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L'album que le groupe de rock Primal Scream croyait à jamais perdu

© AFP/Archives | Bobbie Gillespie, leader du groupe Primal Scream (g), sur scène au festival de Glastonbury dans le sud-ouest de l'Angleterre, le 29 juin 2013

PARIS (AFP) - 

C'est l'histoire d'un enregistrement qu'on croyait perdu: Bobbie Gillespie, leader du groupe de rock Primal Scream, raconte la renaissance, 25 ans après, de la version originelle de "Give Out But Don't Give Up", leur album à succès sorti en 1994.

"The Original Memphis Recordings", dans les bacs ce vendredi, porte bien son nom: c'est dans cette capitale de la musique américaine, au delta du blues, de la soul et du rock'n roll, qu'en mai 1993 quatre jeunes musiciens écossais, en totale perdition psychologique et créatrice, viennent chercher un second souffle au contact de maîtres du rythm & blues local.

Pour Primal Scream, révélé deux ans plus tôt avec "Screamadelica", lauréat du tout premier Mercury Prize, il s'agit de sauver ce projet, dit de la confirmation. Car entre la grosse fatigue, la panne d'inspiration et la surconsommation de drogues, le chaos règne.

"On était dépassés par le succès. Après la tournée éprouvante, on ne s'est pas reposés. On est immédiatement entrés en studio. La frustration nous a vite gagnés, on se battait les uns les autres, l'héroïne plombait nos bras. Tout cela aurait pu sonner la fin du groupe", raconte Gillespie à l'AFP.

Il le quitte en effet après une énième querelle, mais le temps d'une nuit seulement. "J'ai été me calmer chez mon meilleur ami, qui était héroïnomane comme moi. Il m'a convaincu de ne pas briser mon rêve devenu réalité".

A Memphis, Tennessee, sur une suggestion du patron de leur de label américain Sire Records, ils demandent à Tom Dowd, producteur légendaire de Ray Charles, John Coltrane et Aretha Franklin, d'enregistrer ce disque qui contient beaucoup de ballades tristes, comme en réaction à l'hédoniste "Screamadelica".

"Il nous fallait de la chaleur, du groove", explique Gillespie, qui fait également appel à deux pointures, le batteur Roger Hawkins et le bassiste David Hood, membres de la Muscle Shoals Rhythm Section responsable de nombreux classiques de Wilson Pickett, Willie Nelson ou Paul Simon.

- "On a été fous" -

"Jouer avec ces gars était extraordinaire, poursuit-il. Ils ne nous connaissaient pas, mais n'ont eu que de la bienveillance à notre égard. Une connexion s'est créée. Un jour, Hawkins me fixait sans arrêt, intensément. Inquiet, je lui ai demandé ce qu'il se passait et lui m'a répondu: +rien, j'essaie juste de ressentir ce que tu chantes, mec. Comme ça, je saurai quand jouer fort, doux ou funky+".

Le chanteur de 56 ans, aux cheveux longs et raides, ne feint pas l'émotion en se remémorant également le travail avec Tom Dowd. "Il était totalement impliqué. Jamais arrogant, toujours inspirant; il a été un merveilleux capitaine. J'avais si peu confiance en mes capacités de chanteur... il n'a jamais cessé de m'encourager. Chacun d'entre nous a donné le meilleur de soi. Ce fut un véritable effort collectif".

"Mais à la fin... on n'a pas conservé sa version". "Je crois qu'on a paniqué. Ca sonnait si différent de ce qu'on avait fait jusque-là... On s'attendait à quelque chose de moins lisse, de plus dans l'air du temps", tente de démêler Gillespie.

Alors Primal Scream reprend ses bandes, retravaille quelques morceaux et fait remixer l'album par différents producteurs. En résulte "Give Out But Don't Give Up", dans lequel figure notamment "Rocks", leur plus gros tube.

Tom Dowd fait part de son amertume dans une lettre à Gillespie, chez qui le sentiment de malaise ne s'estompera jamais vraiment. Jusqu'à ce que son guitariste Andrew Innes découvre dans sa cave, fin 2016, une cassette des enregistrements originaux de l'album.

"En réécoutant les chansons, ça m'a fait un choc, confie-t-il. J'ai trouvé ça incroyable. On a été fous de refuser cette version. Alors on s'est dit qu'on allait enfin la sortir".

"Ces sessions à Memphis furent la plus belle expérience collective de ma vie. Nous ne rejouerons plus avec de tels musiciens. Notre guitariste Robert Young et Tom Dowd ne sont plus là, Roger Hawkins s'est retiré... J'aime l'idée que nous puissions leur rendre aujourd'hui tout ce qu'ils nous ont donné".

© 2018 AFP