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Six mois après son Congrès, le PS perd une partie de son aile gauche

Emmanuel Maurel, député européen et membre du PS, le 24 juin 2017 à Paris
Emmanuel Maurel, député européen et membre du PS, le 24 juin 2017 à Paris Emmanuel Maurel, député européen et membre du PS, le 24 juin 2017 à Paris AFP/Archives
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Paris (AFP)

Six mois après le Congrès d'Aubervilliers, c'est un nouveau coup dur pour les socialistes: le député européen Emmanuel Maurel a annoncé vendredi son départ du PS, avec une partie de l'aile gauche du parti, pour se rapprocher de La France insoumise.

"Le PS ne correspond plus à l'idée que je me fais du socialisme. Son but, c'est la défense des intérêts des gens modestes. La stratégie pour répondre à cet objectif, c'est le rassemblement des forces de gauche. Le PS a perdu de vue et l'objectif, et la stratégie", justifie M. Maurel dans une interview au Monde.

Le chef de file de l'aile gauche du PS, qui a obtenu 18,8% des voix lors du Congrès d'Aubervilliers en avril, reproche aussi aux socialistes de ne pas avoir "tiré les leçons du quinquennat de François Hollande", et de s'aligner sur les positions d'une "social-démocratie européenne (qui) a failli".

Il estime que la nouvelle direction du PS n'a pas su "incarner le sursaut".

M. Maurel emmène avec lui une partie de ses troupes de L'Union et l'espoir. "Je n'annonce pas un départ mais une scission. Aujourd'hui, je ne pars pas seul, mais avec de nombreux militants, des centaines de cadres et d'élus sur l'ensemble du territoire", affirme-t-il. Une de ses proches promet la publication prochaine d'une liste de 500 noms.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann devrait suivre son exemple samedi, lors d'un Conseil national du PS, selon son entourage.

M. Maurel rejoint-il La France insoumise ? A priori non, l'idée étant plutôt de créer avec le Mouvement républicain et citoyen (MRC) une nouvelle entité alliée à la France insoumise.

L'Union et l'espoir et le MRC ont créé avant l'été un club, "Nos causes communes", qui a organisé début septembre une université d'été à Marseille dont Jean-Luc Mélenchon était l'invité de marque.

- Pour le PS, une décision "incompréhensible" -

Le départ de M. Maurel est tout sauf une surprise. A Marseille, M. Mélenchon avait clairement tendu la main à ses anciens camarades. "Si chaleureuses qu'aient été les rencontres qui m'ont permis de construire avec d'autres cette force (LFI), mes amis, vous me manquiez", avait lancé l'ancien sénateur PS.

Le député européen a bon espoir désormais de figurer sur la liste de La France insoumise pour les européennes. Chef de file des Insoumis pour ces élections, Manuel Bompard a salué vendredi sur Twitter une décision "courageuse et porteuse d'espoir". "C'est un moment historique et une bonne nouvelle qui renforce l'alternative sociale et écologique à Macron", s'est-il félicité.

La direction du PS avait tenté de minimiser l'événement dès jeudi soir. Emmanuel Maurel "est seul dans son aventure", avait affirmé à l'AFP Pierre Jouvet, un proche du premier secrétaire Olivier Faure.

Selon M. Jouvet, un seul premier fédéral sur les 13 acquis à l'Union et l'espoir suit M. Maurel, Sylvain Mathieu (Nièvre).

"Nous avons tout fait pour essayer de maintenir les différentes sensibilités au sein du parti (...) Jamais la position du PS n'a été aussi claire sur les questions européennes. C'est incompréhensible", regrette-t-il.

Emmanuel Maurel "quitte (...) un parti qui lui a tant donné pour faire du mal et (lui) nuire", a réagi sur Twitter l'ancien ministre Stéphane Le Foll.

Selon l'ancien député Laurent Baumel, membre du courant de M. Maurel mais qui fait, lui, le choix de rester au PS, la moitié des militants de L'Union et l'espoir pourrait quitter le navire. M. Baumel devrait reprendre la direction du courant, avec la première secrétaire fédérale des Bouches-du-Rhône, Nora Mebarek.

Quelle que soit l'ampleur des défections, le départ de M. Maurel est évidemment une mauvaise nouvelle pour le PS, qui n'en finit plus depuis 2012 de perdre des militants et des élus - déçus du quinquennat Hollande, "marcheurs" ou fidèles de Manuel Valls et Benoît Hamon, qui ont claqué la porte à l'été 2017.

Un peu moins de 38.000 socialistes avaient voté en avril pour le Congrès.

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