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FRANCE

Christophe Castaner, un déçu du PS récompensé de sa fidélité envers Macron

© Anne-Christine Poujoulat, AFP | Christophe Castaner, en juin 2017, à Carpentras.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 16/10/2018

La nomination de Christophe Castaner au ministère de l'Intérieur récompense la fidélité d'un des hommes du président, passé du Parti socialiste à La République en marche, dont il était, jusqu'à ce jour, le délégué général. Portrait.

Le suspense aura duré plus de deux semaines. C’est finalement Christophe Castaner qui a été nommé, mardi 16 octobre, ministre de l'Intérieur en remplacement de Gérard Collomb dans le cadre d'un remaniement de l'équipe gouvernementale.

Ce proche d’Emmanuel Macron sera épaulé par Laurent Nuñez – jusqu'ici à la tête de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) – nommé secrétaire d'État auprès de lui.

Un pilier de la Macronie

Homme d'expérience âgé de 52 ans, ayant passé plus de trente ans au PS, élu du Sud-Est, l'ancien maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), accède à l'un des postes clés du gouvernement d'Édouard Philippe. Sa nomination confirme son statut de pilier de la "macronie".

Après avoir été porte-parole du gouvernement, il est élu, en novembre 2017, délégué général de La République en marche (LREM) tout en conservant son portefeuille de secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement.

Embarqué dans l'aventure En Marche peu avant la présidentielle de 2017, Christophe Castaner a incarné la recomposition politique qui a mené Emmanuel Macron à l'Élysée. D'abord méconnu du grand public, il s'est fait rapidement un nom grâce à ses passages dans les médias comme porte-parole du gouvernement, où sa voix veloutée mâtinée d'un léger accent provençal a conté dès les premiers mois de la présidence Macron.

Désigné "patron" de LREM début novembre 2017, il a laissé sa place de porte-parole à Benjamin Griveaux, tout en restant au gouvernement, une double casquette que ses détracteurs lui ont reprochée, estimant qu'il manquait de temps pour mener à bien son rôle de courroie de transmission avec le Parlement.

L'arrivée d'un ancien socialiste place Beauvau est aussi un signe envoyé à ceux qui jugent trop à droite la politique d'Emmanuel Macron, alors qu'une partie de la gauche avait critiqué les positions de Gérard Collomb, notamment sur l'immigration.

La passation de pouvoir

L'adolescent rebelle devenu homme politique

Né le 3 janvier 1966 à Ollioules, dans le Var, Christophe Castaner, fils de militaire, a une jeunesse un peu chaotique dans une famille de trois enfants. "Mon père a fait l’Indochine, l’Algérie, a-t-il raconté dans un portrait publié par Le Monde. C’était 'Monsieur Non'. Non à tout, à la moindre dépense, au moindre divertissement", raconte-t-il au sujet de l'instance paternelle, avant de résumer : "Mon enfance n’a pas été malheureuse. Je l’ai zappée. Je ne me souviens même pas d’un Noël."

Il quitte sa famille à 17 ans. De cette période, il confie même avoir frayé avec quelques figures du milieu marseillais, au gré de parties de poker nocturnes.Après un baccalauréat passé en candidat libre, il reprend finalement le droit chemin et étudie le droit à Aix-en-Provence et commence à militer au syndicat étudiant Unef où il s’engage aux côtés de rocardiens. Embarqué au PS, il a travaillé aux côtés de Catherine Trautmann au ministère de la Culture, puis avec Michel Sapin à la Fonction publique.

Rupture avec le PS

En 2001, ce père de deux filles s'ancre localement en remportant la mairie de Forcalquier, et devient député en 2012. Trois ans plus tard, aux élections régionales, il se fait connaître au niveau national en se désistant au second tour au profit de Christian Estrosi (Les Républicains) pour faire barrage à la candidate du Front national, Marion Maréchal-Le Pen, arrivée en tête.

Un épisode dont il garde un goût amer. "Quand j’ai renoncé à me maintenir au second tour pour faire battre Marion Maréchal-Le Pen et laisser le champ libre à la liste de Christian Estrosi, Cambadélis[à l’époque premier secrétaire du PS] ne m’a même pas passé un coup de fil. Valls est le seul à m’avoir téléphoné. Ça a été douloureux. Mais, ce jour-là, je me suis senti libre", a-t-il aussi confié au Monde.

Christophe Castaner a officiellement coupé les ponts avec le Parti socialiste le 6 mars 2017 en apportant son parrainage à Emmanuel Macron dans la course à l'Élysée. "Depuis plus de trente ans, je vis, hélas, nos échecs collectifs, notamment contre le chômage de masse ou les difficultés pour réussir l'intégration. Depuis plus de trente ans, je vois notre Parti socialiste se replier sur lui-même et vieillir doucement", soulignait-il dans un lettre adressée au premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Place Beauvau, Christophe Castaner devra notamment mettre en œuvre la loi "asile-immigration" votée cet été. Alors que l'immigration est devenue le cheval de bataille des populistes en Europe à l'approche des élections européennes de mai 2019, il peut aussi s'attendre à une actualité chargée avec les pays voisins.

Lors de la passation de pouvoir au ministère avec Édouard Philippe organisée avant son premier déplacement en tant que ministre de l'Intérieur aux Lilas, en banlieue parisienne, il a promis d'y déployer une énergie "sans repos, sans attente, sans perte de temps". "Le champ d'action de ce ministère est extrêmement large, mais il est incarné par des femmes et des hommes qui font l'honneur de la République", a-t-il dit.

Christophe Castaner a aussi annoncé qu'il allait quitter ses fonctions de délégué général de La République en marche, qu'il occupait depuis novembre. "En ce qui me concerne, une page se tourne. Je quitterai dans les jours qui viennent mes fonctions [à la tête du parti présidentiel]", a-t-il indiqué lors de la passation de pouvoir avec le nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 16/10/2018

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