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L'ONU et l'UA appellent au calme après des affrontements meutriers aux Comores

Le président comorien Azali Assoumani vote lors du référendum constitutionnel, le 30 juillet 2018 à Mitsoudje, près de la capitale Moroni.
Le président comorien Azali Assoumani vote lors du référendum constitutionnel, le 30 juillet 2018 à Mitsoudje, près de la capitale Moroni. Timothy Clary, AFP (archives)

Aux Comores, des affrontements ont éclaté entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition, qui dénoncent la volonté affichée du chef de l'État, Azali Assoumani, de prolonger son mandat. Trois personnes sont mortes sur l'île d'Anjouan.

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L'ONU et l'Union africaine se sont inquiétées des tensions opposaient mercredi 17 octobre, forces de sécurité et adversaires du régime comorien repliés au cœur de Mutsamudu, la capitale de l'île d'Anjouan, après des affrontements qui ont fait trois morts lundi.

Dans le reste de la ville, les autorités évoquaient une "situation revenue à la normale" mercredi, mais des témoins parlaient de détérioration avec des échanges de tirs intenses, en dépit également de l'instauration d'un couvre-feu nocturne. "Personne n'a fermé l'œil de toute la nuit, ça tirait de partout", a raconté un habitant, joint au téléphone par l'AFP.

Trois jours après le début des violences survenues sur fond de vives tensions provoquées par la volonté du chef de l'État de prolonger son mandat, la situation était particulièrement crispée dans la médina de la ville, faite de petites ruelles entrelacées et surpeuplées, selon les autorités et des témoins.

Les affrontements avaient commencé lorsque des protestataires avaient érigé des barrages dans plusieurs rues et autour de Mutsamudu, ville considérée comme un fief de l'opposition, et que les forces de l'ordre avaient ouvert le feu pour les démanteler.

Climat politique dégradé

Les autorités accusent le parti Juwa de l'opposant et ancien président de l'archipel Abdallah Sambi, d'être à l'origine des troubles. Les partis d'opposition réunis en coalition renvoient la responsabilité de la situation au gouvernement.

Le climat politique s'est singulièrement dégradé aux Comores depuis le référendum constitutionnel du 30 juillet dernier. Ce scrutin aux allures de plébiscite (92,74 % de "oui") a renforcé les pouvoirs du président Assoumani, notamment en l'autorisant à accomplir deux mandats successifs au lieu d'un.

Exprimant leur inquiétude face au risque de dégradation dans cet archipel agité de coups d'État et de crises séparatistes depuis son indépendance de la France en 1975, les Nations unies et l'Union africaine (UA) ont appelé au "calme" et au "dialogue", d'une même voix mais dans des communiqués séparés.

Depuis 2001, la présidence était attribuée tous les cinq ans à un représentant de l'une des trois îles du pays (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli). Ce système tournant avait permis de ramener le calme dans l'archipel de l'océan Indien.

"République bananière"

Ancien putschiste élu en 2016, Azali Assoumani a annoncé son intention d'organiser un scrutin présidentiel anticipé l'an prochain, qui lui permettrait de remettre les compteurs électoraux à zéro et de régner sur l'archipel, en cas de victoire, jusqu'en 2029.

Les adversaires du chef de l'État, qui ont boycotté le scrutin de juillet, qualifient son régime de "république bananière". Depuis le référendum, des dizaines ont été arrêtés. "M. Assoumani semble de plus en plus intolérant face à toute divergence d'opinion", commente auprès de l'AFP Jane Morley, analyste à la Fitch Solutions Risk Consultancy. "Un certain nombre de figures de l'opposition, accusées de complot ou de corruption ont été arrêtées ou ont dû se cacher", ajoute-t-elle. Parmi eux, Abdallah Sambi, inculpé dans une affaire de corruption et assigné depuis cinq mois à résidence dans la banlieue de Moroni, la capitale du pays.

Avec AFP

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