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Afrique

À deux mois du scrutin, la machine à voter divise toujours en RD Congo

© John Wessels, AFP | Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, lors d'une conférence de presse à Kinshasa le 5 novembre 2017.

Texte par Hermann BOKO

Dernière modification : 22/10/2018

Alors que le déploiement des machines à voter en prévision de la présidentielle en RD Congo se poursuit, l’opposition continue de redouter ce dispositif, jugé moins rigoureux que les bulletins de vote sur papier.

Le consensus sur les modalités du scrutin semble difficile entre la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et les vingt-et-un candidats à la présidentielle de la République démocratique du Congo. Et néanmoins, le temps presse. Les autorités de République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé, samedi 20 octobre, que des machines à voter avaient été commandées et finiraient d'être livrées au cours du mois en prévision de l'élection présidentielle du 23 décembre.

Depuis quelque temps, le débat s'est cristallisé autour de l’épineuse question des "machines à voter" choisies par la commission électorale pour réaliser le scrutin. Conçu par une société privée sud-coréenne Miru Systems, l’outil qui a la forme d’un écran tactile avec imprimante incorporée doit permettre, selon la Céni, de réduire le coût et la logistique de ces élections.

C’est la première fois qu'un matériel électronique de ce type sera utilisé en République démocratique du Congo. Mais l’opposition et des organisations de la société civile rejettent l’utilisation de cet outil, qualifié de “machine à tricher” susceptible de favoriser le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, désigné par Joseph Kabila, en août.

Les démonstrations de la machine à l’intention des populations et de la classe politique n’ont pas pu rassurer les candidats. Jeudi 18 octobre, 11 des 21 candidats à la présidentielle, se réclamant de l'oppositon, ont rejeté une nouvelle fois l'usage du nouvel outil électoral. Parmi eux, l'ex-ministre des Relations avec le Parlement, mais aussi les opposants Martin Fayulu, Freddy Matungulu et Marie-Josée Ifoku. "Le mode de vote autorisé par les législateurs congolais est le vote à bulletin papier. L’article 237 ter de la loi électorale a expressément interdit le vote électronique pour les élections en cours " a affirmé au nom des dix autres candidats Théordore Ndoy. En outre le calendrier électoral ne prévoit pas l'usage de ce dispositif de vote.  "Le calendrier électoral prévoit du 20 septembre au 5 décembre 2018 l’impression des bulletins de vote papier, seul mode de vote, prescrit par les législateurs congolais pour les élections en cours" ajoute le candidat.

Des discussions "en queue de poisson”

Ces mêmes arguments avaient été déjà défendus, le 10 octobre, lors d'une précédente rencontre entre la Céni et les candidats. Malheureusement, selon le candidat de l’opposition, Martin Fayulu, cette réunion “s’est terminée en queue de poisson”. Trois candidats ont claqué la porte, même si selon le communiqué de la Commission électorale, “certains candidats et leurs experts ont consenti à suivre des explications techniques, mener un débat pointu et expérimenter la machine à voter afin de sortir des considérations politiques et idéologiques autour de cette technologie électorale”.

Consensus ou pas, “les élections auront bel et bien lieu le 23 décembre", certifiait Corneille Nangaa, président de la Céni, contacté par France 24. Et d’ajouter : “Le mot consensus ne se trouve pas dans la Constitution. C’est une invention de ceux qui sont en train de craindre les élections. Trois candidats sur 21 ont quitté la salle. Mais ils n’ont pas dit qu’ils quittaient le processus. Même si 20 candidats sortent du processus, on organisera les élections avec le seul qui restera”.

Des électeurs sans empreintes digitales enregistrées

L’utilisation des machines à voter se fonde sur l’article 47 de la loi électorale, qui stipule que le vote s’effectue "soit au moyen d’un bulletin papier, soit par voie électronique", a clarifié Jean-Pierre Kalamban, un des rapporteurs de la Céni au micro de radio Okapi, une radio indépendante congolaise financée par les Nations unies.

La qualité du fichier électoral préoccupe aussi les candidats. Lors d’un audit réalisé par l’Organisation internationale de la Francophonie en mai, plus de dix millions d’électeurs enrôlés n'ont cependant pas leurs empreintes digitales enregistrées. Cela représente 16,6 % de l’électorat évalué à 43 millions de personnes. L’opposition demande à ce que ces électeurs soient retirés du fichier électoral. “Ce sont des électeurs, ils voteront” rétorque Corneille Nangaa. “La liste des électeurs sans empreintes digitales a été mise à la disposition du public pour raison de transparence. Et parmi les candidats, il y en a certains qui sont aussi sans empreinte digitale. Devons-nous les radier aussi ?”.

Plusieurs livraisons de “machines à voter” ont été déjà réceptionnées par la Céni pour installation dans différentes localités du pays. “Nous sommes à 34 % de déploiement. Et nous avançons’”, a affirmé Corneille Nangaa. La Céni a d'ailleurs clôturé vendredi 19 octobre à Kinshasa la formation des techniciens sur la prise en charge technique de la machine à voter.  

Très attendue, l’élection présidentielle en République démocratique du Congo devrait consacrer la succession de Joseph Kabila, dont le mandat a officiellement pris fin en 2016 après dix-sept années au pouvoir.

Première publication : 15/10/2018

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