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Pérou : arrestation de Keiko Fujimori, opposante et fille de l’ex-président

Keiko Fujimori escortée par la police, à Lima, le 10 octobre 2018.
Keiko Fujimori escortée par la police, à Lima, le 10 octobre 2018. Juan Carlos Vivas, Peruvian Judiciary, AFP

La chef de l'opposition péruvienne Keiko Fujimori, fille de l'ex-président Alberto Fujimori, a été arrêtée mercredi dans le cadre du scandale Odebrecht, géant du BTP brésilien qui a versé des pots-de-vin pour obtenir des chantiers en Amérique latine.

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Keiko Fujimori, fille de l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, a été arrêtée à la demande du parquet, au Pérou, mercredi 10 octobre. L’arrestation de cette opposante politique de 43 ans a eu lieu alors qu’elle se rendait dans le bureau du juge pour être entendue sur le financement de sa campagne électorale à la présidentielle de 2011, a annoncé son avocate Giuliana Loza.

"Aujourd'hui, j'ai été arrêtée sans motif légal au moment où je me présentais volontairement" devant la justice, a tweeté l'opposante, qui a évoqué une "persécution politique". "Elle est à la disposition du parquet", a déclaré son avocate, pour indiquer que Keiko Fujimori entendait coopérer.

>> À voir : Fujimori, la dynastie japonaise qui se déchire au Pérou

Une vingtaine d'autres personnes, dont des dirigeants du parti de Keiko Fujimori, Fuerza Popular, sont visées par des mandats d'arrêt. La justice soupçonne cette formation d'avoir touché de l'argent de la société Odebrecht, au cœur d'un scandale de corruption qui éclabousse toute la région. Ce fleuron brésilien du bâtiment a reconnu avoir versé des années durant des pots-de-vin pour obtenir des chantiers en Amérique latine.

L'arrestation de Keiko intervient alors que la grâce de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) a été annulée mercredi dernier par la justice péruvienne. L'ex-chef de l'État, hospitalisé depuis ce jour-là dans une clinique de Lima sous surveillance policière, est considéré comme un détenu par la justice. L'ex-homme fort du Pérou, gracié en décembre pour raison de santé alors qu'il purgeait une peine de 25 années de prison pour crimes contre l'humanité et corruption, a récemment fêté ses 80 ans.

Nouvelles déclarations

Le placement en détention provisoire de Keiko, comme elle est appelée au Pérou, pour une durée de 10 jours, selon Me Giuliana Loza, s'appuie sur de nouvelles informations reçues par le parquet péruvien de son homologue brésilien qui porteraient sur des financement à hauteur de 1,2 million de dollars.

Selon les déclarations à la justice de l'ancien patron d'Odebrecht au Pérou, Jorge Barata, ce dernier a versé de l'argent à deux des dirigeants du parti de Keiko Fujimori, Jaime Yoshiyama et Augusto Bedoya, dont les maisons ont été perquisitionnées en mars. Jorge Barata avait également avoué à la justice péruvienne avoir versé de l'argent destiné aux campagnes électorales d'Ollanta Humala (2011-2016), Alejandro Toledo (2001-2006) et Pedro Pablo Kuczynski, l'ex-chef de l'État élu en 2016 qui a démissionné en mars sur fond de scandale de corruption.

Keiko Fujimori s'est inclinée aux présidentielles de 2011 et 2016. Depuis sa défaite dans un mouchoir de poche face à Pedro Pablo Kuczynski en 2016, elle dirige l'opposition péruvienne sur fond de rivalité avec son petit frère, Kenji, devenu une personnalité politique de premier plan.

Avec AFP

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