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Colère saine ou outrancière, le "coup d’éclat" de Mélenchon divise

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, mercredi 17 octobre.
Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, mercredi 17 octobre. Eric Feferberg, AFP

La presse française n'a que peu goûté l'emportement de Jean-Luc Mélenchon lors de la houleuse perquisition au siège de La France insoumise. En retour, l'intéressé ne s'est pas privé de critiquer le traitement médiatique de l'affaire.

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Près de 48 heures après la perquisition houleuse au siège de La France insoumise (LFI), le "coup d’éclat" de de son leader Jean-Luc Mélenchon continue, jeudi 18 octobre, d’agiter les réseaux sociaux et les commentateurs de la vie politique française.

"L'indignation ne saurait être guide : c'est ce que cherche Jean-Luc Mélenchon. Choquer, provoquer. Insoumis jusqu'au bout des ongles, lui et ses équipes poussent toujours plus loin la logique de l'agit'com", écrit Cécile Cornudet dans le quotidien économique Les Échos. Tandis que Libération se demande s'il ne s'agit pas du "coup d'éclat de trop" de l'ancien candidat à la présidentielle. "L'emportement de Mélenchon est humainement compréhensible, mais il est politiquement déplacé", estime quant à lui Guillaume Tabard dans Le Figaro.

"Outrage aux valeurs"

Mardi, des images des réquisitions au siège de LFI et au domicile de Jean-Luc Mélenchon ont été filmées et diffusées par des journalistes mais aussi par l’intéressé, en direct sur Facebook. Dans une de ces scènes, le chef de file des Insoumis appelle ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer au siège de LFI où une perquisition était en cours dans le cadre de deux enquêtes préliminaires sur des emplois présumés fictifs d'assistants au Parlement européen et sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2017. On le voit également bousculer un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui s'interpose.

Après ces perquisitions dont les images ont largement tourné sur les réseaux sociaux, une enquête a été ouverte pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

Pour Nicolas Charbonneau, éditorialiste au Parisien, "les mots ont un sens et ce qu'a offert le leader des Insoumis était un outrage aux valeurs qui font socle. Un outrage à la justice, aux hommes qui la représentent. Un outrage à la République". Dans L'Opinion, Olivier Auguste déplore que "Jean-Luc Mélenchon et [le député LFI] Alexis Corbière, eux, [n'aient] pas encore compris qu'ils ne pouvaient pas à la fois prétendre écrire la loi et menacer les policiers chargés de la faire respecter".

"N'en rajoutez pas"

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a critiqué le traitement médiatique de la perquisition, qu’il estime être une "énorme opération de police politique". "Je propose que le ton baisse mais n'en rajoutez pas vous. Si vous-mêmes, vous mettez de l'huile sur le feu en essayant de faire monter le ton pour que cela vous procure des images dont vous avez besoin, vous avez tort", a lancé le chef de file de LFI devant des caméras dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Vous ne raisonnez même plus en journaliste sur les raisons pour lesquelles il y a eu perquisitions", a-t-il ajouté.

Le député des Bouches-du-Rhône a ensuite tourné en dérision une journaliste toulousaine qui lui posait une question, en imitant son accent du sud : "Vous dites n'importe quoi. Est-ce que quelqu'un peut me poser une question en français et à peu près compréhensible ? Parce que votre niveau me dépasse". L'imitation de l'accent n'a pas été du goût de nombreux journalistes. Le Syndicat national des jounalistes (SNJ) a publié un communiqué condamnant le "dérapage".

Jean-Luc Mélenchon doit être entendu jeudi matin en audition libre à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF), à Nanterre. Au total, une vingtaine de personnes ont commencé à être auditionnées mercredi dans le cadre des deux enquêtes ouvertes par le parquet de Paris sur l'emploi des assistants parlementaires européens de LFI et sur les comptes de la campagne présidentielle. Elles continueront à l'être jeudi, selon Reuters.

Avec AFP et Reuters

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