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"I am a Man" : à Montpellier, une exposition met à l'honneur les luttes des Noirs américains

Des activistes noirs américains défendent l'accès au Lincoln Memorial, dans les années 1960, à Washington.
Des activistes noirs américains défendent l'accès au Lincoln Memorial, dans les années 1960, à Washington. Mairie de Montpellier

Une exposition organisée à Montpellier retrace la lutte des Noirs américains pour leurs droits dans les années 1960 et 1970. Un évènement inédit en France.

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Cinquante ans après l'assassinat de Martin Luther King, la lutte des Noirs américains pour leurs droits dans les années 1960 et 1970 est mise en lumière. Mercredi 17 octobre, une exposition inédite de photographies s'est ouverte au Pavillon populaire, à Montpellier, pour les trois prochains mois.

À travers 300 clichés, souvent inédits, d'amateurs, de photojournalistes régionaux ou de célèbres photographes, le directeur artistique Gilles Mora et le commissaire d'exposition William Ferris, professeur d'anthropologie, spécialiste de la culture sudiste, mettent l'accent sur les conditions de vie des Noirs américains, marquées alors par la pauvreté et la ségrégation, et sur leur lutte pour l'égalité malgré les insultes, les menaces, les lynchages, les assassinats.

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Le titre de l'exposition, "I am a Man" ("Je suis un Homme"), évoque les pancartes avec lesquelles manifestaient des travailleurs noirs d'une société de ramassage de poubelles après la mort de deux de leurs collègues, écrasés par une benne à ordures, en février 1968 à Memphis (Tennessee).

Les moments clés du mouvement mis en valeur

Les photographies rappellent d'autres tournants du mouvement pour les droits civiques : la marche des pauvres vers Washington, les funérailles de Martin Luther King ou encore l'entrée, escorté par l'armée, en 1962 de James Meredith à l'université du Mississippi, où il est le premier étudiant noir après un long combat juridique et des émeutes qui ont fait deux morts et des centaines de blessés.

Une charrette en route pour la marche des pauvres de Washington, en 1968.
Une charrette en route pour la marche des pauvres de Washington, en 1968. Mairie de Montpellier

James Meredith lui-même était présent pour le vernissage de l'exposition, le 16 octobre. Si les photos exposées ont été prises il y a parfois plus de 50 ans, "aujourd'hui, le problème du racisme entre les Blancs et les Noirs est plus grand à travers le monde", a-t-il déploré, sans pour autant, à 85 ans, baisser les bras dans son combat pour l'égalité.

Les États-Unis en "plein retour en arrière"

Le directeur artistique Gilles Mora explique avoir voulu "montrer ce qu'a été cette lutte extrêmement violente", alors que les États-Unis sont actuellement en "plein retour en arrière".

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"Le racisme et la violence contre les Noirs restent des thèmes centraux des mouvements Black lives matter ('Les vies des Noirs comptent') et MeToo", relève William Ferris, ancien conseiller culturel du président démocrate Bill Clinton.

"Les Français ont toujours devancé l'Amérique dans la reconnaissance des écrivains tels que William Faulkner, de notre jazz et particulièrement des artistes noirs", a réagi William Ferris interrogé sur le fait que "I am a Man" soit montée à Montpellier avant de rejoindre, en avril, le National Museum of African American History and Culture (NMAAHC) de Washington, puis en septembre le Museum Africa de Johannesburg.

En marge de l'exposition, Montpellier accueille les 18 et 19 octobre, à l'auditorium du Musée Fabre, un colloque sur "les mémoires du mouvement des droits civiques", présentant les analyses d'historiens et universitaires américains et français.

Avec AFP

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