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Fiac 2018 : la montée en puissance des artistes chinois dans l'art contemporain

Une œuvre de l'artiste chinois Zhang Xiaogang exposée à Hong Kong en 2011. Zhang Xiaogang est l'un des artistes chinois les plus performants.
Une œuvre de l'artiste chinois Zhang Xiaogang exposée à Hong Kong en 2011. Zhang Xiaogang est l'un des artistes chinois les plus performants. Bobby Yip, Reuters

Alors que la 45e édition de la Fiac a ouvert ses portes mercredi à Paris, tout témoigne de la montée en puissance de la Chine dans le marché de l’art contemporain.

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"La grande Chine" pèse 480 millions de dollars, soit 26 % du marché mondial de l’art contemporain. C’est ce que représentent Hong Kong et Taiwan inclus, selon l’étude 2018 de l’entreprise de cotation du marché de l'art Artprice. Alors que 500 artistes dans le monde génèrent 89 % du résultat mondial, le trio de tête des artistes chinois les plus performants est formé de Chen Yifei, Zhang Xiaogang et Zeng Franzhi.

Mais ce ne sont pas les seuls. "L'État chinois compte un million d'artistes contemporains qui ne vivent que de leurs œuvres. Leur nombre, leur qualité, leur sens aigu de la critique font qu'ils sont en train d'emporter le marché", analyse à l'AFP Thierry Ehrmann, président d'Artprice.

"La Chine a parfaitement compris que c’était son intérêt. Elle fait de l’art une arme d’influence. C’est ce que l’on appelle le ‘soft power’", confirme Ali Laidi, spécialiste intelligence économique à France 24.

Cinq galeries chinoises à la Fiac cette année

Cette montée en puissance des Chinois sur le marché de l’art est palpable à la 45e édition de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) qui s’est ouverte jeudi 18 octobre à Paris. Sur les 195 galeries de 27 pays accueillis jusque dimanche au Grand-Palais, cinq sont chinoises (contre seulement deux l’an dernier).

Par ailleurs, la galerie américaine Pace gallery, qui a ouvert des succursales un peu partout en Asie (à Pékin, Hong Kong et Séoul), a fait le choix cette année à la Fiac de présenter exclusivement les œuvres d’artistes chinois, parmi lesquels Zhang Xiaogang.

Recadrage sur l’art national et spéculation

Autre signe révélateur de l’appétit chinois pour le marché de l’art : si trois maisons de vente anglo-saxonnes dominent l'art contemporain à l’échelle planétaire (Sotheby's, Christie's et Phillips), six des dix premières maisons de vente dans le monde sont chinoises. Or, il y a 20 ans, aucune maison de vente chinoise ne figurait dans le top 10.

La maison de vente China Guardian est passée devant sa rivale Poly Auction grâce à une vente record en juin dernier. Des œuvres de Zhou Chunya, Ai Xuan et Chen Yifei avaient alors totalisé plus de 40 millions de dollars pour seulement 29 lots vendus.

Les artistes chinois se vendent, les galeristes chinois vendent… et la demande des collectionneurs chinois explose. "C’est vers l’Empire du Milieu que se tournent les collectionneurs et galeristes, avec Hong kong comme plaque tournante", analysait en avril dernier Nicolas Galley, directeur du programme Executive Master in Art Market Studies, à l’issue de la foire Art Basel à Hong kong, l'une des trois foires qui comptent avec la Fiac de Paris et la Frieze de Londres.

Les collectionneurs chinois n’ont pas toujours eu autant d’appétit pour les artistes chinois. "Il y a eu un recadrage sur l’art national alors que ces dernières années les investissements portaient sur l’art occidental", relève Ali Laidi.

Autre phénomène qui a son importance : la spéculation. "Pour les collectionneurs chinois, l’art sert à placer de l’argent et à spéculer. Comme les marchés boursiers n’étaient pas terribles ces dernières années, les Chinois ont investi dans l’art", résume le spécialiste.

Signe que c’est en Chine, et plus particulièrement à Hong Kong, loin de la censure, que se joue une part du marché de l’art contemporain, d’influentes galeries new-yorkaise (David Zwirner Gallery) et suisse (Hauser & Wirth) se sont installées à Hong Kong cette année.

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