turmes.

L'Allemagne a finalement décidé de voter pour le texte proposé par Vienne. Tout comme la France, dont le ministre de l'Environnement François de Rugy avait pourtant défendu de son côté une baisse de 40 %.

Des pays comme les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Irlande, qui faisaient partie d'un groupe réclamant une baisse encore plus importante, ont en revanche voté contre le compromis final.

"Un signal positif"

Les États membres vont désormais entamer dès mercredi des négociations avec les eurodéputés pour graver dans le marbre l'effort qui sera finalement demandé aux constructeurs automobiles.

La réunion à Luxembourg a aussi permis aux pays de l'UE d'adopter une position commune pour préparer la COP24, le sommet de l'ONU sur le climat qui aura lieu en décembre à Katowice, en Pologne.

Dans un texte aux mots soigneusement pesés pour convaincre certains pays réticents, ils sont convenus que l'UE était "prête (...) à communiquer ou mettre à jour" ses contributions nationales d'ici 2020 aux objectifs fixés lors de la COP21 de Paris. "L'essentiel était d'envoyer un signal positif, pas de s'engager sur de nouveaux objectifs chiffrés", a dit une source diplomatique.

Dans un communiqué commun diffusé pendant le conseil de Luxembourg, les ministres ont noté que l'Union européenne est "profondément préoccupée" par le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Publié lundi, le document de ce panel dépendant des Nations unies prévient que les températures moyennes progresseront probablement de 1,5 °C entre 2030 et 2052 si le monde échoue à entreprendre des mesures rapides et sans précédent pour enrayer le réchauffement climatique.

Avec AFP et Reuters

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