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En Côte d’Ivoire, des élections municipales sous tension

Les rues de Bouaké, en Côte d'Ivoire.
Les rues de Bouaké, en Côte d'Ivoire. capture d'écran France 24.

Plus de 6 millions d'Ivoiriens étaient appelés à voter samedi à des élections municipales et régionales dont le principal enjeu sera de mesurer les forces en présence avant la présidentielle de 2020. Le scrutin a été émaillé de tensions.

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Les élections municipales et régionales en Côte d'Ivoire, samedi 13 octobre, se sont achevées dans un climat d'extrême tension. Une personne a été tuée d'un coup de couteau lors d'affrontements entre partisans de candidats à la mairie de Lakota, dans le centre-sud de la Côte d'Ivoire, a constaté un correspondant de l'AFP à l'hôpital local.

Selon des témoignages, Oumar Djiguiba, âgé d'une trentaine d'années, est décédé lors d'une rixe entre partisans du maire sortant indépendant Samy Merhy et ceux du candidat Abdoulaye Kouyaté, investi par la coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Par ailleurs, l'agence indépendante Alerte-Info a fait état de deux blessés à Divo (50 km de Lakota) lors d'échauffourées entre partisans d'un candidat indépendant et ceux du RHDP.  

D'autres incidents, lors desquels deux urnes ont été brisées - ont aussi eu lieu à Bonoua (60 km est d'Abidjan), selon des témoignages concordants.

Les premiers dépouillements démontrent une faible affluence pour les élections. A Abidjan, le taux de participation s'annonce faible, excédant rarement 20% dans les bureaux de vote visités par l'AFP. 

Le principal enjeu de ces élections est de mesurer les forces en présence et notamment les membres de l'ex-coalition au pouvoir, avant la présidentielle de 2020.

Principalement composée du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié et du parti du président Alassane Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR), la coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a explosé.

>> À lire : Le président ivoirien Alassane Ouattara lance un nouveau "parti unifié" au rabais

Le PDCI a refusé de s'y maintenir, estimant que le parti de Ouattara tentait de l'absorber pour pouvoir présenter son candidat à la présidentielle. Le PDCI, qui a soutenu Ouattara en 2010 et 2015, attendait que le RDR lui rende la pareille en 2020 en soutenant un candidat PDCI.

22 000 candidats ont battu campagne pendant deux semaines pour un scrutin qui doit aboutir à l'élection de 197 maires et 31 présidents de conseils régionaux. Parmi les candidatures originales: l'ancien footballeur international Bonaventure Kalou se lance dans l'arène politique dans sa ville de Vavoua, alors que le présentateur-producteur vedette de télévision John Chahin Sobo se présente à Akoupé.

À Abidjan, le poulain de Soro face au ministre de la Défense

Les deux principaux  partis s'affrontent dans de multiples municipalités et notamment dans la symbolique commune du Plateau où le candidat du RDR, Fabrice Sawegnon, qui a géré les campagnes de nombreux chefs d'État africains, va cette fois se frotter aux urnes face au député sortant PDCI, Jacques Gabriel Ehouo.

Chacun comptera ses forces en vue de la présidentielle. Le numéro deux du PDCI, Maurice Kakou Guikahué assure : "Le PDCI est confiant et ne sera pas ridicule" face au RHDP, la seule force à pouvoir se présenter sur l'ensemble du territoire.

Élections locales en Côte d'Ivoire : les anciens alliés de la coalition au pouvoir s'affrontent

Mabri Toikeusse, 2e vice-président du RHDP, a appelé les candidats à s'appuyer sur "le bilan national et local" du président face aux opposants déclarés, mais aussi face à 389 listes indépendantes, parmi lesquelles les "hommes de [Guillaume] Soro", l'ancien chef de la rébellion et président de l'Assemblée nationale.

Officiellement membre du RDR avec qui il entretient des relations souvent conflictuelles, Soro soutient plusieurs listes indépendantes. L'affrontement entre son poulain, Tehfour Koné, et le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, dans le grand quartier populaire Abobo à Abidjan, est sans doute le plus médiatique du territoire.

Des observateurs et une Commission électorale décriée par l'opposition

Du côté du camp de l'ancien président Laurent Gbagbo, la situation a aussi changé. Après avoir laissé entrevoir une possible participation en raison de l'amnistie et la libération de son épouse Simone Gabgbo, l'aile dure du Front Populaire Ivoirien (FPI) fondé par Laurent Gbagbo a une nouvelle fois appelé au boycottage du scrutin qualifié de "forfaiture".

Mais l'autre camp rival du FPI dirigé par Pascal Affi N'Guessan prendra part à ces scrutins après avoir boycotté celui de 2013.

Le débat se cristallise aussi autour de la Commission électorale indépendante. Décriée par l'opposition, qui réclame sa refonte, elle a été maintenue en attendant une réforme.

Un groupe d'organisations de la société civile, la Plateforme panafricaine des femmes et des jeunes pour la paix, la démocratie et la gouvernance (2PFJ), a déployé 470 observateurs à travers la Côte d'Ivoire.

Avec AFP

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