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Affaire Khashoggi : Donald Trump juge les explications de Riyad crédibles

Selon Donald Trump, l'explication de Riyad sur la mort de Jamal Khashoggi disparu, le 2 octobre à Istanbul, est crédible.
Selon Donald Trump, l'explication de Riyad sur la mort de Jamal Khashoggi disparu, le 2 octobre à Istanbul, est crédible. Mohammed Al-Shaikh, AFP

Le président américain Donald Trump a jugé vendredi l'explication de l'Arabie saoudite sur la mort de Jamal Khashoggi crédible. Alors que des élus américains semblent peu convaincus par la thèse de la bagarre qui a mal tourné avancée par Riyad.

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Donald Trump a répondu par l'affirmative, vendredi 19 octobre, quant à l'explication donnée par l'Arabie saoudite sur la mort du journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi. Le président américain a répondu "oui, oui" à la question d'un journaliste qui lui demandait s'il jugeait "crédible" la version de Riyad, ajoutant que ce qui s'est passé était "inacceptable".

Plusieurs parlementaires américains ont en revanche dit ne pas être convaincus par le communiqué saoudien. Riyad a annoncé plus tôt dans la soirée que Jamal Khashoggi était mort après une bagarre avec des personnes qui l'ont rencontré au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

D'après des sources turques, le journaliste a été torturé et tué à l'intérieur du consulat. Ses bourreaux l'auraient ensuite décapité et démembré. L'Arabie saoudite avait jusqu'alors rejeté les accusations turques et déclaré que Khashoggi était ressorti du consulat saoudien à Istanbul peu après y être entré.

"Un bon premier pas"

S'adressant aux journalistes en marge d'un déplacement dans l'Arizona pour un meeting de campagne d'un candidat républicain, Donald Trump a estimé que l'annonce de Riyad était "un bon premier pas". "C'est une grande avancée. Beaucoup, beaucoup de gens sont impliqués et je pense que c'est un très bon premier pas", a-t-il ajouté.

Le président américain a de nouveau dit ne pas vouloir que d'éventuelles sanctions contre l'Arabie saoudite affectent les contrats d'armement évalués à plusieurs milliards de dollars. "Je n'aime pas l'idée de stopper l''injection de sommes faramineuses injectées dans notre économie". Donald Trump a aussi souligné le rôle important de Riyad dans la lutte contre l'influence de l'Iran au Moyen-Orient.

"L'Arabie saoudite est une excellente alliée. Ce qu'il s'est passé est inacceptable", a poursuivi Trump, ajoutant qu'il s'entretiendrait avec le prince héritier Mohamed ben Salmane.

"Dire que je suis sceptique du récit saoudien est un euphémisme"

Proche du président Trump mais critique à l'égard de l'Arabie saoudite depuis que Khashoggi a été porté disparu, le sénateur républicain Lindsey Graham a déclaré avoir du mal à croire l'explication donnée par Riyad. "De dire que je suis sceptique du récit saoudien à propos de M. Khashoggi est un euphémisme", a-t-il écrit sur Twitter.

"On nous dit d'abord que [Jamal] Khashoggi a soi-disant quitté le consulat, et toute implication de l'Arabie saoudite est fermement niée. Et maintenant, il y a eu une bagarre et il a été tué à l'intérieur du consulat, tout cela sans que le prince héritier ne le sache", a-t-il ajouté. "C'est difficile de considérer cette "explication' comme crédible".

Le sénateur démocrate Chris Van Hollen a décrit le communiqué de l'Arabie saoudite comme un camouflage. "Les États-Unis ne doivent pas être complices de cette dissimulation. Hâte de savoir ce que nos agences de renseignement ont à dire", a-t-il dit.

L'ONG Reporters Sans Frontières a pour sa part mis en garde contre tout "compromis" avec l'Arabie saoudite. Cela reviendrait, selon son secrétaire général, Christophe Deloire, à donner "une autorisation à tuer" à un royaume qui "kidnappe" et "tue" des journalistes.

Avec AFP et Reuters

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